Header Critique : DEMENT (ALONE IN THE DARK)

Critique du film
DEMENT 1982

ALONE IN THE DARK 

Le docteur Potter vient remplacer un médecin dans un asile psychiatrique. Un malade dangereux est convaincu que ce jeune homme a assassiné son prédécesseur pour prendre sa place et se met en tête de le venger...

ALONE IN THE DARK est la première réalisation de Jack Sholder, metteur en scène qui se spécialise ensuite un temps dans le fantastique, en particulier en tournant pour la firme New Line LA REVANCHE DE FREDDY (second film de la série des Freddy) puis HIDDEN, série B mêlant science-fiction et horreur qui est un succès surprise.

Pourtant, après ce dernier, la carrière de Jack Sholder périclite et le voit s'engouffrer dans les voies de garage du Direct To Video et autres téléfilms, avec des titres passables comme WISHMASTER 2. Ici, il réunit à l'écran des comédiens sympathiques, mais dont la carrière est alors en bout de course.

Ainsi, Jack Palance commence au cinéma en 1950 sous la direction d'Elia Kazan dans PANIQUE DANS LA RUE, puis devient une vedette hollywoodienne au cours de la décennie, notamment grâce à son rôle mémorable de tueur à gages cynique dans le western classique L'HOMME DES VALLEES PERDUES. Palance se distingue aussi auprès de Robert Aldrich, en particulier dans son premier film de guerre ATTAQUE. Durant les années soixante, l'acteur bifurque vers le cinéma européen, avec des titres comme l'anthologie Amicus LE JARDIN DES TORTURES ou LE MÉPRIS de Jean-Luc Godard.

La fin de la décennie suivante le voit faire feu de tout bois dans le cinéma Bis italien. Mais avec le déclin du cinéma de ce pays, il se rabat sur des métrages à tout petits budgets comme le film d'Heroic-Fantasy anglais VOLTAN LE BARBARE ou encore TERREUR EXTRA-TERRESTRE, ancêtre de PREDATOR. Lorsque Jack Palance tourne ALONE IN THE DARK, sa carrière est au plus bas. Mais il rebondira quelques années plus tard grâce au succès inattendu du film d'auteur BAGDAD CAFE de Percy Adlon et il réapparaîtra dans des productions hollywoodiennes comme le méga-succès BATMAN.

A ses côtés, nous trouvons un autre faciès fameux, celui de Martin Landau. Débutant au cinéma à la fin des années cinquante, notamment en tueur dans LA MORT AUX TROUSSES de Hitchcock, il doit sa célébrité à la série télévisée d'espionnage «MISSION : IMPOSSIBLE» au cours des années soixante. C'est encore sur le petit écran qu'il se distingue ensuite avec «COSMOS 1999», série anglaise de science-fiction produite par Sylvia et Gerry Anderson. Au début des années quatre-vingts, il se retrouve aussi dans des petits films (dont à nouveau TERREUR EXTRA-TERRESTRE !). Sa carrière rebondit au début des années quatre-vingt-dix quand Woody Allen le met à l'honneur dans CRIMES ET CHATIMENTS. Puis surtout avec ED WOOD de Tim Burton, dans lequel Martin Landau incarne un mémorable Bela Lugosi en fin de carrière.

Le troisième acteur fameux apparaissant ici est Donald Pleasence. Acteur prolifique dans les années soixante-dix, enchaînant parfois jusqu'à six ou sept films sur une année, il est alors auréolé des succès carpenteriens de LA NUIT DES MASQUES et de NEW YORK 1997. Curieusement, cela ne bénéficiera pas à sa carrière qui s'enferrera de plus en plus au cours de cette décennie dans un cinéma Bis européen à l'agonie, avec des LE GRAND RETOUR DE DJANGO et autres PAGANINI HORROR, ou encore dans les œuvrettes d'une Cannon déclinante. PHENOMENA de Dario Argento et PRINCE DES TÉNÉBRES de John Carpenter seront les seules vraies exceptions à ce constat.

ALONE IN THE DARK commence de façon amusante en décrivant une institution psychiatrique étonnante. Si les patients sont hauts en couleurs, le directeur de l'établissement est lui-même un lunatique. Cela lui permet de mieux appréhender les besoins et les manies de ses malades. Car, en effet, ses méthodes sont efficaces. Même les plus dangereux serial killers vivent en harmonie avec le personnel soignant et les autres dérangés du ciboulot. Dans cette première demi-heure, les interprètes cabotinent sympathiquement (Martin Landau mettant le feu à sa chemise !) et le film nous propose une amusante galerie de cinglés.

Profitant d'une coupure de courant qui neutralise les systèmes de sécurité, les quatre résidents les plus dangereux de l'asile s'échappent et se rendent chez le nouveau médecin, qu'ils soupçonnent d'avoir tué son prédécesseur. Avant d'aller lui régler son compte, ils passent par un supermarché pour s'équiper de pied en cape. L'un d'eux n'oublie d'ailleurs pas de se cacher le visage derrière un masque de hockeyeur, popularisé la même année dans MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS.

Une fois achevée cette mise en place, le film sombre dans un psycho-killer copiant sans imagination LA NUIT DES MASQUES. Baby-sitter, évadés d'asile, petite maison et traque nocturne nous jouent une partition connue et déjà fréquemment déclinée dans les imitations du film de John Carpenter qui prolifèrent alors.

La réalisation de Jack Sholder est assez plate et l'histoire est prévisible. Martin Landau gagne haut la main la palme des grimaces les plus ridicules. Néanmoins, le récit est correctement rythmé et certains moments s'avèrent authentiquement malsains (telle la confrontation d'une petite fille avec un pédophile). La fin est réussie et élève le film (légèrement) au dessus du lot commun.

ALONE IN THE DARK est un petit slasher typique de sa décennie, bénéficiant d'un casting étonnant. S'il se suit sans trop d'ennui, sa platitude et son manque d'originalité en font tout de même un produit réservé aux spectateurs indulgents.

ALONE IN THE DARK est une des toutes premières productions de la compagnie New Line de Robert Shaye (il en co-écrit le scénario). Cette firme américaine indépendante était jusque-là spécialisée dans la distribution, notamment de films d'auteurs européens et de films indépendants américains comme EVIL DEAD. Avec POLYESTER de John Waters et ALONE IN THE DARK, elle s’affirme comme une société de production, statut confirmé par le succès des GRIFFES DE LA NUIT en 1985, mettant en scène Freddy Kruger, le tueur des cauchemars.

New Line propose alors d'autres films d'horreur comme CRITTERS, déclinaison de GREMLINS, ou HIDDEN. Mais sans se montrer réellement créatif ou prolifique, l'essentiel de sa production dans le genre consistant à décliner les suites des GRIFFES DE LA NUIT (six entre 1985 et 1994) ou CRITTERS (trois de 1988 à 1992), dans une frénésie d'épisodes numérotés caractéristique du cinéma d'horreur hollywoodien de cette période.

Le succès se confirme avec les aventures super-héroïques des TORTUES NINJA avant que New Line ne décroche la timbale avec le triomphe de THE MASK en 1994, qui révèle Cameron Diaz et fait de Jim Carrey une vedette de la comédie. New Line est alors rachetée par la Major Warner qui en fait une de ses filiales.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité.
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