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 FILM INFOS

 Titre original

 FRANKENSTEIN 90

 Année

 1984

 Nationalité

 France

 Réalisation

 Alain Jessua

 Scénario

 Alain Jessua
 Paul Gegauff

 Musique

 Armando Trovajoli

 Acteurs

 Jean Rochefort
 Eddy Mitchell
 Herma Vos
 Fiona Gelin
 Ged Marlon
 Anna Gaylor
 Serge Marquand
 Marc Lavoine

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 Mary Shelley

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

92 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• La cohérence de thèmes traités par Alain Jessua

 ON N'AIME PAS

• Absence de bonus

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 FRANKENSTEIN 90

 

On a un peu de mal à comprendre ce qui a poussé Alain Jessua a réalisé FRANKENSTEIN 90. Sorti des semi échecs publics successifs des CHIENS et de PARADIS POUR TOUS, il entreprend une modernisation du roman de Mary Shelley, Frankenstein, avec la complicité scénaristique de Paul Gegauff (ancien scénariste de Claude Chabrol, sur NADA ou LES NOCES ROUGES). Malgré une campagne publicitaire massive, le film ne rencontra pas du tout son public à l’époque et la critique l’assassina. Plus de vingt ans après, force est de constater qu’il y a de nombreuses raisons à cela.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Alain Jessua tente à la fois un hommage à Mary Shelley mais aussi aux oeuvres de James Whale, faisant la jonction entre sa version de FRANKENSTEIN en 1931 et de LA FIANCEE DE FRANKENTEIN en 1935. Ainsi le Dr Victor F. (Jean Rochefort plutôt apathique), brillant cybernéticien, tente de suivre les pas de ses ancêtres en créant un être à partir de morceaux humains et doté d’un cerveau électronique. Si l’opération est un succès, il n’en reste pas moins que la créature (Eddy Mitchell) se sent seule, laide et désire comme Victor, une fiancée.

Photo : FRANKENSTEIN 90

La créature ainsi que divers morceaux humains vus dans le laboratoire au début du film sont dus aux maquilleurs Reiko Kruk et Dominique Colladant. Ils officièrent également sur la version de NOSFERATU de Werner Herzog ainsi que sur le GWENDOLINE de Just Jaeckin. On ne peut que louer leur travail de maquillage sur Eddy Mitchell ou les créatures cybernétiques (dont un Marc Lavoine au début de sa carrière) à la fin du film.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Cette volonté de moderniser le propos et de contrebalancer la gravité de l’enjeu passe aussi par le choix d’Armando Trovajoli pour la partition musicale. Le ton léger, des mélodies décalées et parfois joyeuses apportent une note curieuse au film. Ce qui n’est pas sans rappeler la musique, à consonance brésilienne, que Jessua avait composé lui-même pour TRAITEMENT DE CHOC ou celle, argentine, d’Astor Piazzolla pour ARMAGUEDON. Mais cette musique indique dès le générique que la peur ne passera pas. Dès le début, le ton est donné. Il traitera un sujet sérieux par un biais plus léger.
Hélas, le point d’équilibre ne se trouvera pas. De frissons, point. De la gaudriole, plein.

Photo : FRANKENSTEIN 90

L’entreprise aurait nécessité une crédibilité que peu de choses étayent dans le film. Tout d’abord l’interprétation de niveau médiocre de l’ensemble du casting. Rochefort, oscillant généralement entre truculence et gravité, reste désincarné et peu concerné par ce qu’il fait. La scène de cauchemar du début est symptomatique : Jean Rochefort parait peu à l’aise dans un rôle pourtant audacieux. Devant jouer sur plusieurs registres, celui de l’effroi second degré ne passe pas. Et Eddy Mitchell joue mal, très mal. Sa tentative de créer une autre version du monstre au coeur tendre, mêlant candeur, naïveté déconcertante et violence tombe à côté de la plaque. Le couple Rochefort / Fiona Gélin pose problème aussi : on n'y croit pas un seul instant. Fiona Gélin gourgandine totale, génère le quota (sans Michèle) seins nus requis. La scène de viol par Eddy Mitchell semble plaquée, sortie de nulle part. Et le jeu mécanique de l’actrice, dépourvue d’émotions, n’explique en rien le fait qu’elle soit si peu affectée après avoir été violée. Ahurissant ! Le pompon est décroché par Herma Vos, à poil et encore à poil puis toujours à poil et rien d’autre en vue. Piètre excuse commerciale, même sa prestation de kickboxing en pleine rue prête à sourire.

Photo : FRANKENSTEIN 90

L’humour, confinant au grotesque, rate aussi le coche. Les gags sont pratiquement tous pathétiques et on assiste, impuissant, au naufrage comique du film. Et presque à regretter la pantalonnade bis du FRANKENSTEIN ALL’ITALIANA d’Armando Crispino avec Aldo Maccione. Qu’il s’agisse de la scène où la créature se fait attaquer par un petit chien en pleine nature ou, encore celle ou elle tente de se maquiller (26mn38) pour montrer la confusion des genres, rien ne marche. La mort de la bonne reste à cet effet ce qu’il y a de pire. Pauvre Anna Gaylor ! Interprète régulière chez Jessua, on la préfère largement en infirmière inquiétante dans TRAITEMENT DE CHOC qu’en bonne étrangère. Mais pourquoi eut-il fallu qu’elle fut affublée d'un accent étranger (espagnol, car toutes les bonnes sont espagnoles, c’est bien connu) et mourir d’une manière aussi épouvantablement ridicule ? De tels choix artistiques ou de direction d’acteurs restent virtuellement incompréhensibles.

On repère aussi une faute de continuité (où peut-être manque-t-il une scène coupée au montage ?) : ainsi à 70 minutes, le petit groupe composé de Fiona Gélin, Herma Vos et Jean Rochefort part au Château des Frankenstein en Fiat Rouge et arrivent cinq minutes après en Citroën BX grise et dans des vêtements différents.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Et même si l’on comprend le second degré permanent et le côté référentiel de l’oeuvre, la blague potache a la main lourde. La Créature et le Dr Victor se rendent au cinéma pour voir, justement, une version de Frankenstein… et Eddy Mitchell de se gausser de l’acteur «Maurice Tarloff» qui interprète la créature ! Chez Max Pécas, on peut à la rigueur le concevoir, chez Alain Jessua, ça ne passe pas.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Tout n’est cependant pas négatif dans FRANKENSTEIN 90. Quelques rares instants font mouche, comme la scène où la créature, renvoyant à celle du film FRANKENSTEIN de James Whale, se rend compte de sa situation et tente de se suicider en se noyant dans le lac. Une autre belle scène, celle où la créature cauchemarde de la poursuite de sa fiancée défigurée (52mn10). Le ralenti, beau et effrayant, donne l’effet voulu.

Il existe aussi un certain respect de la structure de l’oeuvre de Mary Shelley et du film de James Whale quant aux notions de profane et de sacré. Ainsi seul un retour aux origines, à l’endroit premier où tout a commencé peut sceller le destin de chacun. Le rêve de Victor au début du film vient-il rappeler au spectateur que la boucle est bouclée.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Le transgressif, cependant, va au-delà de Shelley et de Whale. En effet, la nature ne reprend pas ses droits et les créatures accèdent à un certain statut (tronqué) d’être humain, pour mieux (et c’est un comble) retomber dans une humanité conformiste (mariage et progéniture à la clé). Serait-ce cela, la recherche de sa part d’humanité ? Les dernières créatures du Dr Victor, simple artisan devenu bras droit d’une entreprise florissante, semblent indiquer que non. Et que l’évolution de l’Homme sera autre qu’une simple vision de retour aux valeurs familiales et capitalistes. La volonté de transformer la créature en parfait homme d’affaire capitaliste et embourgeoisé est une direction inédite (si l'on excepte le FRANKENSTEIN JUNIOR de Mel Brooks), ironique mais maniée ici avec la légèreté d’une catcheuse ukrainienne.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Quelques thèmes surgissent et font écho aux oeuvres précédentes d’Alain Jessua. Comme celui de l’individu confronté à une réalité qu’il tente de plier à ses exigences (ARMAGUEDON). Le choix d’un univers urbain triste, ordinaire et générateur de solitude et de conflit (ARMAGUEDON, aussi, ainsi que LES CHIENS). Le fantastique ancré dans la réalité, la proximité du futur dans le quotidien, c’est aussi la base de TRAITEMENT DE CHOC. Le centre Biologique de recherches où travaille Fiona Gélin renvoie à l’institut du Dr Devillers. Un film de science-fiction peu éloigné de la fiction grâce aux progrès de la science. Quelques éclats contestataires, comme la collaboration de la Police via le personnage de Ged Marlon, et son incapacité notoire à gérer correctement les conflits, rappellent aussi une certaine dérive et la faillite des institutions développées dans TRAITEMENT DE CHOC, PARADIS POUR TOUS ou LES CHIENS.

Curieusement, on retrouve pratiquement toujours une scène de cabaret ou de strip-tease dans ses films ! La sexualité vue comme une foire aux fantasmes ici renvoyant à celle de JEU DE MASSACRE et, plus tard, dans LES COULEURS DU DIABLE, les victimes sont choisies lors d’un show. Mais le ton grinçant et le comique transgressif de JEU DE MASSACRE, les audaces sociologiques de TRAITEMENT DE CHOC ou des CHIENS ont été perdus en route. La satire est lourde, l’humour épais très «kolossale finesse» et les effets trop appuyés pour être pris au sérieux tout comme pour faire rire.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Le DVD demeure d’une qualité discutable. Après 6 minutes 45, une bande noire verticale apparaît sans pour autant gêne la vision de la scène. Néanmoins, si les couleurs sont vives dans les scènes d’expériences et extérieures, l’ensemble dégage une sensation de fadeur. Seule la scène de nuit de la séquence générique et celles d’extérieur à la montagne (filmées aux 2 Alpes) étonnent de par leur contraste et l’éclat de leur couleurs. Le traitement bénéficie toutefois d’un transfert 16/9eme.

Des sous-titres anglais amovibles complètent l’édition. Ils sont cependant bien utiles, car les minutes ultimes du film voient plusieurs personnages étrangers entrer en jeu. Ainsi, les scènes en japonais ou allemand ne sont pas sous-titrées dans la seule version française. Les sous-titres anglais traduisent, par contre, les propos tenus.

La piste sonore française d’origine proposée ici est en mono répartie sur deux canaux. Claire, lisse, elle est d’un niveau fort respectable, laissant à la fois la part belle aux dialogues et aux effets sonores. La musique d’Armando Trovajoli y déploie tous ses charmes de manière limpide.

Les bonus se résument hélas à un seul mot : rien. On passera (presque) sous silence l’hallucinante laideur de la jaquette DVD choisie pour cette édition Zone 1 américaine, tout comme le menu animé, spectaculairement hideux.

Photo : FRANKENSTEIN 90

Fim incompris ? Film commercial aux accents modernes ? Parabole sur la quête incessante de l’artiste et de la perfection de son oeuvre ? L’artiste perverti par l’industrialisation de l’art ? Jessua s’est-il brûlé les ailes en se laissant aller à la franchouillardise ? Autre proposition ? Un peu de tout à la fois, probablement. Mais même si une certaine thématique commune à ses autres films se croisent au détour d’un scène ou d’un plan, jamais film ne lui aura aussi peu ressemblé.

FRANKENTEIN 90 est un film hybride, ne sachant jamais choisir un ton particulier. A mi-chemin entre le fantastique, la satire sociale et la parodie tout en privilégiant un ancrage dans la réalité, le film échoue sur tous les tableaux. La sincérité du propos reste indéniable mais sa mise en image est catastrophique surtout aux vues de ce qu’Alain Jessua a produit d’autre. FRANKENSTEIN 90 demeure un ratage quasi-intégral. Toutefois, la rareté du film et son absence en France de toute sortie DVD donne à cette édition (hélas pauvrissime) un caractère unique que tout amateur de fantastique français et du cinéaste Alain Jessua se doit de posséder.

Francis Barbier

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