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Critique du film et du DVD Zone 2
IL MOSTRO DELLA CRIPTA 2021

 

1988. Le jeun Giò (Tobia De Angelis), cinéaste amateur et geek ultime, se régale de sa BD favorite «Squadra 666 - il mostro della cripta». Il découvre toutefois une étrange analogie entre l’histoire qui y est racontée et les événements qui se passent dans sa ville natale de Bobbio. Avec ses amis, ils enquêtent et tombent sur une invraisemblable vérité.


Présenté de manière inexplicable Hors Compétition au festival de Locarno en 2021, sorti de façon expéditive en salles italiennes en août 2021 pour un échec total (55 salles et un record de 70€ de recettes par copie sur une semaine !)… puis aussitôt catapulté sur Amazon Prime (ndlr : non disponible en France au moment de la parution de ce texte), IL MOSTRO DELLA CRIPTA (littéralement en français «Le Monstre de la Crypte») révèle assez vite son charme, ses limites et un saut dans le vide.

Né d’une idée et produit par les frères Manetti, auteurs du mauvais PAURA 3D  (chronique sur le site), de ZORA LA VAMPIRA et des récentes adaptations de «Diabolik» - plus les deux suites qui arrivent, le film se veut un mélange des genres qui navigue entre opportunisme béat et hommage jusqu’à plus soif. Comme un retour vers le passé glorieux d’un cinéma Bis italien qui compensait son manque de budget par des idées, des outrances, des anachronismes et repoussait les limites de l’imagination - et toutes les autres. Sur le papier, le film coche toutes les bonnes cases.

Mais. Les années 80 sont à la mode, donc, on va droit dans un autre avatar de STRANGER THINGS, Kate Bush en moins mais avec la même cible. Addition de ce qui fait de la culture italienne de genre ses charmes : des fumetti horrifiques, un tournage de film d’horreur amateur, des effets gore mécaniques, de relatives bonnes idées… Et patatras, le tout emballé dans une torpeur languide qui se traîne sur près de deux heures. Et c’est long quand on voit le nombre de scènes interminables - et qui auraient aisément pu sauter au montage sans que cela n’affecte la linéarité du récit.

Les auteurs assurent le référentiel en assénant les valeurs sûres pour fans nostalgiques. Ça y va de posters et autres clins d’œil à HELLRAISER, MOONWALKER, DIRTY DANCING, LES AVENTURES DE JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN, RETOUR VERS LE FUTUR 2, la famille sortie tout droit de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE (tiens, il y en a aussi une, de tronçonneuse) avec œillade à la FAMILLE ADDAMS… Il y en a tellement que bon, on va vous laisser le soin de tous les compiler. Pour le côté people, le film se déroule dans la ville natale de Marco Bellocchio où il tourna LES POINGS DANS LES POCHES… et surprise du népotisme, c’est le fils de Marco qui produit le film. Boucle bouclée. Il faudra y ajouter les inévitables références musicales, qui vont du Boys de Sabrina Salerno à The Final Countdown d’Europe. Le compte y est ? Pas tout à fait. Pour bien respecter le côté reconstitution, aussi compter sur les voitures d’époque, de la R4 à la Lancia Delta vintage. UN VRAI CATALOGUE LA REDOUTE.

On retiendra les effets mécaniques de Sergio Stivaletti, avec une très belle créature finale - qui semble toutefois calquée sur celle de MIMIC - et quelques débordements sanglants du plus bel effet. Mais le véritable héros n’est ni le monstre, ni le jeune héros puceau, mais bel et bien les années 80. Comme si le film portait un regard d’amoureux déçu sur une époque passée.

On ne saurait nier une volonté de rythme lors des scènes d’action et un côté divertissant où la comédie prend le pas sur l’horreur - en privilégiant plus le grotesque qu’autre chose. Le premier tiers s’avère le plus intéressant dans la mise en place du mystère et des personnages. La notion de découverte où la fiction et la réalité se confondent a déjà été vue ailleurs, mais le ton plaisant du film fait passer la pilule.
Après, le long métrage s’essouffle très rapidement. Noyé de scènes comiques lourdingues, de scènes d’exposition trop longues pour être utiles et d’autres incompréhensibles tant leur côté dispensable (la séquence du vélo dans la campagne) freinent voire stoppent l’intérêt. Et il faudra tendre l’oreille, aussi, pour tenter d’écouter les dialogues débités parfois de manière peu intelligible (les scènes à Rome, entre autres). Et subir les plans de caméra à l’épaule qui tremblotent. Le tout lâché dans une écriture fragmentée et parfois incohérente, recyclant des idées de PAURA 3D (la fille ligotée et torturée, encore une fois.) … Il s’agit d’un vrai pas en arrière pour l’auteur du pourtant sympathique THE END ?

Un côté certes authentique, qui aime le cinéma de genre et qui tente de lui rendre hommage par tous les moyens. Hélas. Énième illustration que les meilleures intentions ne font pas ce qu’elles devraient faire. Mélangeant le film pour ado, la comédie, le gore, les archaïsmes ruraux - une mécanique narrative bien pratique -, l’héritage des fumetti et l’avalanche de références, le film part dans tous les sens… mais avec une notion redoutable de temps qui passe. Celui qu’on passe sur sa montre pour mesurer à quel point on semble loin du mot fin. Et pauvre Chiara Caselli, affublée d’un rôle hors sol, sacrifiée sur l’autel du « nom » au générique, à la limite du caricatural.
On peut avoir de la sympathie pour le projet, se dire que le film annonce vend du rêve. A l’arrivée, c’est l’ennui qui prend le dessus et on se prend à imaginer ce que le film aurait pu être - pas ce qu’il est vraiment. Qui trop embrasse, mal étreint.

En parallèle de sa sortie streaming, le film est arrivé en DVD chez Vision/CG Entertainement le 3 novembre 2021 chez nos amis italiens. Il arrive au format 2.39:1, d’une durée complète de 115 mn 30 et découpé en 9 chapitres accessibles par de petites vignettes dans le menu principal. Le tout sur un DVD 9 codé zone 2 (simple couche). Aucun Blu-ray à l’horizon.

Une copie quelque peu sombre, notamment dans les scènes finales où les couleurs bleues foncées se confondent avec l’obscurité, si bien que l’on y voit pas grand chose par moments. Une définition à peine adéquate qui rend toutefois de bonne manière le travail sur les éclairages. Même si l’ensemble fait terriblement télévisuel. Des détails et une définition discrets, au final, avec une compression médiane.
Côté sonore, une piste 5.1 Dolby italienne efficace pour quiconque possède un Home Cinéma. L’affreuse musique électronique à pizzicati fonctionne à pleins régimes sur tous les canaux. Tout comme les bruitages et effets sonores qui créent une belle atmosphère et avec une très bonne dynamique. Le canal pour les infrabasses n’intervient que très rarement.

Opter pour le 2.0 pour vos ordinateurs et autres tous petits écrans sans système sonore adéquat. Enfin, une piste italienne en audio-description complète le tout.
A noter qu’il faut être italianophile à 100%, car seuls des sous-titres italiens optionnels sont disponibles.

Côté bonus, un supplément «backstage» d’une dizaine de minutes, où interviennent le réalisateur et les acteurs principaux - interviewés principalement sur le lieu de tournage. Leurs personnages, leurs motivations et leur rapport au cinéma horrifique. Misischia appuie sur le côté hommage général et le fait d’avoir voulu réaliser le film avec 90% d’effets mécaniques. Le tout entrecoupé de moments du tournage du film. A noter que ce segment a été également monté par le réalisateur du film.
Enfin, quelques scènes coupées au montage, entre scène alternative déjà présente dans le montage final et d’autres (la rencontre entre Vanessa et Valmont, et celle de l’essence). Du supplément pour complétiste.

IL MOSTRO DELLA CRIPTA pourra éventuellement ravir les amateurs nostalgiques de film d’horreur des années 80 mais il faudra s’armer de patience pour en voir le bout. Si vous espérez une nième renaissance du cinéma horrifique italien, passez votre chemin. Vous êtes prévenus.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
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L'édition vidéo
Il mostro della cripta DVD Zone 2 (Italie)
Editeur
Vision
Support
DVD (Simple couche)
Origine
Italie (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
1h55
Image
2.35 (16/9)
Audio
Italien Dolby Digital 5.1
Italien Dolby Digital Stéréo
Sous-titrage
  • Italien
  • Supplements
    • Backstage (10mn53 - version italienne)
    • Scènes coupées (3mn34 -version italienne)
    Menus
    Menu 1 : mostro della cripta, Il
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