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STRANGE DAYS


Nous sommes en 1999 et le monde se prépare pour le passage à l'an 2000. Une technologie développée par le FBI permet d'enregistrer tout ce que voit et ressent une personne. Forcément, une telle technologie se retrouve sur le marché noir dont Lenny Nero, ex-flic, est l'un des nouveaux dealers. Son truc, proposer à ses clients ce qu'ils ne pourraient vivre dans leur vie de tous les jours (Sexe ? Violence ?). Pourtant, Lenny a une morale et ne veut pas toucher à des enregistrements où la personne qui enregistre vient à mourir !

Lors de sa sortie, nous n'avions pas apprécié STRANGE DAYS. Pour deux raisons évidentes et chacune d'elles pose le même problème. C'est à dire que l'histoire pourrait fonctionner de la même façon ou presque, sans deux éléments sur lesquels reposent le film. C'est à dire le passage à l'an 2000 ainsi que la technologie permettant d'enregistrer des bribes de vies. En ce qui concerne le fameux passage en l'an 2000, il est étrange d'entendre parler de passage au millénaire suivant puisque la charnière aurait dû et s'est déjà faite une année plus tard. Peu important puisque finalement, l'histoire, intrinsèquement, ne repose en rien sur cela. Sauf dans l'idée que le passage au prochain millénaire serait une sorte de date charnière où tout pourrait basculer dans le chaos. Malheureusement, l'univers dépeint dans STRANGE DAYS n'anticipe sur rien. Des semblants d'émeutes dans les rues ? Des militaires pour faire régner l'ordre ? Tout cela n'a rien de nouveau, il suffit de regarder chaque jour les infos pour s'en rendre compte (ce qui était déjà le cas lors de la sortie du film !).

On en arrive à l'élément fantastique du film qui s'avère n'être rien de plus qu'un prétexte tant il passe au second plan. Le héros serait un revendeur de cassettes vidéo que cela ne changerait pas grand chose à l'histoire. Alors qu'une telle technologie aurait pu amener nombre de possibilités, STRANGE DAYS ne l'utilise que pour nous servir un thriller. La fin du film elle-même nous laissant carrément avec un goût de déception tant le reste du métrage fait monter la sauce pour un résultat un peu trop banal ! Il n'y a que bien peu de scènes à tirer complètement parti de l'idée "principale" : Lenny vivant des enregistrements de son passé, un paraplégique courant sur la plage et le machivélisme d'un tueur tordu. Avec la même technologie dans les mains, Douglas Trumbull avait signé une vingtaine d'années auparavant un film, peut-être moins aguicheur mais certainement plus "intelligent". Dans BRAINSTORM, on nous parlait des problèmes philosophiques que pourrait engendrer une technologie de ce type ainsi que ses dérives (perpétrées, comme souvent par des militaires). Même d'un point de vue purement technique, BRAINSTORM proposait déjà une transition entre les parties subjective et objective en utilisant la bande sonore qui passait alors du Mono au Dolby Surround. Sans oublier la transition par l'image (changement de format), une idée non retenue dans STRANGE DAYS. Il n'y a donc rien de véritablement novateur dans STRANGE DAYS et il faut bien se rendre à l'évidence, encore une fois, il fonctionnerait de la même manière s'il devait s'agir d'une course à la recherche d'une preuve compromettante se déroulant de nos jours (quoi que nous sommes en 2001 voire prochainement en 2002, notre époque étant postérieure à l'action du film !).

En redécouvrant le film sur Laserdisc, et à présent sur DVD, nous le voyons sous un autre jour. Toujours avec la déception de voir une idée de départ intéressante gâchée par un traitement trop terre à terre, nous prenons tout de même un certain plaisir à le regarder. Normal puisque Kathryn Bigelow sait y faire avec une caméra. Elle nous l'a déjà prouvé avec AUX FRONTIERES DE L'AUBE, l'excellent BLUE STEEL et POINT BREAK. Des films carrés et bien torchés ! A ce niveau-là, il n'y a rien à dire STRANGE DAYS est au diapason.

Pas d'erreur sur ce DVD, le son et l'image pourraient presque prétendre à la perfection. Surtout la bande-son anglaise particulièrement démonstrative en raison d'ambiances surround décuplées lors des passages en vue subjective. La version française est un peu en deçà puisqu'elle est présentée en Dolby Surround. Forcément, la dynamique est moindre et le rendu des canaux arrière est bien moins saisissant.



En dehors de la présentation des premières minutes du film sous la forme d'une sorte de commentaire audio par Kathryn Bigelow, les autres suppléments n'ont pas été produits spécialement pour cette édition. Il a suffi à l'éditeur de reprendre les bonus déjà présents sur le Laserdisc américain sorti depuis très longtemps. Si ce n'est qu'une galerie de photos ainsi que le vidéo-clip de Skunk Anansie ont totalement disparu. Etrange dans le sens où le DVD est un pas en avant et, tant qu'à faire, on pensait pouvoir retrouver, au moins, l'équivalent de ce qui existait auparavant. Ce n'est pas le cas ici tout comme ce n'est pas le cas d'un grand nombre de DVD sortant chaque année, dont divers bonus existent et n'arrivent pas à atteindre le nouveau support numérique ! C'est sans compter non plus l'existence d'un DVD anglais proposant une petite Featurette (6 minutes en gros). Même s'il ne s'agit pas du même éditeur qui dispose des droits outre-manche, on se demande pourquoi ces malheureuses minutes n'ont pas été ajoutées.

Revenons sur le commentaire audio qui n'en est pas vraiment un. En réalité, le discours de Kathryn Bigelow à propos de la première séquence du film n'a pas été enregistré spécifiquement pour le DVD. Il s'agit en fait d'une présentation que la réalisatrice a donnée auprès d'une audience il y a quelques années (probablement une école de cinéma). Il n'est donc pas étonnant que ce qu'elle raconte ne colle pas avec les images du film. La jaquette du DVD ne présente d'ailleurs pas ce bonus comme un commentaire audio mais bel et bien comme une "présentation", ce qui est exactement le cas. Néanmoins, il aurait été plus judicieux de le présenter de manière différente (avec un montage de photos ?) tout en le replaçant dans son contexte. Car une fois que l'on a entendu l'introduction à ce bonus par le producteur, le film démarre et il faut attendre la fin de la scène dont parlera la réalisatrice avant que celle-ci ne se mette à parler. Logique puisque c'est ce dont elle va parler. Néanmoins, à l'usage, cela paraît fort étrange étant donné que nous avons déjà vu le film auparavant. De plus, toute sa présentation ne correspond plus du tout aux images présentées ensuite. Gênant, dans le sens où le DVD permet justement de créer des bonus interactifs et pas simplement de coller un discours déterré pour l'occasion sur le film. Plus qu'une présentation, la réalisatrice donne carrément un cours sur la manière de filmer une telle scène : les contraintes et les problèmes rencontrés. Le spectateur moyen pourra trouver cela un peu trop technique pour être attractif. Il n'en reste pas moins que cette présentation est bien plus fournie en informations que d'autres commentaires audio vus sur certaines éditions DVD.

Des deux bandes-annonces proposées, il en est une qui peut se voir comme une extension du film. En fait, toute la bande-annonce nous montre Lenny Nero essayant de vous convaincre comme ses autres clients des bienfaits de ce qu'il vend. C'est bien entendu ce que l'on appelle un "Teaser". C'est à dire une pré-bande-annonce diffusée dans les salles bien avant la sortie du film histoire d'appâter les spectateurs. Elle est présentée avec un petit texte d'introduction mais étrangement nous n'avons pas pu déclencher de sous-titrage sur celle-ci. Pas plus que sur l'autre bande-annonce elle aussi précédée d'un petit texte.

Tout comme pour les bandes-annonces, les deux scènes coupées ont un petit texte, histoire de les replacer dans leur contexte. Une initiative assez rare puisque généralement ce type de bonus est jeté sur le disque à la va-vite. Pour la qualité, on n'obtient pas plus que celle déjà proposée sur le Laserdisc américain. Ne vous attendez donc pas à une image du calibre du film. Parmi les deux scènes, qui sont sous-titrées, il n'y a que " Augmenter le gain " qui vaille le détour. On y trouve Lenny essayant de découvrir l'identité d'un assassin en poussant dans ses retranchements son cerveau et l'enregistrement d'un meurtre. L'autre scène est bien plus anecdotique.

Si STRANGE DAYS avait développé la plupart des bonnes idées du film pour les transcender, nous aurions crié au génie. Finalement, on se retrouve devant un thriller efficace et bien torché dont le DVD retranscrit à merveille l'image et le son.

Christophe "Arioch" Lemonnier

ON AIME
Excellente qualité audio/vidéo
Présentation de Kathryn Bigelow

ON N'AIME PAS
La façon dont est proposée la présentation de Kathryn Bigelow

Meilleures scènes

  • Les souvenirs de Lenny
    (Chapitre 4)
  • Un snuff
    (Chapitre 9)
Année : 1995

Durée : 139 minutes

Acteurs :
Ralph Fiennes
Angela Bassett
Juliette Lewis
Tom Sizemore
Michael Wincott
Vincent D'Onofrio

Réalisateur :
Kathryn Bigelow

Scénario :
James Cameron
Jay Cocks

Musique :
Graeme Revell

Format disque :
Double Couche

Format Image :

Format sonore :
Anglais : 
Français : 

La bande-son codée sur 2 canaux est en surround et il est possible de la décoder en

Sous-titrage :
Anglais
Français

Les Suppléments

  • Présentation audio de Kathryn Bigelow
  • Scènes coupées
    • Augmenter le gain
    • Au Bonaventure
  • Bandes-annonces
    • Teaser
    • Trailer

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