TOYS - Chronique/Critique/Review Film & DVD (http://www.devildead.com)

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 FILM INFOS

 Titre original

 TOYS

 Année

 1992

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Barry Levinson

 Scénario

 Barry Levinson
 Valerie Curtin

 Musique

 Hans Zimmer
 Trevor Horn
 Jeff Rona

 Acteurs

 Robin Williams
 Michael Gambon
 Joan Cusack
 Robin Wright
 LL Cool J
 Donald O'Connor
 Arthur Malet
 Jack Warden

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Double Couche

Durée

116 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

German

Italian

Spanish

Sous-titrages

English
Francais
German, Italian, Spanish, Dutch & Swedish

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• Un film qui ne prend pas les enfants pour des idiots
• Visuellement étonnant
• Le prix

 ON N'AIME PAS

• L'image aurait pu être meilleure
• Aucun supplément

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 TOYS

 

Jugeant son fils peu apte à reprendre la direction de ses usines de jouets, Kenneth Zevo propose cette tâche à son frère avant de mourir. Général et militaire de carrière en mal de conflits armés, Leland Zevo accepte la proposition avant de découvrir les ressources meurtrières et insoupçonnées que l’on peut tirer de la technologie des jouets !

Photo : TOYS

Les débuts de la carrière Barry Levinson, comme beaucoup d’autres, débutent à la télévision où il est scénariste pour diverses émissions comiques. Il collabore à l’écriture de LA PREMIERE FOLIE DE MEL BROOKS et à celle du GRAND FRISSON pour Mel Brooks. Bien plus sérieux, il entame une collaboration avec Valerie Curtin sur des films de Norman Jewison (JUSTICE POUR TOUS et LES MEILLEURS AMIS). A cette époque, les deux scénaristes pensent déjà à TOYS. Le scénario est accueilli avec une certaine incompréhension, même si la Fox semble vouloir lancer le projet. Malheureusement, bien qu’il y ait déjà un feu vert et que Barry Levinson s’apprête à devenir réalisateur, les dirigeants de la Fox changent et les nouveaux pontes mettent TOYS dans un tiroir en ayant un peu trop de mal à cerner le résultat qui pourrait bien naître de ce scénario. Barry Levinson ne se démonte pas pour autant, continue à écrire et finit par réaliser DINER avant d’embrayer sur LE MEILLEUR avec Robert Redford ou LE SECRET DE LA PYRAMIDE produit par Steven Spielberg. En accumulant les succès de GOOD MORNING VIETNAM et RAIN MAN, la côte de Barry Levinson augmente. Avant de remettre TOYS sur le tapis, il met en scène l’intimiste AVALON, à ne pas confondre avec le film de Mamoru Oshii, et une bio romancée d’un mafieux avec BUGSY.

Photo : TOYS

Même si on lui laisse les mains libres après ses succès, l’incompréhension vis à vis de TOYS ne s’est pas estompée. Même le décorateur Ferdinando Scarfiotti hésite un temps à participer pour les mêmes raisons. Finalement, celui qui aura travaillé auparavant sur LE DERNIER EMPEREUR, FLASH GORDON ou le remake de LA FELINE est persuadé de la viabilité de TOYS après une rencontre avec Barry Levinson. Finalement, les seuls que le réalisateur n’aura pas réussi à convaincre, c’est les spectateurs, qui réserveront un accueil indifférent à TOYS. Le film apparaît encore maintenant comme un véritable ovni cinématographique !

Photo : TOYS

L’empire du jouet Zevo s’est toujours fait sur une certaine idée traditionnelle du jouet et de l’humour sans y injecter d’idées nocives. Dans toutes leurs différentes gammes, il n’y a donc rien d’agressif et encore moins de jouets «violents». Kenneth Zevo ayant toujours perpétué la naïveté du jouet qui accompagne les enfants dans un monde pourtant de plus en plus brutal. Une façon de préserver l’enfant qui aura bien le temps, une fois devenu adulte, de se taper dessus. Les enfants de Zevo, Leslie (Robin Williams) et Alsatia (l’excellente Joan Cusack) ont été élevés ainsi dans une sorte de bulle qui leur a laissé, même à l’âge adulte, cette fraîcheur et cette envie de s’amuser sans rien prendre au sérieux.

Photo : TOYS

Lorsque Leland Zevo (Michael Gambon) prend le contrôle des usines de jouets, cela n’a rien d’une vocation et il part pour s’ennuyer ferme dans cet univers qui est aux antipodes du sien. Il va donc prendre en main les usines pour leur donner un ordre martial qu’elles ne connaissaient pas jusqu’ici, quitte à faire fuir ou terroriser son personnel avec l’aide de son fils Patrick (LL Cool J). En s’intéressant de plus près aux jouets, il trouvera le moyen de pervertir cet univers enchanté pour y apporter tout ce que Kenneth Zevo s’était efforcé de garder à l’écart durant sa carrière.

Photo : TOYS

Jouet meurtrier contre mignonne peluche, c’est un peu le débat au fond de TOYS. L’idée sera d’ailleurs reprise et développée de façon très différente dans SMALL SOLDIERS de Joe Dante. La perversion du monde du jouet ne s’arrête pas à la contamination des jeunes enfants par l’intrusion de la guerre dans leurs jeux. Cela va encore plus loin avec une mise en parallèle avec les guerres «propres» vues sur les écrans de télévision depuis la guerre du Golfe. Des affrontements militaires conduits par écrans interposés supprimant l'aspect horrible d'un conflit. Les auteurs de TOYS vont même jusqu’à induire l’idée que des enfants innocents pourraient être les plus efficaces meurtriers dans les guerres de demain.

Photo : TOYS

Le terme de chef-d’œuvre serait sûrement trop fort pour TOYS mais force est de reconnaître le foisonnement d’idées visuelles ou de passages fort réussis. Barry Levinson et sa comparse s’amusent ainsi à placer des références cinématographiques, certaines évidentes comme celle au pacifique LE JOUR OU LA TERRE S’ARRETA ou d’autres moins claires avec par exemple PATTON (l’impression de déjà-vu de Leland ou le monologue aux troupes de Leslie…). De ses passages référentiels, des décors hallucinants ou des passages humoristiques, TOYS réussit là où beaucoup se sont plantés auparavant et même après. Mettre en boîte un film pour enfants sans mièvrerie, en développant son sujet avec intelligence tout en restant savoureux pour un public adulte !

Photo : TOYS

Visuellement, Ferdinando Scarfiotti et Barry Levinson accouchent d’un univers décalé et délirant ! Tout du moins en ce qui concerne le bon côté, celui du rêve et de la naïveté, qui se met en opposition de par ses couleurs chatoyantes et son inventivité à l’approche plus pragmatique de la guerre et de la destruction. On s’apercevra d’ailleurs dans le récit que les personnages qui incarnent le mal ne font pas preuve d’une grande inventivité et sont la plupart du temps des soldats sans cervelles faciles à berner. Rien que le faux clip vidéo montre l’ingéniosité dont Leslie et Alsatia sont capables pour arriver à leurs fins, alors que l’on aurait pu penser qu’ils n’étaient que de pauvres adultes attardés, au demeurant très sympathiques ! TOYS est en réalité une fable qui joue tout autant de la caricature et de la parodie (Patrick l’expert en camouflage…) pour accoucher d’un univers où finalement personne ne s’étonne de devoir arrêter son véhicule pour laisser traverser des familles de canards jouets qui traversent une route.

Photo : TOYS

Il est assez difficile de rapprocher TOYS de quoi que ce soit qui ait pu être réalisé auparavant. Les décors ou l’univers le rapprocheraient de la comédie musicale, WILLY WONKA ET LA FABRIQUE DE CHOCOLAT, d’après Roald Dahl où un jeune garçon fait partie des heureux détenteurs d’un ticket doré trouvé dans une tablette qui lui permet de visiter la fabrique de chocolats surréaliste de Willy Wonka. L’aspect musical de TOYS, bien que largement moins affirmé par rapport à certains passages musicaux flirtant avec le ridicule dans le film de Mel StuartOompa Loompa» ?), indiquerait une influence non négligeable. Toutefois, si quelques thèmes sont partagés entre les deux films, TOYS se veut beaucoup plus adulte dans son traitement et sa façon de développer les idées générales. Par moments, TOYS rappelle vaguement le souvenir de BRAZIL ou l’espace d’un instant emprunte à sa manière un gag de L’ATTAQUE DES TOMATES TUEUSES mais, à vrai dire, TOYS fait partie de ces films qui ont réussi à imposer leurs visions si particulières que rien ne semble pouvoir leur ressembler, ce qui est tout autant le cas des autres titres cités.

Photo : TOYS

Les décors et les couleurs de TOYS auraient mérité un transfert de haute volée. Ce n’est pas exactement le cas ici ! On omettra de parler des quelques petits défauts de pellicule qui ne sont en rien un problème pour se porter vers des couleurs qui paraissent souvent un peu trop timides. La définition reste satisfaisante même si le résultat aurait sûrement pu être bien meilleur. Certaines séquences, essentiellement d’action, laissent apparaître du grain mais cela est dû essentiellement aux prises de vue et n’a rien à voir avec un défaut du transfert.

Photo : TOYS

Au moins, la piste sonore originale en Dolby Digital 5.1 est de bonne qualité. Ce sont essentiellement les nombreux passages musicaux qui tirent le plus parti de l’environnement sonore multi canal. Les effets sonores ne sont pas en reste mais n’exploitent pas aussi bien le dynamisme avant / arrière. La piste française est honnête mais ne réussit pas à égaler la version originale. Le doublage français est plutôt bon et cette piste s'avère tout de même, bien qu'en simple stéréo surround, une bonne surprise.

Photo : TOYS

Si la Fox s’est montrée un peu plus généreuse aux Etats-Unis en offrant des bandes-annonces et une featurette promotionnelle d’époque où l’on peut découvrir des images du tournage, le disque français est plutôt pingre ! Il n’y a absolument rien pour s’amuser quelques minutes une fois le visionnage du film terminé ! Pas même une bande-annonce, non, rien !

Photo : TOYS

Un vide qui s’explique dans le fait que TOYS est vendu à très bas prix, une douzaine d’euros, en même temps qu’une sélection d’autres titres expédiés de la même façon (COLLEGE ATTITUDE, MAMAN JE SUIS SEUL CONTRE TOUS…).

Photo : TOYS

TOYS, malgré toute son originalité, n’est pas un film parfait. Mais il atteint sans problème son objectif, celui de divertir, amuser et faire réfléchir au passage son auditoire en proposant du jamais vu ! A l’époque de sa sortie, et même maintenant, il semblerait que cela soit une tare. Le petit prix de ce DVD devrait quand même réussir à élargir le nombre de spectateurs qui, espérons-le, tomberont sous le charme de cette fable comique.

Christophe "Arioch" Lemonnier

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