SPLIT

 

Aux alentours de Philadelphie, 3 jeunes sont enlevées à la sortie d’une fête d’anniversaire par un certain Dennis. Il les séquestre dans un endroit confiné, tel un bunker aménagé. Les raisons de leur rapt demeurent incertaines, mais les trois compagnes d’infortune découvrent avec effroi que le kidnappeur souffre de troubles dissociatifs de la personnalité. Dans leur tentative de comprendre ce qui se passe et de s’en sortir, elles font face à différentes personnalités de Kevin (de son nom réel) qui s’octroient tour à tour la lumière, en attente de l’arrivée de la plus terrible d’entre elles : la bête.

Photo : SPLIT

SPLIT signe le retour de M. Night Shyamalan, le célèbre auteur du SIXIEME SENS et d’INCASSABLE. Après avoir réalisé le film d’horreur raté THE VISIT en 2015, il renoue avec le thriller psychologique, l’agrémentant au passage d’un soupçon de fantastique. Pour ce faire, il s’entoure quasiment de la même équipe artistique que pour son précédent film, avec Jason Blum (Blumhouse, qui a également produit OUIJA : LES ORIGINES) à la production, mais assure la réalisation et l’écriture du scénario.

Les film sur des personnalités multiples ont commencé à émailler le cinéma dès le début des années 50 avec le passionnant LES TROIS VISAGES D'EVE de Nunnally Johnson. Pas de drame psychologique pour SPLIT, toutefois. L’histoire de Kevin Wendell Crumb (James Mac Avoy : X MEN DAYS OF FUTURE PAST, X MEN APOCALYPSE) s’inspire de l’histoire réelle de Billy Milligan, au travers du livre de Daniel Keyes - l’homme aux 24 personnalités. Effectivement, Kevin peut revêtir 23 personnalités différentes comme on change d’habit et que sa psychologue le Dr Fletcher interprétée par Betty Buckley (PHENOMENES) a pu identifier. Seule la 24ème personnalité baptisée « la bête » reste incertaine aux yeux de Karen Fletcher. Car elle représenterait plutôt la partie sombre de Kevin, symbole des mauvais traitements subis lorsqu’il était enfant.

Photo : SPLIT

Casey alias Anya Taylor-Joy a déjà été initiée à la survie étant petite. Elle préfère attendre et analyser le comportement des différentes personnalités de Kevin avant d’agir. Ses congénères Marcia (Jessica Sula - SKINS) et Claire (alias Lu Richardson - THE SURVIVORS) ressemblent plus à des dindes écervelées - et préfèrent tenter l’évasion à tout prix (que l’on devine avortée) au péril de se retrouver toutes séparées.

Si le scénario amorce une intrigue très intéressante, la mise en scène experte de M. Night Shyamalan installe le climat d’angoisse dans l’univers confiné du bunker de Kevin. C’est d’ailleurs le résultat que souhaitait obtenir le réalisateur qui est passionné par les espaces limités. Le fait de filmer les co-détenues séparées qui écoutent les bruits et tentent de deviner ce qui passe hors du champ de vision de la caméra provoque stimule clairement l’imagination du spectateur. Par ailleurs, le décor utilisé apparaît simpliste, principalement sur fond clair quasiment nu, mais avec les personnages vêtus souvent de sombre, afin de mieux les mettre en valeur.

Car les personnages possèdent un rôle prépondérant même s’ils ne sont pas nombreux. Les deux amies Marcia et Claire restent cependant secondaires. L’attention se porte essentiellement sur Casey qui opère un réel face à face avec Kevin et toutes ses personnalités. On devine aisément sa force mais également une certaine fragilité à travers son regard expressif (déjà utilisé dans THE WITCH), sa capacité à analyser et à attendre en silence avant d’agir. L’attention du réalisateur se porte d’ailleurs sur son vécu qui représentera ultérieurement une clé de l’histoire. Cependant, il s’agit réellement de James Mac Avoy qui signe une performance d’acteur hors du commun et orchestre tout le déroulement du film à travers toutes les vestes qu’il arrive à enfiler. Ce Norman Bates moderne incarne d’abord Dennis le maniaque de la propreté, lequel représente avec Patricia les deux gardiens, voire le « surmoi » de Kevin, et autorisent ou non les autres à entrer dans la lumière. Puis il se retrouve après dans la peau d’Hedwig, eu enfant de neuf ans avec son cheveu sur la langue que Casey essaiera d’amadouer. Le Dr Fletcher quant à elle détecte qu’à travers Barry le stéréotype du gay amateur de mode qui vient aux séances habituelles, toutes les personnalités de Kevin l’appellent en fait au secours. M. Night Shyamalan introduit dans SPLIT une bonne dose d’humour noir qui permet d’alterner avec les scènes d’angoisse, et autorise même le fou rire.

Photo : SPLIT

Mais Il s’aventure en même temps sur un territoire plus sombre. Le personnage de la bête dont on redoute l’arrivée certaine, s’inspire certainement d’une facette du vrai Billy Milligan nommée Ragen, un Russe pratiquant les arts martiaux et capable de maîtriser sa propre montée d’adrénaline. Le parallèle s’effectue par rapport à la transformation physique qui s’opère à partir du moment où le personnage qui entre dans la lumière est conscient de ce qu’il est.Ici, James Mac Avoy excelle : il réussit à être convaincant dans tous les rôles qu’il endosse, du personnage efféminé à celui de la brute épaisse. On remercie d’ailleurs le réalisateur de l’avoir choisi au détriment de Joaquin Phoenix qui a failli avoir le rôle !

SPLIT est à la manière de THE AUTPOSY OF JANE DOE un hommage aux bonnes vieilles séries B avec un huis clos se déroulant dans un univers simple et en utilisant peu de personnages. Les performances des acteurs tiennent en haleine jusqu’au bout, et l’histoire originale se permet de nous propulser dans les méandres su cerveau humain. M. Night Shyamalan prouve à travers SPLIT sa versatilité et sa capacité d’alterner les styles , et qu’au bout du compte il arrive toujours à surprendre.

Anne Barbier

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