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 FILM INFOS

 Titre original

 ARMAGUEDON

 Année

 1977

 Nationalité

 France /  Italie

 Réalisation

 Alain Jessua

 Scénario

 Alain Jessua

 Musique

 Astor Piazzolla

 Acteurs

 Jean Yanne
 Alain Delon
 Michel Duchaussoy
 Michel Creton
 Michele Cotta
 Anna Gaylor
 Jeanne Herviale
 Marie Déa
 Robert Dalban
 Renato Salvatori

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 David Lippincott

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

89 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Interview d’Alain Jessua (8mn)
 • Bande annonce cinéma
 • Filmographies
  • Alain Jessua
  • Alain Delon
  • Jean Yanne
  • Renato Salvatori
 • Présentation Collection Alain Delon

 

 ON AIME

• Un thriller allant crescendo

 ON N'AIME PAS

• Alain Delon trop sûr de lui
• Une interview trop courte du réalisateur dans la section bonus

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 ARMAGUEDON

 

«C’est moi, que le monde a oublié»...
Alain Jessua annonce, dans l’entretien accordé pour la sortie du DVD, qu’ARMAGUEDON est le film cauchemar de sa vie. Sa seconde collaboration avec Alain Delon, faisant suite à TRAITEMENT DE CHOC, fut plutôt houleuse.

Photo : ARMAGUEDON

Nonobstant ce fait, et malgré un accueil public aussi distant qu'ont pu l'être les critiques de l’époque, Alain Jessua prouve ici qu’il se situe à l’avant-garde des phénomènes sociétaux. Jean Yanne joue le rôle de Louis Carrier qui, à la suite d’un héritage, décide que l’on fera parler de lui et se fait appeler Armaguedon. Mais les moyens qu’il utilise se révèleront dramatiquement dangereux. Un psychanalyste de renom (Dr Ambrose joué par Alain Delon) va aider la police afin de retrouver Armaguedon et l’empêcher de mettre son plan à exécution.

Photo : ARMAGUEDON

Le film ne se perd pas en conjecture et rentre de suite dans le sujet. Une durée réduite et un montage serré donnent une impression d’urgence à l’ensemble. Les dialogues sont aussi tranchés, très courts, au diapason des plans («C’est rare, un français qui lit la bible»). Ceci peut expliquer la rapidité de la scène dans laquelle Alain Delon sauve une jeune suicidaire (qui essaye de sauter d’un immeuble, une même scène que l’on retrouve dans JEU DE MASSACRE ou LES COULEURS DU DIABLE), la scène pour introduire le docteur justement (Armaguedon/Louis Carrier menace Mick Jagger !) ou encore la facilité déconcertante qu’Alain Delon possède pour déceler les motivations d’Armaguedon. Un peu d’ailleurs, comme s’il se posait en précurseur des profileurs modernes si répandus dans les séries et films plus récents.

Photo : ARMAGUEDON

On sent une sorte de tendresse envers Louis Carrier, une étrange mansuétude du regard. Même dans ses actes les plus vils, jusqu’à sombrer dans un poujadisme délirant et quasi-psychotique (sa diatribe finale est hallucinante !).Cependant, si on ne peut que louer l’interprétation de Jean Yanne, ambigu à souhait, et ressentir un certain attachement (dont fait preuve aussi le réalisateur/scénariste), autant Alain Delon dessert le propos. Trop sûr de lui, trop évident, même sa petite crise (à environ 47mn) semble trop plaquée et artificielle. Les ennuis rencontrés par Alain Jessua sur le tournage avec cet acteur semblent aller en ce sens.

Photo : ARMAGUEDON

Curieusement, Louis Carrier se fait aider sans sa tâche par un géant un peu simple d’esprit, répondant au surnom d’Einstein. Renato Salvatori apporte une sensibilité peu commune à son personnage de brute au grand coeur, le dernier plan du film étant à ce titre bizarrement émouvant. Mais Carrier est aussi un monstre de sang froid, calculateur, que l’on découvre bordé de haine. Il ne possède qu’un soupçon de gentillesse intéressée envers Einstein, qu’il manipule comme les autres (sa famille, le Dr Ambrose, etc.) et le transforme en terroriste kamikaze.

Photo : ARMAGUEDON

Fait rare dans les années 70 en France, Alain Jessua mentionne à plusieurs reprises dans ses films des personnages gays exempts de tout jugement et de tout regard moral (Robert Hirsch dans TRAITEMENT DE CHOC...). Ainsi dans ARMAGUEDON, c'est la vision d’un bar où se trouvent plusieurs gays, enlacés autour d’une table de billard, où Jean Yanne ramasse un gigolo. Un peu plus loin, il fait de même avec une prostituée afin de procéder à une mise à mort sauvage. On y ressent une véritable érotisation du macabre doublé d’un fétichisme qui touche au malaise. Voyeurisme, mort spectacle… là aussi la scène de cabaret dans LES COULEURS DU DIABLE y trouve un écho.

Photo : ARMAGUEDON

ARMAGUEDON est à l’avant-garde de ce qui se passe depuis quelques années quant à l’influence de la télévision et son irruption, dans la vie de tous les jours. La même année, André Cayatte utilisera la télévision en ce sens dans A CHACUN SON ENFER, la dénonciation mise à part. Chez Jessua, il s’agit plutôt de l’abrutissement des masses par la stupidité de ses programmes. Mais également le pouvoir radical que cette télévision exerce puisqu'elle est au centre de toute communication. Sur un ou trois écrans, y règnent contrôle, trafic de la réalité, accès à la célébrité et, au final, un prisme déformant. Jessua annonce dans le spectacle final un Jacques Martin en devenir avec son divertissement spectacle «Welcome La vie», faussement empathique, hypnotique de connerie. Le film est à cet égard visionnaire d’une société spectacle qui fait aujourd’hui de l’individu un spectacle à part entière. La volonté de Carrier, être entendu, réveiller une France endormie, reste louable en soit. Mais les moyens mis en oeuvre pervertissent son idée jusqu’à la rendre nauséeuse. Dans ce thème de l’individu seul face à un groupe social qui ne le comprend pas forcément, le rejette et cherche à le détruire, on peux le rapprocher d'oeuvres comme JEU DE MASSACRE, TRAITEMENT DE CHOC, PARADIS POUR TOUS ou FRANKENSTEIN 90.

Photo : ARMAGUEDON

L’enracinement social du discours reste de ce fait toujours aussi fort. La fable sociale et politique de TRAITEMENT DE CHOC trouve sa prolongation logique dans ARMAGUEDON. Les références politiques et économiques y subissent là aussi des attaques en règle. Le PDG de Mercedes Benz se voit ainsi considéré comme le chef d’une usine d’esclaves !

Photo : ARMAGUEDON

Visuellement parlant, on peut noter une omniprésence de la couleur rouge (que l'on retrouvera aussi, encore plus présente, dans LES COULEURS DU DIABLE) –entre autres les plans à 39 mn et 48 mn 20- qui tranche avec une mise en avant de la grisaille. Le début du film, se déroulant dans une banlieue urbaine quelconque, rappelle l’origine du désespoir, de la frustration, de l’ennui comme terreau du malaise ambiant. Cette vision noire du milieu urbain, entre pauvreté, peur et désoeuvrement, se retrouve aussi à plusieurs reprises au long de la filmographie d’Alain Jessua. Ainsi dans LES CHIENS en passant par certains plans de FRANKENSTEIN 90 où la créature erre dans rue avec des immeubles en construction.

Côté musique, Alain Jessua a choisi le célèbre compositeur argentin Astor Piazzolla. Un choix de musique latine, à rapprocher ainsi de la partition de TRAITEMENT DE CHOC. Ici, la musique détachée et nostalgique d’Astor Piazzolla renforce à merveille le désenchantement de la situation et la solitude innée de Louis Carrier.

Photo : ARMAGUEDON

Hormis les habitués (la monteuse Hélène Plemiannikov et la toujours excellente Anna Gaylor), on retrouve d'autres noms connus au générique. Tel l’assistant réalisateur Tony Aboyantz –habituellement assistant de Jean Girault -. Michèle Cotta dans le rôle d’une journaliste TV. Ou encore Adolfo Bartoli, assistant cameraman, qui deviendra un chef opérateur régulier de la firme Full Moon avec des films comme THE PIT AND THE PENDULUM de Stuart Gordon, DEMONIC TOYS, OBLIVION et OBLIVION 2, jusqu’à la version de 2001 de SHE avec Ophélie Winter !)

Photo : ARMAGUEDON

La copie présentée ici garde un aspect pâle (par exemple à 12mn, lorsqu’ils entrent dans l’Hôtel Riviera). Au plan à 13mn04, les scènes intérieures manquent de contrastes et demeurent trop sombres. Il faut songer à modifier les réglages de son écran afin d’obtenir un résultat hélas pas toujours optimal. A voir en ce sens la scène de double mort par électrocution (52mn33), là aussi beaucoup trop sombre. Ceci dit, la copie demeure largement recommandable , malgré un changement de couche très visible (55mn). Le film se termine enfin brutalement à la 89eme minute, sans générique ni panneau de fin. Le format original du film est respecté et le spectateur se voit gratifié d’un transfert 16/9eme.

Pour le côté sonore, la version originale française en mono sur deux canaux est limpide. On note également la présence de certains sous-titres français amovibles non indiqués sur le menu et la jaquette. Les sous-titres apparaissent lors de scènes se déroulant à l’étranger ou avec l’intervention de dialogues étrangers.
Enfin, la jaquette du DVD ne présente aucunement l’affiche originale (qui n’est visible qu’au gré du menu animé du DVD) mais s'axe sur l'habillage d'une Collection Alain Delon de Studio Canal. Il faudra donc se contenter d’un visuel bleuté particulièrement laid et passe-partout qui se retrouve également dans le menu animé.

Photo : ARMAGUEDON

En sélectionnant la section bonus, on découvre le plaisir d’entendre Alain Jessua parler sans langue de bois du tournage, en replaçant le film dans le contexte de sa carrière de réalisateur. Les ennuis rencontrés avec Alain Delon y sont exposés sans colère, mais expliquent clairement certains faits. On a parfois peine à croire jusqu’où cela a pu aller ! On regrettera cependant la brièveté de l’entretien, qui semble avoir été réalisé dans la foulée d’un autre effectué pour les bonus de TRAITEMENT DE CHOC. La bande annonce cinéma est légèrement trompeuse, il faut le reconnaître, puisque basée sur un duel Yanne / Delon ce qui n'est pas vraiment le sujet du film ! Des filmographies et la présentation de la Collection Alain Delon complètent l’édition.

Photo : ARMAGUEDON

Louis Carrier finit par lâcher dans le film «Ce qui fait réagir, c’est la peur. Les gens écoutent car ils ont peur». Tout comme pour TRAITEMENT DE CHOC, force est de reconnaître que trente ans après, le discours était prémonitoire. ARMAGUEDON demeure ainsi un thriller sociologique d’une actualité surprenante.

Francis Barbier

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