DVD (2)

Reviews (2)

DVD Covers

Videos (1)

Posters

Lobby Cards

 FILM INFOS

 Titre original

 TARGETS

 Autres titres

 CIBLE, LA
 BEFORE I DIE

 Année

 1968

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Peter Bogdanovich

 Scénario

 Peter Bogdanovich
 Polly Platt

 Acteurs

 Boris Karloff
 Tim O'Kelly
 Arthur Peterson
 Monte Landis
 Nancy Hsueh
 Peter Bogdanovich
 Daniel Ades
 Stafford Morgan

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

90 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

 •Commentaire audio de Peter Bogdanovich
ʥ Pr̩sentation du film par Peter Bogdanovich (13mn42)

 

 ON AIME

• Boris Karloff
• Quelques séquences très réussies
• Un petit prix
• Des bonus instructifs

 ON N'AIME PAS

• Sous-titres uniquement en anglais (mais bon c’est déjà ça !)

 VIDEOS

 Bande-annonce

 
 TARGETS

 LA CIBLE

Figure mythique et vieillissante du cinma fantastique, l'acteur Byron Orlok annonce ses proches sa dcision de se retirer du mtier. Il accepte nanmoins de faire une dernire apparition dans un Drive-in o sera projet son dernier film. Pendant ce temps, Bobby Thompson, jeune homme apparemment sans histoire, voue une fascination de plus en plus inquitante aux armes feu.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

TARGETS est le premier film de Peter Bogdanovich. Celui qui deviendra dans les annes 70 le chouchou du public et de la critique avec LA DERNIERE SEANCE (avant de sombrer peu peu dans l'oubli?) n'est pas particulirement amateur de cinma d'horreur ou fantastique, genre qu'il dit mpriser. Contre toute logique, c'est par ce biais qu'il aborde la mise en scne. Mme si TARGETS n'est pas proprement parler un film d'horreur, il rend clairement hommage au genre travers le personnage de Boris Karloff.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Bogdanovich fait ses dbuts comme journaliste de cinma pour la revue Esquire avant de rencontrer Roger Corman. Grand dnicheur de talents, ce dernier lui propose de travailler comme assistant ralisateur sur sa dernire production, THE WILD ANGELS, un film de motards avec Peter Fonda. De son propre aveu, il y apprend tout ce qu'il faut savoir sur la ralisation d'un film. C'est alors que le projet TARGETS se profile, de la faon la plus iconoclaste qui soit.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Corman propose en effet Bogdanovich de raliser un long mtrage avec les contraintes suivantes : Il doit tourner vingt minutes utiles avec Boris Karloff (qui doit l'poque par contrat deux jours de tournage Roger Corman). Ensuite il peut utiliser vingt autres minutes de rushes de THE TERROR, film de Corman tourn cinq ans plus tt avec Boris Karloff. Reste combler quarante autres minutes que Bogdanovich est libre de remplir sa guise.

Excit par le challenge et l'envie de mettre en scne un long mtrage, Peter Bogdanovich accepte. Pour filmer les quarante minutes manquantes il exhume un ancien projet : raconter la vie de Charles Whitman, tristement clbre pour avoir abattu des innocents avec une carabine dans les annes 60. Pas simple de mlanger Boris Karloff, des images d'un film d'horreur gothique et l'histoire d'un sniper fou !

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Avec l'aide de sa compagne de l'poque Polly Platt et des conseils de son ami Samuel Fuller (qui rcrit quasiment intgralement le script) Bogdanovich parvient obtenir un scnario cohrent. Karloff joue son propre rle (en largement plus aigri), celui de Byron Orlok, star vieillissante du cinma fantastique. Le jour de la prsentation de son dernier film ses producteurs (les images du film en question sont bien-sr tires de THE TERROR), il annonce tous qu'il souhaite se retirer. Son ralisateur, interprt par Bogdanovich lui-mme, tente de l'en dissuader, en vain. Orlok a conscience d'tre une antiquit, et se dfinit d'ailleurs comme un anachronisme. L'horreur moderne n'a plus rien voir avec les films gothiques se droulant dans des chteaux hants. La vraie terreur est l, parmi nous : c'est le personnage de Bobby Thompson, le hros de l'autre partie du film qui nous le rappelle.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Les deux parties du film se soudent plus ou moins bien et l'on a parfois la sensation d'assister deux projections en parallle. Le lien entre les deux est assur lors de la sanglante rencontre finale entre Mythe (Orlok) et Ralit (Thompson) : Le jeune sniper fait en effet du Drive-in o l'on projette le film d'Orlok le thtre de sa dernire tuerie. La partie Karloff est assez drle et mouvante. La mise en scne fait la part belle au comdien en le mettant en avant dans presque toutes le scnes. Le fait de trouver Bogdanovich ses cts dans le rle d'un ralisateur favorise l'aspect mise en abme du film. Mme si le style n'est en aucun cas documentaire, on a parfois l'impression d'assister de vraies conversations entre l'acteur et le ralisateur. Les squences les mettant tous les deux en scnes lorgnent plutt vers la comdie et proposent une rupture de ton intressante avec les squences racontant la vie du sniper. A plus de 80 ans, Boris Karloff fait preuve d'autodrision comme dans la scne o il sursaute en se voyant dans une glace et se plait visiblement beaucoup jouer cet autre lui-mme. Il trouve d'ailleurs avec ce film l'un de ses meilleurs rles depuis sa composition de directeur d'asile psychiatrique dans BEDLAM.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

La partie sniper est angoissante souhait, sans jamais chercher justifier ou expliquer les agissements de Thompson. La camra suit le personnage, sorte de gendre idal (brushing et sourire Colgate compris) pouvantable de froideur. Bogdanovich fait montre d'un grand talent dans la cration de l'ambiance et la description des meurtres du sniper. Le ralisateur joue avec nos nerfs la manire d'un Alfred Hitchcock, le personnage du sniper rappelle d'ailleurs parfois par son mutisme le Norman Bates de PSYCHOSE. Nous savons pertinemment que Thompson va passer l'acte mais nous ne savons jamais quand. Nous le voyons acheter des armes, dner en famille, discuter avec sa petite amie? Le dmon qui vit dans sa peau peut se rveiller tout instant. Aprs quelques fausses alertes, il finit par passer l'acte.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Bogdanovich aborde les scnes de violence sans sadisme ni complaisance. La premire squence de folie meurtrire est ce titre tout fait exemplaire : Thompson tue une partie de sa famille et sa petite amie dans une violence dure et sche. A l'aide d'un jeu subtil d'ombres et de lumires ainsi que d'une invention visuelle permanente, la partie sniper constitue elle seule un thriller trs efficace.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Outre les qualits nonces plus haut, la vritable originalit du film rside dans sa faon de raconter l'affrontement de deux mondes, deux visions du cinma. L'ancien contre le nouveau. Le film est rvlateur par sa thmatique du bouleversement que subit la socit (et donc le cinma) durant les annes 70. La guerre du Vietnam, l'assassinat du prsident John F. Kennedy, autant d'vnements qui poussent les jeunes ralisateurs d'alors traiter des sujets plus contemporains sous l'influence du cinma europen d'alors. Orlok reprsente le dinosaure hollywoodien, le cinma d'avant tandis que Thompson incarne la nouvelle figure du cauchemar amricain.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Premier exercice russi, le film enthousiasme la Paramount, mais fait les frais malheureux de deux faits divers tragiques : les assassinats de Robert Kennedy et Martin Luther King entranent l'poque un dbat houleux autour de la violence au cinma. La Paramount sort le film en catimini, l'empchant d'accder un vrai public. Malgr son chec commercial, TARGETS permet Peter Bogdanovich d'enchaner les projets, dont LA DERNIERE SEANCE qui fait de lui l'poque un des ralisateurs les plus priss du Nouvel Hollywood.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Un peu oubli aujourd'hui, le cinaste obtient comme tant d'autres, une nouvelle vie grce au DVD. L'dition Paramount de TARGETS, permet pour un prix modique de (re)dcouvrir le film dans des conditions fort agrables. A part quelques rayures et salets parses, l'image est colore et de belle qualit, mme durant les squences de nuit. La bande son mono est claire et tire bien partie de la voix caverneuse du grand Boris Karloff. Pour complter le DVD, Peter Bogdanovich prsente le film dans un entretien avec Laurent Bouzereau (sous-titr en anglais) entrecoup d'images du film et de photos de tournage. Une interview intressante dans laquelle Bogdanovich replace TARGETS dans son contexte et partage le plaisir qu'il a eu travailler auprs de Boris Karloff. On continue sur le mme ton avec le commentaire audio du ralisateur (non sous-titr) riche en informations et en anecdotes. Contrairement nombre de ses collgues, l'ancien journaliste de cinma s'exprime trs clairement et de manire concise, sans tomber dans la simple paraphrase de ce qui se passe l'image. Bogdanovich explique entre autres quels furent les apports (de son propre aveu trs nombreux) de Samuel Fuller au scnario, ainsi que ses conseils de mise en scne.

Photo : TARGETS (LA CIBLE)

Paramount nous offre donc un film rare, mlant thriller et hommage au cinma horrifique. Un divertissement plusieurs niveaux de lecture, tmoin de son poque, qui donne Boris Karloff son dernier grand rle.

Romain Gadiou

MENUS

TARGETS (LA CIBLE) - Menu DVD TARGETS (LA CIBLE) - Menu DVD

 

 ESPACE MEMBRE

Connexion

Si vous n'avez pas de compte DeVilDead.com : Cliquez ici !

 RECHERCHE


 LES DVD EXISTANTS

 

 DANS LE MEME GENRE

Genre (Beta)

Thriller | Serial Killers

 

Les illustrations et photos contenues sur ce site sont la propriété de leurs éditeurs respectifs.
Les textes contenus sur ce site sont la propriété de DeVil Dead
http://www.devildead.com - devildead@devildead.com