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 FILM INFOS

 Titre original

 BOBERI

 Autres titres

 BODBERI

 Année

 2010

 Nationalité

 Islande

 Réalisation

 Hjlmar Einarsson

 Scénario

 Hjlmar Einarsson

 Musique

 Karl Pestka

 Acteurs

 Darri Ingolfsson
 sgerur Elfa Gunnarsdttir
 Jn Pll Eyjlfsson
 Magns Jnsson
 Miroslaw Luczynski

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Samfilms

Format Disque

Double Couche

Durée

96 minutes

Format Image

Format Sonore

Icelandic

Icelandic

Sous-titrages

English
Icelandic

 

 SUPPLEMENTS

 •Making of (4mn52)
 • Film annonce (2mn45)
 • Teaser (0mn20)
 • Legal Criminals (Court - 10mn27)

 

 ON AIME

• Le mélange des genres
• Un fantastique différent
• Un film qui défie les croyances

 ON N'AIME PAS

• Une copie laide et mal compressée

 VIDEOS

 Bande-annonce

 

 POSTERS

 
 BODBERI

 

Páll (Darri Ingolsson) est un jeune artiste payant ses factures en étant plombier. Il reçoit la visite de deux apparitions indiquant être des anges. Il est en fait un messager qui possède le don de voir les envoyés du diable. Et il commence en effet à déceler une conspiration de démons autour de lui. Pendant ce temps, un mystérieux personnage au visage difforme attaque au fusil à pompe chargé d'excréments des hommes d'affaires parmi les plus riches d'Islande.

Photo : BODBERI

L'Islande a connu en 2008 une secousse sociale qui a mis le pays sens dessus dessous. Le tournage du film a eu lieu en même temps que l'effondrement des fondements de l'économie islandaise. Réalité ou fiction, BOÐBERILe Messager») laisse de ce fait un goût très étrange en bouche après sa vision. On se demande un peu à quoi on vient d'assister ! Il tranche radicalement avec le ton constaté dans les œuvres islandaises récentes. Qu'il s'agisse de la fantaisie neo-geek ASTROPIA (le plus gros succès local de ces dernières années), du polar KOLÐ SLOÐ ou des œuvres de Baltazar Kormakur, BOÐBERI ne ressemble à rien de tout cela. Et traite d'un sujet fantastique de manière frontale et parfois déroutante.

Photo : BODBERI

Le début est plutôt désarçonnant. Moins dix minutes après le début du film, on a assisté à une Islande qui s'éveille après une nuit de beuverie, des rues sales, un état d'ébriété généralisé. Peu reluisant. Le tout filmé de manière plutôt amateur, jusqu'à la première apparition. Au fur et à mesure de la progression dramatique, le film adopte un ton péremptoire qui fait de la révélation de Páll une destinée mystique. Il est un élu de Dieu qui a la chance de voir l'au-delà. Une terre en proie au brouillard, peuplée d'apparitions d'âmes en paix. Il devient le messager, peut avancer dans le temps, va jusqu'à se rencontrer lui-même trente ans dans le futur... tout en gardant un absolu secret sur son pouvoir. On le voit évoluer en parallèle de sa vie quotidienne. Entre ses virées avec son meilleur ami, son travail de fortune avec un collègue polonais qu'il ne respecte pas beaucoup... L'Islande que décrit BOÐBERI est en proie au doute, en pleine déliquescence morale et au bord de la déroute financière. Le plus curieux est que le tournage a démarré avant l'écroulement du système bancaire local. Une certaine prescience des événements plane sur le film, ce qui le rend encore plus curieux. Mais il y a comme un petit air de INVASION LOS ANGELES dans la dénonciation ambiante…

Photo : BODBERI

Le métrage prend un autre essor au moment où Páll cède à une sorte d'intégrisme comportemental. Le spectateur se trouve ainsi dans une posture assez bizarre : assiste-t-on à un film pro-chrétien ou autre chose ? Cela remet en question une certaine perception de neutralité du cinéma, où la relation à la religion dans le cinéma nordique/scandinave est d'ordinaire moins radicale. Tout du moins faisant office de questionnement de la foi, comme chez Ingmar Bergman ou encore Carl Dreyer. En fait, la mise en scène ne prend jamais le parti de donner un aspect moral de Páll et de sa condition. Selon le cheminement de chacun, Páll est soit en train de vivre une révélation, soit en train de dévisser méchamment. Son intégration à une communauté menée par un prédicateur extrémiste vient renforcer cette dualité. Dommage que le scénario expédie trop vite certains aspects qui auraient pu nuire au propos – sa visite au psychanalyste, entre autres. Le film perd en cela un peu de crédibilité à la fin du premiers tiers.

Photo : BODBERI

L'autre aspect du film est le simili terroriste qui attaque les plus riches et influents islandais via des cartouches chargées de verre et d'excréments humains. Jusqu'à ce qu'on retrouve une trace d'ADN en provenance d'un étron du Premier Ministre ! La parabole socio-économique prend une dimension transgressive totale. Une certaine liberté de ton venant certainement du fait d'avoir été produit hors de circuits gouvernementaux, sans subvention particulière. Le message est clair : l'Islande prend en pleine poitrine la merde qu'elle a elle-même générée. Politiciens, policiers, hommes d'affaires : tous responsables, tous coupables. Et cela va jusqu'à utiliser une scène réelle de rassemblement populaire devant l'hôtel de ville de Reykjavik juste après la catastrophe financière qui a mis le pays en faillite, et ce pour les propos du film. Jamais la fiction n'aura rejoint la réalité de manière aussi précise.

Photo : BODBERI

Pêle-mêle, des thèmes comme le racisme ordinaire envers l'immigré polonais Pawel (Miroslaw Luczynski), la consanguinité et le fameux fichier ADN national – un sujet récurrent, et déjà abordé dans LA CITE DES JARRES, l'attachement aux origines, la volonté de quitter le territoire... BOÐBERI indique une inquiétude sous-jacente qui explose à la figure de ses protagonistes.

Photo : BODBERI

On trouve également des effets spéciaux numériques tout au long du film. Généralement médiocres quant aux explosions et autres échappées d'âme sortant de la bouche de Páll, ce sont lorsqu'ils sont plus discrets que l'efficacité se fait sentir. Des créatures possédées aux yeux noircis ou le visage défiguré du pécheur, par exemple. Le niveau qualitatif pèche, ce qui minimise l'impact de certaines scènes qui repose justement sur l'effet spécial. Là aussi, un tournage long et indépendant ne peut pas produire que des miracles à l'écran. Idem pour le choix d'un format Scope pour le film. Si le cadre prend tout son sens dans des décors naturels somptueux, on peut se poser la question de son utilité dans les scènes d'exposition filmées de manière assez banale. Voir par exemple la discussion (à la 14ème minute) entre Páll et son professeur de dessin. Une opposition entre un ancien aux tendances nihilistes qui indique que la jeunesse doit prendre la suite des événements en mains. Ceci autour d'un jeu d'échec cadré de façon aléatoire : le cadre coupe par moments aux trois quart le personnage de Páll lorsque le professeur s'exprime, pour donner un plan d'ensemble à la profondeur de champ utilisée par la suite. Bizarre. Le réalisateur/scénariste Hjálmar Einarsson n'est quand même pas un manche pour autant. A voir la scène de course-poursuite dans Reykjavik, dès la 35ème minute, il y a un sens du rythme, avec un couplage image/son du meilleur effet. Une alternance de plans caméra à l'épaule et de travellings latéraux montés de manière lisible et sans céder à l'hystérie du jump cut très en vogue des derniers temps.

Photo : BODBERI

Après deux ans de gestation, le film est sorti courant 2010 en Islande et s'est ramassé une beau flop au box office local. Il reste inédit dans le reste du monde à ce jour. BOÐBERI ressemble à un cri de révolte sur un pays qui se meurt. Des artistes en crise, un système en panne et des quidams révoltés mais sans grand espoir. Avec au beau milieu de ce bordel ambiant une intrigue fantastico-ésotérico-nawak qui brasse un nombre incalculable de thèmes chers au cinéma que l'on aime pour le catapulter vers autre chose. La dernière scène remet là aussi en cause les quelques rebondissements qu'on aura subit le long des 96 minutes. Páll, fou furieux, illuminé notoire, visionnaire malgré lui ou victime d'une société en proie à des illusions de destruction massive ? Le film repose essentiellement sur l'interprétation nuancée mais bien progressivement hallucinée de Darri Ingolsson qui semble promis à une belle carrière.

Photo : BODBERI

Perfectible, mais bénéficiant d'une sincérité et d'une brutalité dans les propos qui détonnent dans le paysage actuel. On pourra reprocher un côté parfois je-m'en-foutiste de l'interprétation, dont certains confèrent à la caricature. Voir le simple comportement de la sœur du prédicateur (Ísgerður Elfa Gunnarsdóttir), se réfugiant dans des prières juste après avoir fait l'amour avec Páll. Il s'agit par ailleurs de l'exagération globale des aspects économico-sociaux du scénario et des personnages qui l'alimentent qui pourront également faire tiquer. Probablement parce que nous ne sommes pas habitués à voir aussi souvent les puissants se faire ridiculiser de la sorte. Mais également le tout-venant de la société islandaise, pas spécialement représentée sous son meilleur aspect ici. Ceci couplé à des thématiques centrées autour du pouvoir et de matière fécale – et qu'on comprend au bout des deux tiers du film que le spectateur en a été témoin pendant un bon bout de temps sans rendre compte, il y a de quoi être déstabilisé !

Photo : BODBERI

L'édition DVD islandaise offre un choix de taille pour découvrir cette perle nordique : islandais ou anglais. En cliquant sur «English», vous aurez droit au menu en langue anglaise, le film en islandais (Dolby Digital 5.1 ou stéréo) avec des sous-titres anglais amovibles – tout comme ceux islandais. Les bonus présents offrent ce même avantage de sous-titrage anglais, ce qui permet de mieux découvrir et comprendre l'évolution du film à travers un court. Interviews des acteurs principaux, du réalisateur, composition des effets spéciaux... un point non formaté et un plus véritable quand à l'appréhension du film. Malheureusement, la qualité du DVD laisse fortement à désirer ; des traces de compression se distinguent de manière régulière – on peut même compter les pixels sur quelques plans. Les couleurs sont métalliques, laides et les scènes se déroulant dans le noir manquent singulièrement de contraste. Certaines sont carrément invisibles ! Le mixage en 5.1 apporte un certain environnement sonore enveloppant et qui prend une dynamique particulière lors de scènes d'action. La plupart des dialogues sont en voie centrales, mais l'ensemble des canaux est relativement peu utilisé. Néanmoins, il faut préférer le mixage 5.1 à la simple stéréo proposée, qui manque de souffle et réduit l'impact atmosphérique des scènes de visions du héros, entre autres.

L'édition se complète avec un court métrage nommé LEGAL CRIMINALS qui semble préfigurer les thèmes présents dans BOÐBERI, et deux films annonces.

Francis Barbier

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