V/H/S/2

 

Lors d'une enquête, deux détectives tombent sur une mine de VHS dans une maison abandonnée. Ils décident donc visionner toutes ces cassettes vidéo à la recherche d'indices qui pourraient les aider à progresser dans leur enquête...

A la suite du succès rencontré par V/H/S, voici venir l'inévitable suite agrémentée de débordements attendus quitte à provoquer maux de tête, soupirs et jubilation sporadique. Car l'idée centrale du projet est de compiler de petites histoires au format «found footage». Autant de sketches qui sont ainsi visionnés sur des cassettes vidéo, présentant un récit à la première personne, la caméra devenant l'oeil du spectateur. Et, bien évidemment, le problème principal rencontré systématiquement par les films à sketches reste leur disparité. V/H/S/2 n'échappe pas à la règle et la qualité inégale des morceaux présentés s'en ressent grandement.

Tout d'abord la faiblesse du fil rouge nommé "Tape 49" qui pose les bases avec les deux détectives qui se mettent à visionner les cassettes, chacune contenant des morceaux de films abominables. Il fallait trouver un liant, mais exit l'ingéniosité d'un ASYLUM de Roy Ward Baker, par exemple. Cela demeure strictement fonctionnel et la chute finale, prévisible à des kilomètres, enfonce au choix un clou bien rouillé ou une porte ouverte.

Photo : V/H/S/2

Cette anthologie horrifique commence par une première histoire intitulée "Clinical Trials" et réalisée par le metteur en scène de YOU'RE NEXT. Un jeune homme se fait greffer un œil artificiel électronique nouvelle génération. La différence est que la société lui fournissant le prototype l'oblige à filmer tout ce qu'il voit. Et il commence à voir et subir des événements terrifiants. Enfin, sur le papier. Ingéniosité du point de vue qui tourne en rond assez rapidement, même avec l'apparition d'une autre greffée, d'une oreille cette fois-ci. Et le souvenir de THE EYE refait surface tout comme celui de l'une des histoires de BODY BAGS. Le concept original ne donne rien de neuf. Tout ce qui est extérieur à l'humain originel est forcément source de problème. Caméra-shake, hurlements, sursauts, hurlements, fin. Pas de quoi fouetter une nonne.

Photo : V/H/S/2

Direction Eduardo «BLAIR WITCH PROJECT» Sanchez et Gregg Hale pour un énième récit de zombie dans "A Ride in the Park". Originalité du point de vue : une caméra vissée sur la tête d'un VTT-tiste qui se fait mordre par un mort-vivant. Contaminé, il va attaquer ses semblables. Drôle, forcément dans son passage d'état humain à celui de zombie et avec un trait d'humanité inattendu. Mais le reste, archi-connu, balance entre humour grotesque et gore à foison tout en allongeant des situations avec boyaux au kilomètre, enfants pourchassés et caméra qui tressaute. Un carnage balisé malgré une action-cam filmant avec délectation la contamination environnante. Déjà fait, déjà filmé : on baille un peu. Voire beaucoup. Et on attend la fin avec une petite pointe d'ironie et de délivrance. Conventionnel, finalement.

Photo : V/H/S/2

Et survient le miracle : le troisième segment "Safe Haven" qui consacre la créativité galopante et l'audace de Gareth «THE RAID» Evans et Timo Tjahjanto. Une équipe de journalistes indonésiens pénètre dans l'antre d'une secte apocalyptique et assiste... à l'avènement de l'apocalypse. Rien ne peut préparer au crescendo carnassier qui éclate en pleine tête du spectateur ! Les réalisateurs construisent pas à pas une pièce de résistance, la plus longue de cette compilation horrifique, pour aboutir à la mise en image parmi les plus violentes de ces dernières années. Un hallali sanguinolent, un typhon de gore et une atmosphère mortifère, décadente et proprement hallucinante. Evans confirme bien qu'il est à l'aise dans la mise en image de l'action, quelle qu'elle soit. Dommage que la fin surfe sur un cliché habituel du genre auquel se rattache ce segment avec une ligne de dialogue fumeuse qui ruine l'effet. Mais quel déroulement, quelle orgie visuellement viscérale et quelle folie furieuse !

Photo : V/H/S/2

Passé cet intermède diabolique, on atterrit sur "Slumber Party Alien Abduction", une variation SF de Jason Eisener (HOBO WITH A SHOTGUN) à propos d'une activité très américaine : les «Slumber Party». Déjà magnifiées et détournées par les SLUMBER PARTY MASSACRE, il s'agit ici d'une invasion extra-terrestre qui vient perturber une réunion de lycéens qui font la fête. La caméra finit attachée sur la tête d'un chien qui filme donc assez joyeusement les enlèvements des humains. Humour potache, stéréotypes en abondance, ça baisouille à droite et à gauche, on fait des blagues, fusil à eau rempli d'urine, etc... Mais pas mal de fun. Problème : avec les poils du chien devant l'objectif, on a du mal à voir ce qu'il se passe et le concept tourne court. Energique, très «holocaust shakycam» dans sa manière de filmer, étrangement sage aux vues de la teneur des épisodes précédents mais très confus. Et surtout, cela ne provoque aucun frisson.

V/H/S/2 donne l'impression de voir le résultat d'expérimentations de sales gosses qui s'amusent avec leur joujou. Epiphénomène du plaisir instantané, à consommer illico mais sans guère de visée à long terme. Une écriture à minima qui pointe vers du McDo de l'horreur. On pourra se poser la question sur le pourquoi du comment de ces films qui se retrouvent sur des VHS, alors que filmés numériquement à la base. Pour quelle raison quiconque voudrait bien transférer ces films numériques sur des cassettes video ? Pour quel public ? Un concept bancal qui aurait pu fonctionner à l'époque des RING de Hideo Nakata. Mais aujourd'hui ?

Mais V/H/S/2 plaira peut être aux nostalgiques du gore 80's, aux amateurs de barbaque et de violence visuelle. Hormis le segment réalisé par Gareth Evans, il faut quand même bien constater que le concept arrive en bout de course. Long, et même pour les fans hardcore, il ne subsiste que quelques miettes créatives éclaboussées de sang et d'éclairs, mais c'est assez insuffisant au final pour retenir l'attention. Toutefois, vu le succès auquel semble promis le film, va-t-on avoir droit un jour à LASERDISC : THE MOVIE ? Allez savoir.

Arlig Stubbson

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