4. Kinski, fantôme de la nuit
Oubliant leurs divergences passées, Werner
Herzog et Klaus
Kinski décident de retravailler ensemble en 1978 pour NOSFERATU,
FANTOME DE LA NUIT (NOSFERATU, PHANTOM DER NACHT),
le remake du chef-d'uvre de Murnau.
Reprenant l'apparence inquiétante du comédien Max
Schreck, Kinski
est un Dracula solitaire et désespéré, amoureux d'une Isabelle
Adjani plus belle que jamais, qui le retiendra jusqu'à l'aube pour
provoquer sa mort. Dans la lancée du tournage de NOSFERATU
, les deux hommes restent dans la même ville de Tchécoslovaquie
pour accoucher de WOYCECK, véritable voyage au bout de la folie
pour Kinski qui,
épuisé par le rôle, reste un an sans jouer. Il peut ainsi
assister à la naissance d'une nouvelle star, révélée
par Roman Polanski
et Francis Ford Coppola
: sa propre fille, Nastassia.
Refusant LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE
de Steven Spielberg,
il tourne VENIN (VENOM, 1981) de Piers
Haggard, un polar britannique où la présence d'un serpent
va sérieusement perturber une prise d'otages. Il repart ensuite pour
Hollywood, où l'attend rien de moins que Billy
Wilder,
malheureusement pour un film mineur, BUDDY, BUDDY (1981),
un remake de L'EMMERDEUR. Kinski
replonge dans l'univers de la série B avec LE SOLDAT (THE SOLDIER,
1981) de James Glickenhaus,
un sous-James Bond, puis ANDROIDE (ANDROID, 1982)
d'Aaron Lipstadt,
une production Roger
Corman, dans laquelle il est un Frankenstein de l'espace.
Kinski et Herzog retournent au Pérou en 1982 filmer le rêve de FITZCARRALDO, un passionné d'opéra, qui tente de construire une salle en pleine forêt vierge pour y faire venir Enrico Caruso. Commencé avec Jason Robards et Mick Jagger, le tournage s'interrompt et reprend avec l'acteur allemand pour une nouvelle épreuve de force avec son cinéaste fétiche.