Header Critique : MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS (FRIDAY, THE 13TH PART 3)

Critique du film
MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS 1982

FRIDAY, THE 13TH PART 3 

Contrairement à ce que l'on croyait, Jason Voorhees n'est pas mort à la fin du TUEUR DU VENDREDI...

Des jeunes gens passent leurs vacances au bord de Crystal Lake et se disputent avec une bande de voyous de la région. A la tombée de la nuit, Jason vient tous les massacrer.

LE TUEUR DU VENDREDI s'avère une affaire rentable pour ses producteurs qui décident rapidement de tourner un troisième volet de la série amorcée par le VENDREDI 13 de Sean S. Cunningham. Steve Miner (LE TUEUR DU VENDREDI) est à nouveau le metteur en scène.

A part dans le prologue qui contient des extraits du film précédent, nous ne retrouvons aucun acteur apparu dans les deux métrages antérieurs. La plupart du casting se compose de jeunes comédiens dont MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS restera pratiquement la seule expérience cinématographique. Notons toutefois que l'actrice Tracie Savage, qui a commencé sa carrière dans « LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE », deviendra dans les années quatre-vingt-dix une journaliste fameuse pour la télévision, notamment en couvrant le procès criminel d'O.J. Simpson.

Comme son nom français l'indique, MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS est filmé en relief, avec le même procédé que LES DENTS DE LA MER 3 de Joe Alves et AMITYVILLE 3-D de Richard Fleischer, lesquels sortent l'année suivante. Cette technologie, popularisée dans les années cinquante, fait alors un petit retour sur les écrans de cinéma, retour qui prend vite fin.

Le relief se verra en effet rapidement cantonné aux parcs d'attractions, avant de faire un retour dans les années 2000 avec la généralisation de la projection numérique. Dans MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS, l'emploi du relief donne lieu à des plans incongrues et gratuits, comme un yo-yo filmé en contre-plongée ou une amorce de plan sur une batte de base-ball.

Le plus frappant dans ce troisième chapitre est son absence de scénario. Les intrigues des deux métrages précédents étaient déjà maigres, mais nous sommes confrontés ici à un vide abyssal. Nous ne savons pas trop comment Jason a survécu dans LE TUEUR DU VENDREDI et nous ne comprenons pas les motivations de ses meurtres. Leur seule raison d'être est la volonté des producteurs d'aligner des actes violents pour satisfaire un public avide de frissons faciles.

Cette absence de structure engendre un manque de suspense. Nous devinons facilement quels personnages vont se faire assassiner et les seules surprises sont les manières plus ou moins originales dont Jason les trucide.

Les personnages sont, comme toujours dans cette série, insipides et interprétés sans nuance. Toutefois, certains portraits caricaturaux (les hippies fumeurs de joints, les loubards) amusent et font passer un esprit Bis.

Chris (l'héroïne principale) a été agressée par Jason il y a quelques temps (événement sans rapport avec les deux précédents VENDREDI 13) ce qui explique sa fragilité psychologique. Un autre personnage relativement développé est un jeune homme obèse et mal dans sa peau qui, pour attirer l'attention des filles, s'amuse à faire des farces macabres (comme : se déguiser en tueur). C'est ce farceur qui, involontairement, fournit à Jason son fameux masque de hockey, que le tueur porte ici pour la première fois.

L'arrivée de ce masque est un emprunt évident à LA NUIT DES MASQUES et à ses suites. Toutefois, si Michael Myers, le tueur d'Halloween, a bien une raison de porter un masque (pour reconstituer le meurtre traumatisant de sa sœur), Jason n'en a aucune (à part qu'il est défiguré, mais cela ne semble pas le gêner au début de MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS).

Si MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS est uniformément plat et ennuyeux, nous apprécions quelques scènes gore franches et amusantes (le personnage coupé en deux alors qu'il fait le poirier, le harpon, le bras tranché). Et ce malgré des coupures lourdes dans ces scènes, exigées par la Commission de Classification Américaine.

Ce film se permet quelques clins d’œil aux amateurs du cinéma sanglant (un personnage cite LA HORDE SAUVAGE, le western violent de Sam Peckinpah ; un autre lit dans la revue américaine spécialisée Fangoria un article sur le fameux maquilleur Tom Savini, signataire des trucages du premier VENDREDI 13). Le dernier quart d'heure se réveille (enfin !) en proposant une course-poursuite nerveuse et efficace.

Tout cela ne suffit pas à rattraper ce volet poussif des aventures de Jason, volet en grande partie fade et ennuyeux. MEURTRES EN TROIS DIMENSIONS connaît pourtant un des plus gros succès commerciaux de la série et, quelques temps après, sort VENDREDI 13 : CHAPITRE FINAL de Joseph Zito, marqué par le retour de Tom Savini aux effets spéciaux sanglants.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité.
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