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 FILM INFOS

 Titre original

 GIORNATA NERA PER L'ARIETE

 Autres titres

 JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER
 EVIL FINGERS
 FIFTH CORD, THE

 Année

 1971

 Nationalité

 Italie

 Réalisation

 Luigi Bazzoni

 Scénario

 Mario Di Nardo
 Mario Fanelli
 Luigi Bazzoni

 Musique

 Ennio Morricone

 Acteurs

 Franco Nero
 Silvia Monti
 Wolfgang Preiss
 Ira von Furstenberg
 Edmund Purdom
 Rossella Falk
 Renato Romano
 Agostina Belli

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 David McDonald Devine

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Le Chat Qui Fume

Format Disque

Double Couche

Durée

89 minutes

Format Image

Format Sonore

Italian

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Vittorio Storaro et Franco Nero (28mn18)
 • Film annonce
  • Journée noire pour un bélier
  • La fille au pyjama jaune
  • Le venin de la peur
  • L'antéchrist§

 

 ON AIME

• Une interview en bonus absolument passionnante
• Une photographie à tomber à la renverse
• Une très belle copie

 ON N'AIME PAS

• Un scénario médiocre à la résolution idiote

 VIDEOS

 Trailer

 
 JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER

 GIORNATA NERA PER L'ARIETE

Andrea Bild (Franco Nero), un journaliste alcoolique, enquête sur l’agression d’un professeur d’anglais et le meurtre d’une femme infirme. Ses recherches mettant en cause les actionnaires du journal où il travaille, il vient à être relevé de l’enquête journalistique… mais se retrouve soupçonné par l’inspecteur de police, puisque se trouvant au carrefour des morts qui s’empilent.

Photo : JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER (GIORNATA NERA PER L\'ARIETE)

Suite aux succès de LA DONNA DEL LAGO, très beau conte gothique en noir et blanc, et le réussi L’HOMME, L’ORGUEIL ET LA VENGEANCE, Bazzoni se trouve quelque peu coincé entre des projets qui ne se concrétisent pas et des périodes d’inactivité. La mode des Gialli bat son plein, et il se voit proposer un projet de suspense à l’italienne. Marchant sur les pas de Dario Argento qui remporte d’énormes succès publics avec ses OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL et autres CHAT A NEUF QUEUES, le thriller à consonance animalière vit de beaux jours. On a eu l’oiseau, l’iguane, le chat, on vous a parlé récemment d’un lézard… pourquoi pas le bélier? ce sera donc GIORNATA NERA PER L’ARIETE, soit donc JOURNEE NOIRE POUR LE BELIER. Tout comme pour les autres titres de thrillers transalpins, cette résonance énigmatique tendance Marlyse De la Grange trouvera son explication dans les ultimes minutes du film : fatalement capillotractée. D’autres éléments propres à l’univers de Dario Argento se retrouvent ça et là : comme le même directeur photo que pour L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL, ainsi que le choix du même compositeur que les trois derniers Gialli du maître, à savoir Ennio Morricone. On y retrouve aussi ce même gout du récit centré sur l’antihéros qui mène l’enquête en lieu et place de la police. Là aussi, le même choix narratifs que les trois premiers thrillers made in Argento (voire aussi ses suivants!)

Très loin d’un classique du genre, le film se permet malgré tout de tenir la dragée haute aux cascades de Gialli qui verront le jour jusqu’à la fin de la vague vers 1978 - hormis peut-être LES FRISSONS DE L’ANGOISSE. Faute en est au scénario qui empile les incohérences et les scènes sans réelle logique. On aurait pu avoir quelques meurtres de plus que cela n’aurait pas changé grand chose à l’affaire. C’est un peu la marque de fabrique de Mario Di Nardo, livrant déjà un scénario minable pour L’ILE DE L’EPOUVANTE, à la grande colère de Mario Bava. Les motivations du meurtrier prêtent plutôt à sourire au final, l’incrédulité prenant le pas sur la logique. Une explication ridicule, n’ayant pratiquement aucun rapport avec la trame en elle-même.

Photo : JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER (GIORNATA NERA PER L\'ARIETE)

Atout évident dans ce type de produit : les torrents de nudité gratuite qui parsèment le film, assurant un intérêt minimal de la part du public principalement visé. Voire la scène totalement inutile, longue et appuyée de l’accouplement entre Agostina Belli et son bellâtre devant les vieux messieurs voyeurs. Cela devait répondre probablement au cahier des charges requis. Tout comme l’inépuisable plan sur le whisky J&B, LA marque d’alcool du genre italien! De la violence, de la nudité, il ne manque plus qu’un soupçon d’homosexualité… on y a aussi droit. Invariablement représentée en Italie en victimes ou en paranoïaques tendance névrotiques. Ce qui demeure au final étonnant de la part d’un réalisateur qui était gay.

Franco Nero, joue ici un loser magnifique. On peut penser qu’il s’agisse d’un choix atypique. Pas vraiment… On sent une inspiration de l’écrivain en perdition de L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL mélangé au personnage du journaliste (James Franciscus) dans LE CHAT A NEUF QUEUES. Nonobstant ces similitudes, un alcoolique comme (anti)-héros, ça a de la gueule. Ceci au milieu d’un récit qui donne la part belle aux femmes. Même si celles-ci se retrouvent plus victimes des hommes qu’autre chose. Une véritable foule en perdition de repères, aux jeux de regard à double signification. Un ressort narratif typiquement argentesque, par ailleurs, sur l’interprétation de ce que l’oeil humain peut voir - jusqu’à s’y méprendre, voire ne pas prêter attention aux détails les plus insignifiant - quoique crevant les yeux!

Photo : JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER (GIORNATA NERA PER L\'ARIETE)

L’intérêt se trouve ailleurs : dans la forme que revêt cette JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER. Et là, quelque chose d’extraordinaire se produit. On assiste à une maitrise incroyable de l’espace, une vision architecturale de la mise en scène du film. Une obsession des escaliers, longue marche vers la résolution…ou descente aux enfers de son protagoniste principal? Ou qui simplement prépare aux dernières scènes du film, dans un véritable jeu de plate-formes avant l’heure? En tous cas, leur perspective agit comme une ligne serpentine chère à William Hogarth. Atteindre le beau visuel, gérer le désordre, créer des points de fuite visuels parfois audacieux. Une symétrie des éléments, pas forcément en rapport avec la thématique du film (voir le plan final en ce sens), mais d’une beauté, d’une rigueur qui transcendent la médiocrité du scénario. Une mise en scène qui dynamise l’image, la travaille en profondeur. Et bien sûr le magnifique travail de Vittorio Storaro, indiquant dans les bonus avoir refusé de tourner avec Antonioni pour tourner avec son ami de toujours, Luigi Bazzoni. Il s’agit de ce cachet technique qui rend le film si particulier, et au-dessus de la mêlée. Voire la scène du supplice de Rossella Falk (vers la 24e mn) : caméra au ras du sol, avançant de manière inéluctable, sous un pluie de lumière ajustée, aux couleurs nettes, propres, un cadre incroyable… la menace pointe, précise et frappe brutalement. De même avec le duel final, rappellent par ailleurs le travail effectué par Duccio Tessari dans UNA FARFALLA CON LE ALI INSANGUINATE. Un festival de contrastes entre couleurs chaudes, froides, parfaitement maitrisées quand à leur présence au sein de scènes extérieures (la poursuite dans le bâtiment abandonné), intérieures (la mise à mort de Rossella Falk), ainsi que les clairs-obscurs/ombres chinoises de la scène de voyeurisme. Un très, très grand travail d’orfèvre.

Photo : JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER (GIORNATA NERA PER L\'ARIETE)

Pour la première fois en France, le film est présenté en version DVD. Ce qui va changer de la VHS Delta Video d’il y a quelques 35 ans (!), sorti sous le titre JOUR MALEFIQUE. Le film est déjà sorti un peu partout en Europe, voire aux USA chez Blue Underground en 2006 sous le titre THE FIFTH CORD - nom du livre dont est inspiré le film-. Mais la France restait aux abonnés absentes. Voici qui se trouve réparé. Le film se trouve au format original 1.85:1, sur un DVD double couche, DVD de zone 2, signal 16/9e et d’une durée complète de 88mn50 - hors logo de Surf Films, qui a par ailleurs sorti le film en dvd en Italie courant 2008.

Le DVD se trouve dans un digipack s’ouvrant en un joli triptyque agrémenté d’images en provenance d’affiches du film. Un très beau menu animé, avec à chaque sélection (langues, bonus, remerciements) un choix des différentes musiques d’Ennio Morricone. Un soin particulier qui fait plaisir à voir. Hélas, aucun accès par chapitres à l’horizon. Deux pistes audio en Dolby Digital mono 2.0 : la version italienne (disponible avec des sous-titres amovibles français) et le doublage français. Ce dernier possède un souffle beaucoup plus important que son confrère italien. Très présent lors de moments sans aucun dialogue ni musique (exemple : l’agression dans le tunnel, vers la 7e minute, ou seuls le vent et quelques gouttes d’eau se perdent dans un souffle proéminent). Ce qui n’empêchent en rien les dialogues de demeurer audibles, ni de profiter des différents et riches thèmes développés par Morricone. Amusant de constater par ailleurs que la leçon de français dispensée dans la VO (vers 35mn35) disparait totalement du doublage français! Une préférence ira pour le doublage italien, enregistré de manière plus douce et moins agressive.

Photo : JOURNEE NOIRE POUR UN BELIER (GIORNATA NERA PER L\'ARIETE)

Hormis le générique italien perclus de griffures et saletés (qui semble avoir été repris d’une autre copie?), on se trouve en présence d’un très bel ouvrage. Ce dès la scène d’ouverture; Couleurs chaleureuses, contrastes superbement gérés, notamment sur les multiples jeux d’ombres et de lumières savamment développés par Vittorio Storaro à la photographie. Son travail donne un indéniable lustre particulier au film. Et la copie présentée ici sait restituer le meilleur de ce qu’un DVD peut apporter au spectateur. Pas de trace notable d’artefact de compression, c’est un vrai plaisir pour l’oeil. Hormis un Blu Ray de belle qualité, on ne voit pas ce qui peut arriver de mieux au film.

Côté suppléments, C’est Federico Caddeo pour Freak-O-Rama qui réalise, pour l’éditeur Le Chat Qui Fume, une interview croisée entre Vittorio Storaro et Franco Nero. Enfin un bonus passionnant, adroitement filmé et monté, qui sait se départir de la sempiternelle bio aux allures d’imdb, pour analyser, détailler et apporter la réflexion nécessaire à la compréhension des enjeux du tournage et du film. Storaro livre de plus une vision très respectueuse, fine du travail de Bazzoni. Les propos cohérents et intelligents des deux intervenants complètent adroitement la vision du long-métrage, apportant une perspective insoupçonnée : une amitié indéfectible remontant à la fin des années 50, des liens d’une force peu commune entre le réalisateur et ses deux comparses. Qui donne lieu ainsi à un film malgré tout peu commun. 4 films annonce du catalogue de l’éditeur terminent cette édition qui vaut très largement le détour.

Francis Barbier

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