La seule "originalité" réside dans le mode de transmission
de l’esprit d’Horace Pinker. Si le concept rappelle un certain extra-terrestre
qui se cache (HIDDEN
en anglais) dans l’estomac de ses hôtes, le boucher de familles a préféré
la voie électrique. Quoi de plus normal pour un réparateur de T.V. adepte
de la magie noire ? Les multiples changements de possédés nous réserveront
une mémorable scène : une gamine crache sur un jogger implorant à l’aide
et prend les commandes d’une tracto-pelle pour poursuivre Jonathan.
Rien que pour cette séquence ce film mérite qu’on lui prête attention.

Les apparitions
d'Alison (Cami Cooper)
font également partie des moments les plus réussis du métrage. Craven
se passe de la bimbo de service et gagne ainsi en dramatique lorsque
Jonathan la retrouve dans la baignoire (le jour de son anniversaire).
Elle deviendra son ange-gardien ce qui offrira aux spectateurs des instants
rares pour un tel film : une relative douceur au milieu de l’horreur.

Enfin on retiendra
l’affrontement final tout simplement démentiel où Horace et Jonathan
s’affrontent en passant de programmes TV en programmes TV. L'occasion
pour l'équipe des effets spéciaux de faire une démonstration de leur
savoir-faire (encore aujourd'hui ils passent plutôt bien).

Il ne faut pas
compter par contre sur les bonus pour nous motiver à l’achat : une bande-annonce,
des notes de production et les indétrônables biographies des principaux
intervenants. Seule la présence de la bande son française réhausse le
niveau de cette édition. L’image, quant à elle, souffre de quelques
poussières mais rien de vraiment gênant lors de la vision.

En définitive
le seul réel bémol que l’on pourrait évoquer est son traitement de la
peine de mort. Même si le but initial n’est pas de relancer ce sensible
débat, on peut rester dubitatif devant la logique du héros lors de l’arrestation
de Pinker qui peut se résumer à : "je mérite de le voir mourir".
Sachant que la chaise électrique n’est pas le moyen le plus élégant
pour assouvir cette vengeance, j’aurais apprécié ne serait-ce
qu’une réplique pour modérer ce propos. Ceci reste relativement mineur
et Pinker reste un des mes boogeymen préféré.
Pierre-Yves
"Lord Taki" Taczynski