CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER) - Chronique/Critique/Review Film & DVD (http://www.devildead.com)

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 FILM INFOS

 Titre original

 GUNFIGHTER, THE

 Autres titres

 CIBLE HUMAINE, LA
 

 Année

 1950

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Henry King

 Scénario

 William Bowers
 William Sellers
 Andre De Toth

 Musique

 Alfred Newman

 Acteurs

 Gregory Peck
 Helen Westcott
 Millard Mitchell
 Jean Parker
 Karl Malden
 Skip Homeier
 Anthony Ross
 Verna Felton
 Ellen Corby
 Richard Jaeckel

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

81 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

German

Italian

Spanish

Sous-titrages

English
Francais
German, Italian, Spanish, Dutch, Finnish, Danish & Norwegian

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• Un Western dramatique

 ON N'AIME PAS

• Une édition franchement pauvre

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 LA CIBLE HUMAINE

 THE GUNFIGHTER

Après avoir abattu en légitime défense un jeune homme qui l’avait défié, Jimmy Ringo est poursuivi par les trois frères qui désirent se venger…

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

L’idée de LA CIBLE HUMAINE germe dans l’esprit du scénariste William Bowers lors d’un dîner avec Jack Dempsey. Le boxeur lui explique qu’il n’arrête pas d’être importuné par des bagarreurs voulant prouver qu’ils sont plus forts que lui. Cette anecdote une fois transposée dans l’Ouest donnera naissance au film mais aussi à un thème qui sera repris ensuite à de nombreuses reprises au cinéma. De cette idée, William Bowers parviendra donc à l’histoire d’un tireur renommé qui se voit contraint d’affronter celui qui pensent être le plus rapide dans chacune des villes où il passe. L’histoire prend forme en collaboration avec André De Toth et un premier scénario est ensuite écrit avec William Sellers sous le titre de THE BIG GUN.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

William Bowers essaye de convaincre John Wayne d’entrer dans l’aventure mais sans succès. Il rencontre alors Nunally Johnson qui est assez enthousiasmé par le scénario pour convaincre la Fox de monter le projet. Nunally Johnson produit le film et travaille lui aussi, de façon non officielle, à l’écriture pour améliorer un scénario juger trop court. Gregory Peck est engagé pour jouer le rôle principal alors qu’Henry King, qui vient de diriger l’acteur dans UN HOMME DE FER, est chargé de mettre en scène le film. Le réalisateur fait des recherches et convainc Gregory Peck de se laisser pousser la moustache tout en lui imposant une panoplie issu des photographies qu’il a pu trouver sur les véritables hommes de l’ouest.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

Lorsque la Fox s’aperçoit que l’acteur porte une moustache en visionnant les rushes au bout d’une quinzaine de jours de tournage, le studio est très mécontent ! Il est alors demandé que les séquences où apparaît Gregory Peck soient retournées cette fois sans moustache. Pour empêcher cette éventualité, l’acteur et le réalisateur, en connivence, font en sorte d’annoncer un budget de 300.000 dollars nécessaire pour tourner de nouveau toutes les séquences alors qu’il en aurait fallu seulement la moitié. La dépense est jugée énorme et la Fox se voit contrainte de laisser le film se terminer avec la moustache de Gregory Peck à qui l’on imputera souvent le semi échec du film lors de sortie initiale.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

Derrière la figure légendaire du tireur le plus rapide de l’Ouest, Jimmy Ringo est en fait un homme fatigué et contraint de fuir sans pouvoir jamais s’arrêter. En arrivant à Cayenne, il espère retrouver sa femme et son fils qu’il n’a jamais vu pour essayer de repartir à zéro. Partout où il passe, sa réputation le précède et cette petite bourgade ne fait pas exception. Si tous les jeunes n’aspirent qu’à devenir l’homme le plus rapide, ils ne se rendent pas compte de l’énorme fardeau que cela sous-entend. LA CIBLE HUMAINE ne fait pas état d’un grand optimisme jusque dans une conclusion inévitable où le passage du flambeau fait office de malédiction !

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

Une grande partie de l’histoire se déroule sur une durée très courte et dans très peu de décors. Le personnage principal est pressé par le temps pour régler ses affaires avant que trois hommes n’arrivent en ville pour essayer de l’abattre. Des éléments qui se retrouvent dans le scénario du TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS que Gregory Peck refusera d’interpréter deux ans plus tard en raison du trop grand nombre de ressemblances avec LA CIBLE HUMAINE mais aussi parce que l’acteur ne voulait pas être réduit à tourner des Westerns jusqu’à la fin de ses jours.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

Une grande partie de l’action de LA CIBLE HUMAINE se déroule donc dans un saloon et ses alentours où Jimmy Ringo attend de pouvoir rencontrer sa femme. En dehors d’un petit passage au début du métrage, ce Western ne fait pas la part belle aux chevauchées et aux grands espaces. Au contraire, il s’amuse à démonter une légende dans une petite ville en pleine effervescence par l’intrusion d’un tueur aussi renommé que sans foi ni loi. L’un des passages les plus amusants met Jimmy Ringo face à des dames fort respectables qui se sont mises en tête de le faire jeter hors de la ville arguant que l’on ne peut tolérer un tel personnage ! Une séquence qui prend encore plus d’ampleur lorsque l’on sait que le shérif (Millard Mitchell) n’est autre qu’un ancien hors la loi qui fut jadis partenaire de Jimmy Ringo.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

Le thème du pistolero auquel veulent se frotter tout ceux qui espèrent se faire un nom est depuis devenu un thème répandu. Dans le Western classique, on citera par exemple LA PREMIERE BALLE TUE avec Glenn Ford qui peut être vu comme une issue bien plus heureuse à une situation très similaire à celle dépeinte dans LA CIBLE HUMAINE. Même le Western spaghetti lorsqu’il s’approprie ce thème choisit la voie de l’optimisme comme dans MON NOM EST PERSONNE qui d’ailleurs contient en plus quelques petites idées empruntées de façon plus italienne à LA CIBLE HUMAINE.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

LA CIBLE HUMAINE ne se paye pas une édition DVD de grande qualité. L’image accuse le passage du temps à force de nombreuses rayures et autres tâches. Le transfert n’est pas non plus parfait avec une image qui manque un peu de finesse et de précision. Cela reste toutefois largement acceptable. Les pistes en mono d’origine, que ce soit la version anglaise ou la version française, n’ont pas non plus connues de traitement de faveur pour cette sortie. Elle laisse donc apparaître toutes les limitations inhérentes aux enregistrements et aux reproductions de bandes sonores vieilles d’une cinquantaine d’années.

Photo : CIBLE HUMAINE, LA (THE GUNFIGHTER)

Bien que moins reconnu, LA CIBLE HUMAINE, comme LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS, fait partie des grands Westerns américains. On sera donc fort surpris de voir une édition DVD dénuée de tout supplément. Pas même une bande-annonce à ronger ni quoi que ce soit d’autre à se passer devant les yeux.

Antoine Rigaud

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