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THE TERROR


André Duvalier (un tout jeune Jack Nicholson) est un officier des armées Napoléoniennes en totale déroute. Alors que ce dernier est sur le point de se faire abandonner par ses dernières forces tandis qu'il erre sur une plage déserte, il est secouru in extremis par une mystérieuse jeune femme (Sandra Knight, mariée à l'époque avec Nicholson justement). Immédiatement sous le charme vénéneux de la femme, Duvalier va tenter de la rattraper tandis que cette dernière s'évapore dans la nature. C'est alors qu'il se retrouve aux portes du château du baron Von Leppe (Boris Karloff), un étrange châtelain cachant un lourd secret.

Autant être clair tout de suite, ce n'est pas THE TERROR (L'HALLUCINE chez nous) en tant que film qui présente un réel intérêt, mais plus sa genèse parmi les plus branques de l'histoire du cinéma. A l'origine du film, il y a bien entendu l'infatigable Roger Corman et son incroyable sens de la rentabilité absolue. Car THE TERROR n'est pas le fruit d'un scénario chiadé (il n'y en a pas vraiment), ni même d'un travail de mise en scène classique (six réalisateurs se sont relayés sur le métrage). THE TERROR existe tout simplement parce qu'en avance sur le tournage du CORBEAU, Corman décide de tourner illico presto un truc, n'importe quoi, du moment que son décor de château est encore disponible avant destruction et en profite pour ajouter un ou deux plans de LA CHAMBRE DES TORTURES.

Corman appelle donc à la rescousse le scénariste Leo Gordon, chargé de pondre en un temps record des bribes d'histoire et de dialogues. Car Corman ne compte pas seulement recycler le décor du CORBEAU le temps d'un léger rab de tournage, mais aussi sa star, à savoir un Boris Karloff en fin de carrière (avec 80 printemps au compteur). C'est ainsi qu'il compresse l'intégralité des prises de vues avec Karloff en deux jours, histoire de renvoyer le pauvre homme le plus rapidement possible dans son Angleterre natale. Ne reste plus qu'à trouver quoi mettre autour de cette poignée de scènes.

N'ayant toujours pas un sou en poche, Corman va faire appel à toute une clique de jeunes réalisateurs désireux d'apprendre le métier sans pour autant râler sur le montant des tickets restaurants ! Corman fait donc appel à son homme à tout faire du moment, le jeune Francis Coppola. Le futur réalisateur du PARRAIN fait à ce moment un peu tout et n'importe quoi pour AIP (sous la tutelle de Corman) comme de la prise de son et du montage. Avec THE TERROR, Coppola réalise donc officieusement ses premiers plans. Reste qu'une fois les prises de vues achevées, le film est très loin d'obtenir la durée réglementaire d'un long-métrage. Corman se lance alors dans le recrutement abusif de tout jeune réalisateur désirant apporter sa pierre à l'édifice. Dennis Jakob et Monte Hellman vont tourner chacun de leur côté quelques extérieurs. Sachant que chacun s'amuse à réécrire la partie du script tourné, THE TERROR est à ce stade un joyeux bordel. Corman appelle à la rescousse le confirmé Jack Hill, avec qui il boucle prestement le tournage. De retour sur le banc de montage, il paraît évident qu'un jour supplémentaire de prise de vue est cependant nécessaire pour tenter de faire tenir l'ensemble debout. Et c'est Jack Nicholson qui supplie alors Corman de lui laisser prendre les rênes de la direction pour son unique jour de mise en scène jusqu'à THE TWO JAKES en 1990.


Mais passé le récit houleux d'une fabrication quelque peu bordélique, que vaut au final THE TERROR ? Obligatoirement, les nombreuses péripéties et réécritures à même le plateau de tournage portent un sérieux préjudice à la cohérence de l'ensemble. Le rythme plutôt lent du film n'est pas un choix artistique mais bel et bien un laborieux étirement d'un scénario anémique pour une durée réglementaire. Les protagonistes passent une grande partie du film à arpenter les couloirs du château, ou à errer sans que l'on sache trop pourquoi dans un cimetière aux allures gothiques. Mais THE TERROR reste malgré tout une curiosité à plusieurs titres. Car même si la progression narrative piétine, l'ensemble reste parfaitement regardable et presque cohérent (pas mal au vu de sa conception). Ensuite, la foule de noms prestigieux donne obligatoirement un intérêt à THE TERROR, que ce soit pour assister à l'un des derniers efforts de Boris Karloff à l'écran, ou bien aux commencements prometteurs de jeunes fondus de cinéma répondant aux noms de Nicholson ou Coppola.

A l'édition zone 2 de THE TERROR correspond une collection intitulée "Nuits Américaines" regroupant des classiques du petit budget. Constitué de double programme, le film est associé à DEMENTIA 13, soit le premier film officiel de Coppola. Le petit prix de l'ensemble essaie quant à lui de faire passer la pilule de la médiocrité technique de l'ensemble. Très honnêtement, l'image est particulièrement difficile. Partant d'une pellicule très abîmée et d'un master approximatif, on a plus l'impression de regarder une VHS de 36e génération. Un peu dur ! Question son, nous avons droit à un mono étouffé (attention pas de version française de disponible). Pour les bonus, l'éditeur se fend de biographies (sous forme de texte déroulant), de fiches techniques (idem) et d'un petit quizz très sympathique autour de la mise au monde douloureuse de l'œuvre (si vous avez bien lu cet article, vous devriez avoir la moyenne !).

THE TERROR est très loin d'être un chef-d'œuvre. C'est même difficilement un film "normal". Mais sa genèse rocambolesque a pour elle d'avoir mis à contribution, parmi tant d'autres, les services de deux futurs grands noms du cinéma dit classique : Jack Nicholson au poste de comédien et réalisateur express, ainsi que Francis Ford Coppola à la mise en scène de quelques séquences. L'édition Zone 2 du film n'est pas de bonne qualité, mais son petit prix attirera les curieux ne maniant pas la langue anglaise et désirant assister aux débuts des deux hommes sans forcément débourser trop de sous. Pour les autres, toujours tentés par l'expérience, il exsite de bien meilleures éditions sorties un peu partout dans le monde mais sans aucun sous-titrage…

Eric Dinkian


ON AIME
Les débuts (officieux) de Nicholson et Coppola
Revoir Boris Karloff

ON N'AIME PAS
Un film un peu laborieux
Edition médiocre

Meilleures scènes

  • Le château englouti par les flots
    (Chapitre 16 [1'15'00])
Année : 1963

Durée : 81 minutes

Acteurs :
Boris Karloff
Jack Nicholson
Sandra Knight
Dick Miller
Dorothy Neumann
Jonathan Haze

Réalisateur :
Roger Corman
Francis Ford Coppola
Monte Hellman
Jack Hill
Dennis Jakob
Jack Nicholson

Scénario :
Leo Gordon
Jack Hill

Musique :
Ronald Stein

Sony
Format disque :
Double Face - Simple couche

Format Image :

Format sonore :
Anglais :

La bande-son codée sur deux canaux est en mono.

Sous-titrage :
Francais

Les Suppléments

  • THE TERROR (Face 1)
  • Notes de production
  • Filmographies
    • Roger Corman
    • Jack Nicholson
    • Boris Karloff
    • Dick Miller
  • Quiz
  • DEMENTIA 13 (Face 2)

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