Header Critique : BARON VAMPIRE (GLI ORRORI DEL CASTELLO DI NORIMBERGA)

Critique du film
BARON VAMPIRE 1972

GLI ORRORI DEL CASTELLO DI NORIMBERGA 

Dans la Château du Diable, en Autriche, Eva Arnold et son ami Peter Kleist, descendant du sanguinaire Baron Otto von Kleist, invoquent accidentellement le fantôme de ce terrible aristocrate. Des meurtres atroces se produisent dans la région...

En 1970, le succès de L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL, premier film de Dario Argento, entraîne une explosion de la mode du Giallo sur les écrans italiens, mode qui va battre son plein durant la première moitié de la décennie. Mario Bava, pionnier du genre, sort alors divers films rattachés au genre – bien que tournés avant L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL - comme L'ÎLE DE L'ÉPOUVANTE et UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL. Puis, il rebondit sur cet engouement pour offrir LA BAIE SANGLANTE, œuvre de transition entre le Giallo et le Slasher à venir.

Il retrouve ensuite le producteur Alfredo Leone avec lequel il a travaillé sur le film érotique QUANTA VOLTE... QUELLA NOTTE (tourné en 1969 mais sorti plus tard) et pour lequel il filme ce BARON VAMPIRE en Autriche. Le poste d'assistant-réalisateur est tenu par Lamberto Bava, fils de Mario, appelé à devenir réalisateur à part entière en 1980 avec BAISER MACABRE.

BARON VAMPIRE bénéficie d'un casting impressionnant, dominé par les grands acteurs Joseph Cotten et Massimo Girotti. A leurs côtés, nous trouvons l'actrice allemande Elke Sommer (particulièrement remarquée dans QUAND L'INSPECTEUR S'EMMÊLE de Blake Edwards en 1964) ou les visages familiers d'Umberto Raho et de la petite Nicoletta Elmi, déjà vue dans LA BAIE SANGLANTE et spécialiste des rôles de fillettes inquiétantes.

Contrairement à ce que qu'implique son titre français fantaisiste, il n'est nullement question de vampirisme dans ce BARON VAMPIRE. Son récit se place dans la tradition du cinéma italien gothique du début des années soixante et se réfère au classique fondateur LE MASQUE DU DÉMON du même Mario Bava. Nous y retrouvons une malédiction familiale affligeant une lignée aristocrate, des sorcières brûlées vives, des morts-vivants hagards, un vaste château macabre et des outils de torture hérissés de pointes.

BARON VAMPIRE, tourné en 1971, est un rejeton tardif de cette lignée. Il apparaît même anachronique alors que fleurissent des Giallos urbains et contemporains. Il s'agit clairement d'une tentative de réactualiser l'épouvante gothique latine.

Pour ce faire, Bava ne lésine pas sur la qualité de son travail atmosphérique. Sans doute pour des raisons de coproduction, le film est tourné en Autriche. L'action prend essentiellement place dans le "Château du Diable", présenté dans le récit comme un véritable château médiéval. BARON VAMPIRE est en fait tourné au château de Kreuzenstein, près de la ville de Korneuburg, à une dizaine de kilomètres de Vienne. Cette vaste demeure de style néo-gothique a été bâtie par un excentrique à la fin du XIXème siècle, à la manière du fameux Neuschwanstein du Roi Louis II de Bavière.

Bava bénéficie donc de ce superbe décor aux ornementations surchargées, factices et éclectiques, qu'il habille de couleurs fantastiques et d'ombres profuses. Les rues de Korneuburg, parcourues d'une intense brume bleue, sont superbement utilisées lors d'une éprouvante poursuite nocturne. Techniquement, Bava est au sommet de son génie. Il compose les plans avec un soin maniaque (objets étranges placés en amorce, objectifs grand-angle en plongée ou en contre-plongée mettant en valeur l'architecture du château...). Les scènes de traques et de meurtres sont efficaces et bénéficient d'excellents maquillages et trucages.

Pourtant, BARON VAMPIRE laisse un léger sentiment de déception. Si nous y admirons l'élégance unique et très personnelle du style de Mario Bava, nous nous ennuyons aussi beaucoup. Le scénario avance lentement, sans surprise, et recycle sans nervosité les clichés du cinéma gothique italien.

L'influence de films américains classiques est flagrante, voire envahissante (le tueur rappelle LE FANTÔME DE L'OPÉRA avec Lon Chaney ou L'HOMME AU MASQUE DE CIRE avec Vincent Price : la pendaison dans l'escalier renvoie d'ailleurs clairement à ce dernier). L'interprétation est décevante. Les talentueux Girotti et Cotten n'apparaissent que rarement, laissant place à un couple de jeunes premiers peu convaincants : Antonio Cantafora (que nous reverrons dans l'inénarrable DÉMONS 2 de Lamberto Bava) manque de charisme. Elke Sommer exaspère par ses cris incessants, ses bavardages inintéressants et sa garde-robe psychédélique, peu en phase avec l'atmosphère du film.

Si la perfection stylistique de BARON VAMPIRE impressionne, il s'en dégage une impression de froideur et d'ennui. Ce film est trop inégal pour supporter la comparaison avec les plus grandes réussites de Mario Bava. Handicapé par un scénario banal, il lui manque une personnalité affirmée et originale. Pourtant, cette histoire de sorcellerie baignée dans l'atmosphère germanique de la forêt noire et tournée dans un décor flamboyant a pu influencer Dario Argento pour SUSPIRIA, notamment pour sa scène de la pendaison saisie en gros plan, dont nous trouvons ici un équivalent prémonitoire. BARON VAMPIRE n'a pas beaucoup de succès en Europe, mais il fonctionne bien aux USA et Alfredo Leone, Mario Bava et Elke Sommer se remettent bientôt au travail en tournant en Espagne le chef d’œuvre LISA ET LE DIABLE.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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