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Critique du film
CHRISTINE 1983

 

Arnie, un garçon mal dans sa peau, achète "Christine", une vieille voiture, et lui consacre tout son temps. Son attitude change et il considère Christine comme une femme...

Ayant volé de succès en succès avec LA NUIT DES MASQUES, FOG et NEW YORK 1997, John Carpenter voit son ascension mise à mal par l'accueil tiède réservé en 1982 à THE THING, son œuvre la plus ambitieuse jusqu'alors. Il se rabat ensuite sur un projet de commande, commercialement plus sûr : CHRISTINE, production Columbia transposant un roman de Stephen King.

Les ouvrages de ce dernier ont donné deux gros succès au cinéma, avec CARRIE en 1976 et surtout SHINING en 1981 de Stanley Kubrick. Les adaptations de ses œuvres se multiplient au milieu des années quatre-vingt, à commencer par cette année 1983 qui voit arriver CHRISTINE, DEAD ZONE de David Cronenberg et CUJO de Lewis Teague.

Carpenter amène avec lui certains complices, comme le producteur Larry Franco (NEW YORK 1997, THE THING) ou le superviseur des effets spéciaux renommé Roy Arbogast, ayant notamment travaillé sur LES DENTS DE LA MER et THE THING.

Surtout, CHRISTINE donne les deux rôles principaux à de jeunes acteurs mémorables. Keith Gordon, qui incarne Arnie, est déjà un visage remarqué au cinéma. Dans LES DENTS DE LA MER : DEUXIEME PARTIE par exemple, et surtout dans PULSIONS de Brian De Palma où il incarne un jeune détective amateur cherchant à démasquer l'assassin de sa mère.

John Stockwell interprète son ami Dennis, personnage plus classique. Cet acteur est aussi appelé à devenir un visage de jeune homme familier au cours des années quatre-vingts, dans LES AVENTURIERS DE LA QUATRIÈME DIMENSION ou TOP GUN notamment. Si son étoile d'acteur décline ensuite, il rebondit en tant que metteur en scène au début des années 2000.

Dans CHRISTINE, nous retrouvons les qualités de réalisation des meilleurs films de John Carpenter : rigueur, sens du rythme, élégance, sobriété et efficacité. Ainsi, les scènes d'action sont réussies. Le film est parcouru d'images extraordinaires : Christine qui se répare elle-même ou Christine en flamme roulant dans la nuit.

La musique écrite par Carpenter avec son complice Alan Howarth est, comme d'habitude, irréprochable, prolongeant les trames électroniques menaçantes de LA NUIT DES MASQUES ou FOG. CHRISTINE est présentée comme une personne faisant preuve de jalousie et s'exprimant à l'aide de chansons des années cinquante diffusées par son auto-radio.

Lorsque des voyous cassent Christine à coups de masse, le spectateur pense à un viol (le détail des excréments sur le tableau de bord souligne cette analogie). Le scénario présente habilement l'évolution d'Arnie. La voiture est pour l'adolescent un symbole d'individualisme, d'autonomie et d'épanouissement sexuel. A tel point qu'il finit par tomber amoureux de son étrange voiture.

Hélas, CHRISTINE dure clairement une demi-heure de trop. Après une exposition longue, mais réussie, le film se perd dans des scènes répétitives et bavardes. Les moments impressionnants se font trop attendre et l'intrigue tourne en rond. Finalement, le spectateur perd patience. Heureusement, à la fin, le film se réveille avec d'impressionnantes séquences d'action.

Il est dommage que le scénario soit mal rythmé et trop plat car CHRISTINE est intelligent et bien réalisé. John Carpenter prouve en tout cas à ses commanditaires et à leurs concurrents qu'il reste un réalisateur de séries B fiable.

CHRISTINE rencontre un honnête succès commercial, en particulier en France où il frôle le million d'entrées et reste à ce jour le second plus gros succès de Carpenter, derrière NEW YORK 1997. Néanmoins, sorti la même année qu'un DEAD ZONE plus réussi, CHRISTINE reste comme une adaptation honorable mais mineure de Stephen King.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité.
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