11. Courts-métrages français

La deuxième séance de la journée du samedi 24 novembre, au PIFFF, nous proposait de découvrir des courts-métrages français. Et c'est triste mais nous n'allons pas nous faire des amis en évoquant les huit métrages projetés à la queue leu leu. On débute avec AUTOPSY DES DELICES qui a eu au moins le mérite de nous proposer le gratouillage d'une bite sur un écran géant, plan repris à plusieurs reprises de manière à ce que même les plus aveugles ne ratent rien. Evidemment, autour de ce plan, le court alignait bien d'autres choses tels qu'une voix-off de Philippe Nahon (mais nous ne sommes clairement pas dans SEUL CONTRE TOUS) ainsi qu'un bric à brac difficile à capter. Le plus étonnant, c'est qu'un court passage nous montre une petite fille sonnant à la porte d'un psychopathe. Un court instant tout mignon, qui aurait pu servir à un développement poétique ou touchant. Mais, non ! C'est juste une gamine qui sonne à la porte, on la reverra toujours sur le paillasson plus tard, entre une bite et une nana plantureuse enrubannée dans du film plastique. 18 minutes redoutables !

A peine le temps de se remettre qu'on nous lance à la figure NOSTALGIC Z, un court qui se montre plus clair et empruntant la voie de la dérision. Ainsi, deux survivants de l'apocalypse nous donne un cours sur les zombies et la manière de les attirer pour mieux les détruire. La chose s'avère amusante mais la conclusion finale paraît un poil étrange, créant un amalgame entre zombie et les requins de la finance. Cela avait au moins le mérite d'être bon enfant !

On ne peut pas en dire autant de MAXIMILIEN. Cela dit, aux réactions du public, une partie de la salle n'est pas restée indifférente à cette histoire narrée en vers à propos d'un homme déguisé en mouton et qui rêve de se faire greffer un piercing. Pour notre part, la chose nous a laissé froid, limite vulgaire sans que l'on ne comprenne où cela veut en venir. Mais le plus gênant, c'est que finalement, on peut se demander s'il s'agit réellement d'un court-métrage fantastique.

La question ne se posera pas avec ALICE ET LUCIE qui prend la voie du drame psychologique teinté d'horreur. Plutôt bien fait, le métrage joue avec la jalousie d'une jeune femme qui aimerait que son paternel s'intéresse autant à elle qu'à sa sœur jumelle. Plutôt classique, sans vraiment d'esbroufe, cela détonne avec le bidule "rigolo" l'ayant précédé.

On continue avec FOOD ELLE qui, à l'instar du premier court présenté, se lance dans un show arty. Néanmoins, celui-ci s'avère convaincant, en tout cas visuellement. On peut supposer que le cinéaste a voulu nous exposer une sorte de roue de l'évolution mais nous sommes vraiment dans un happening entre court expérimental et danse contemporaine (le passage fluo).

De son côté SPAGHETTI MAN joue la carte de l'humour surréaliste. Rien d'exceptionnel à l'horizon mais ce petit film a le grand mérite d'être amusant et donc divertissant. Par erreur, une jeune femme se retrouve avec un bocal de sauce tomate préparé par un sorcier vaudou spécialisé dans les pâtes. Du n'importe quoi où l'on découvre une créature encore jamais vue à l'écran (et qu'on ne reverra probablement jamais !).

LE BAISER DU VAMPIRE, c'est le titre d'un film de Don Sharp et pas n'importe lequel. Mais c'est donc aussi, maintenant, le titre d'un court-métrage français. Celui-ci ne va pas exhumer le souvenir nostalgique de la Hammer et préfère nous exposer un néo-vampirisme où l'on ramène des mecs à la maison pour les vider de leur sang. Honnêtement fait !

Enfin, cette projection dédiée aux courts-métrages français se terminait par LA MORT DU LOUP. A l'évidence, le cinéaste développe des idées et, du coup, cela permet d'écrire plus que deux phrases. Le loup en question est à l'évidence une métaphore des pulsions sexuelles ou bien d'un prédateur sexuel. Cela reste assez brumeux surtout quand on commence à nous exhiber des petites culottes tâchées de sang, évoquant au choix le cycle menstruel ou la perte de la virginité. A vous de voir, la chose étant très stylisée, il faudra se faire son opinion comme de se demander si l'on ne nous parlerait pas d'inceste.

La projection n'était pas désagréable mais on peut s'étonner qu'aucun des courts-métrages proposés ne soit spécialement marquant, au point de se dire qu'on a hâte de voir la suite des travaux de tels ou tels cinéastes oeuvrant sur l'un de ces courts. On pourra aussi noter que deux des courts n'adoptent pas la langue française même si cela s'avère surprenant dans le sens où une autre langue ne change rien à la narration ou bien, dans les deux cas présents, la portée du métrage.

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Dossier réalisé par
Emmanuel Denis, Xavier Desbarats, Christophe Lemonnier & Salomé Costa
Remerciements
Blanche Aurore Duault, Nathalie Iund, Roxane de Quirini, Cyril Despontin ainsi qu'aux organisateurs et à tous les bénévoles du festival