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DeVilDead : Peux-tu te présenter
à nos lecteurs et nous en dire plus sur le parcours qui t'a mené
à GAME OF THE DEAD ?
Nicolas Hugon : GAME OF THE DEAD n'est pas vraiment
mon premier court, en fait, j'ai commencé à faire des films
avec le caméscope de mon père à l'âge de quatorze
ans, et j'en ai trente à présent. Ça ne restait qu'un
loisir, il me semblait impossible d'en faire mon métier. J'ai donc
suivi un cursus scolaire qui n'avait rien à voir avec cette passion.
Le jour où j'ai fini mes études à la Fac, avec un diplôme
qui ne sert à rien et des perspectives d'avenir qui ne m'enchantaient
vraiment pas, je me suis retourné vers cette passion première.
Et après des années de galère à réaliser
des vidéos à droite, à gauche, souvent bénévolement,
pour des sites Internet, des groupes de musique et autres, j'ai fini par
me faire remarquer, et à présent j'arrive à gagner
ma vie en réalisant des vidéos.
D'ailleurs, je travaille à l'Elysées Biarritz, une salle de
cinéma parisienne qui propose toutes sortes d'événements
(avant-premières, concerts, soirée...). Cela me permet d'expérimenter
tout un tas de choses en terme de réalisation et de me faire énormément
de contacts tout en continuant à développer mes projets personnels.
Tu fais partie d'un collectif nommé Goregarden
qui est intimement lié à la production de GAME OF THE DEAD.
Ça ressemble furieusement à une bande de potes mais peux-tu
nous éclairer quant à la genèse de ce regroupement de
talents ?
En fait, c'est le nom du premier court que j'ai réalisé,
aux alentours de 1993, tout simplement parce que, en découvrant à
l'époque des trucs comme EVIL DEAD ou BAD
TASTE, je voulais moi aussi faire un film gore. Mais comme mon père
ne voulait pas que j'embarque son caméscope, on l'a fait dans mon
jardin. D'où le nom, le jardin gore, qui faisait mieux en anglais.
Ensuite, quand je me suis remis à faire des courts-métrages,
assez logiquement, on a repris ce nom qui sonnait pas mal. Après,
au fur et à mesure des rencontres, il y a pas mal de gens qui se
sont greffés au collectif. Mais oui, c'est avant tout une bande de
potes bien qu'on essaie de faire les choses de plus en plus sérieusement.
On doit cependant reconnaître qu'il y a un réel manque d'organisation
chez Goregarden. Pendant des années, on se "cherchait"
en quelques sorte, on prenait le caméscope et on partait en improvisation.
Ou bien on avait une idée et on fonçait de manière
plutôt spontanée !
Tu évoques plusieurs courts et tu as par ailleurs
mis en ligne il y a quelques temps déjà une bande annonce intitulée
ACSION. S'agit-il de l'un de ces courts? Peux tu nous faire un historique
de tes réalisations?
ACSION, c'est un court que j'ai fait en 2002 avec
un budget faramineux d'environ 100 euros. Je voulais réaliser un
fantasme de Fanboy, un film 100% action, sans temps mort, avec de la baston,
des gunfights, du gore
le truc 100% fun. Mais bon, au final, il était
un peu long et pas si rythmé que ça. Mais comme il y avait
des scènes que j'adorais, j'ai décidé d'en faire une
sorte de compilation sous forme de bande annonce façon Grindhouse,
pour lui donner une seconde vie. C'est le résultat que tu as pu voir
(Ndlr : Sur le MySpace de GoreGarden)
Il y a aussi eu quelques courts qui ont bien marché sur Internet,
parmi lesquels LE DONDIN, un gros délire qui est parti d'une
idée complètement absurde de faire des courses poursuites
façon Tex Avery mais avec des acteurs en chair et en os ! Là
aussi, ça aurait pu ne rester qu'une idée, mais on a été
au bout du truc pour voir ce que ça pouvait donner. Au final, il
a été "vidéo star" sur Dailymotion et on
l'a projeté à la cinémathèque à l'occasion
un événement organisé par le magasine Mad
Movies.
Il y a aussi eu la série des TOUGHEST, un personnage qu'on
a crée, qui est une sorte de mélange entre RAMBO et
le Benoit Poelvoorde
de C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS, mais à notre
sauce. Il y en a plein d'autres, mais c'est vrai que ce n'est pas évident
de tomber dessus sur internet, et encore une fois c'est lié avec
notre organisation bordélique, il faut vraiment qu'on se discipline
!
On avait un site internet mais comme il était en flash et que personne
n'y connaissait rien, il n'a jamais été mis à jour,
et on a fini par le retirer. Aujourd'hui on en prépare un, plus simple
et plus pratique. En attendant les courts que je viens d'évoquer
sont visibles sur les sites comme Dailymotion ou Youtube.
Tu peux nous présenter brièvement
les membres de Goregarden et leurs spécialités ?
En fait dans Goregarden, les membres ne sont pas attachés
à un poste précis, on aime bien toucher à tout. D'ailleurs
je ne suis plus le seul à réaliser puisqu'il y a également
Arno Barbos qui réalise des clips. On lui doit du reste le making-of
de GAME OF THE DEAD.
Il y a aussi Laurent Godefroy (dit La NEF), qui était assistant lumière
sur GAME OF THE DEAD, et qui depuis a fait une formation en post-production
tout en se mettant à la réalisation avec son Canon 7D (qu'on
risque d'utiliser souvent à l'avenir).
Les acteurs que tu peux voir en zombies, ce ne sont pas du tout des acteurs,
mais des activistes au sein du collectif. D'ailleurs l'un des deux zombies
qui se met des balles dans la tête, David Chokomert (alias Choko),
est aussi notre illustrateur et il a aussi beaucoup bossé sur le
décor. Un autre zombie est joué par Benjamin Gouardo (Mr Ben)
qui s'occupe à côté de ça de la fabrication et
la vente de tee-shirts à l'effigie de Goregarden. Un autre zombie
est joué par MHT, mystérieux personnage que l'on retrouve
dans tous les projets...
Sinon il y a Mathieu Lesueur qui à la base est monteur mais s'est
occupé des lumières sur GAME OF THE DEAD.
Hugo Ouhioun et Livia Herman étaient mes chefs décorateurs,
mais aussi accessoiristes, responsables des effets spéciaux et maquettistes.
Ils ont vraiment bossé comme des tarés, je crois qu'ils m'en
veulent un peu depuis...
Il y a aussi Yoan Zerbit, un autre monteur à la base qui s'est occupé
de tous les effets de compositing (Ndlr : Assemblage numérique d'images
aux origines diverses).
Thomas Romani, l'ingénieur son, a recréé toute l'ambiance
sonore car nous n'avions fait aucune prise son sur le tournage.
Mon assistant était Etienne Berneau, un pote qui bosse sur les plateaux
télé. La musique du générique de fin a été
spécialement enregistrée par le groupe de reggae Macadam
Roots qui est aussi intimement lié à Goregarden.
Je peux aussi citer Guillaume Solignat, qui a participé à
tous les autres courts en tant qu'ingénieur son. Cyril Delouche,
mon nouveau scénariste qui est un pote de longue date, Laura Noue,
l'infographiste qui s'occupe de tout ce qui est web et qui a fait le visuel
du DVD....
Bref, nous sommes assez nombreux et je ne peux pas énumérer
tout le monde !
Qui est à l'origine de GAME OF THE
DEAD ? Comment est née l'idée délirante de montrer des
morts-vivants jouer à la roulette russe ?
A l'origine, cette idée est celle d'un pote, David
Morisson, encore un autre membre du collectif qui prépare d'ailleurs
en ce moment un scénario. Il jouait le méchant dans ACSION
et chante dans un groupe de Rock-Electro-HardCore, Misère Sociale
Crew.
En fait, on échange souvent des idées, et un jour il m'a parlé
de ce pitch de roulette russe à laquelle jouerait une bande de zombies.
Ça m'a semblé tout de suite génial, d'autant que ça
me rappelait cette scène de VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER qui
m'avait bien traumatisée dans ma jeunesse. Mais je ne voyais pas
comment on pouvait réaliser ça efficacement. On avait pensé
à le faire en animation, mais on a lâché l'affaire.
Et puis un jour, je discutais avec Hugo (le chef décorateur), l'idée
est ressortie lors d'une discussion sur Photoshop, où on parlait
de l'infinité de possibilités qu'offrait cet outil et son
équivalent en vidéo After effects. Suite à ça,
on s'est motivé pour faire un film qui servirait de "laboratoire"
pour tester des effets qu'on avait imaginé en mélangeant acteurs
et moulages en plâtre. C'est alors que j'ai repensé à
cette idée de roulette russe, on s'est donc dit qu'on allait le faire
et que ça nous prendrait quelques jours... On n'était loin
d'imaginer que ça prendrait cette ampleur !
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