Header Critique : Venom 2 (Venom: Let There Be Carnage)

Critique du film
VENOM 2 2021

VENOM: LET THERE BE CARNAGE 

Andy Serkis émerge en tant qu'acteur pour sa prestation motion-capturée de Gollum dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LES DEUX TOURS de Peter Jackson. Il se spécialise dans ce style d'interprétation qu'il reproduit avec KING KONG du même metteur en scène, ou avec le rôle de César dans LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES et ses suites. Après avoir dirigé la seconde équipe de la trilogie LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU, il passe à la mise en scène en s'éloignant un temps du fantastique avec BREATHE en 2017, drame de la poliomyélite joué par Andrew Garfield. Il revient à notre genre avec une honnête version du «Livre de la Jungle», MOWGLI, LA LÉGENDE DE LA JUNGLE, puis se retrouve aux manettes de VENOM, LET THERE BE CARNAGE, suite directe de la collaboration Marvel-Sony VENOM.

Réalisé par Ruben Fleischer, VENOM aboutit en 2018 à un résultat cinématographiquement médiocre mais commercialement très satisfaisant. Ce qui encourage le lancement de sa suite, prévue pour 2020 et finalement livrée en 2021. Nous y retrouvons Tom Hardy dans le double-rôle du journaliste Eddie Brock et de Venom, l'organisme parasite qui partage son corps. Michelle Williams incarne à nouveau son ex-fiancée Anne. Ils sont rejoints côté méchant par Woody Harrelson, la vedette de TUEURS-NÉS incarnant le tueur en série Cletus Kasady. Tandis que Naomie Harris échappe un temps à son rôle bondien de Moneypenny pour incarner la mutante Shriek, dont les cordes vocales surpuissantes émettent des sons destructeurs.

Le journaliste Eddie Brock interviewe Cletus Cassidy, meurtrier emprisonné dans une cellule de haute sécurité. Après ce scoop qui relance sa carrière, Eddie découvre avec l'aide de Venom le lieu secret où Cletus a enterré ses nombreuses victimes, au grand mécontentement du maniaque. Suite à un concours de circonstances, Cletus se retrouve à son tour hôte d'un organisme Alien des plus destructeurs : Carnage. Un monstre qu'il compte mettre au service de sa soif de vengeance...

Au temps de la science-fiction des années cinquante, des astronautes revenaient du cosmos porteurs d'organismes extraterrestres malfaisants (dans le Hammer LE MONSTRE par exemple). Venom arrive sur Terre de la même manière dans son premier métrage. Il a ensuite dû se trouver un humain compatible pour survivre durablement dans l'atmosphère de notre planète. Cet hôte s'est avéré Eddie Brock, journaliste casse-cou et forte tête.

Le premier VENOM constitue une version « série B » des blockbusters Marvel. Conscient de ne pas boxer dans la même catégorie que son grand-frère SPIDER-MAN: HOMECOMING, il affiche un budget relativement modeste et une durée restant sous les deux heures. Sa suite VENOM, LET THERE BE CARNAGE reprend la même formule, gardant un budget et une durée modiques.

Il en ressort deux films au ton modeste, rigolard, mais aussi bridés par une classification américaine « PG-13 Déconseillé au moins de 13 ans ». Ils laissent alors planer un insistant parfum de DEADPOOL du pauvre, n'ayant pas le courage d'aller au bout de ses idées en terme de violence et de provocation.

Une grande partie de VENOM, LET THERE BE CARNAGE expose les relations compliquées entre Eddie Brock et son encombrant symbiote. Ils sont en effet contraints à une colocation compliquée. Le film insiste sur cette drôle de version de « Dr. Jekyll & Mr. Hyde », parfois avec réussite, au gré de moments amusants, parfois avec moins de succès, les abondantes répliques comiques n'atteignant pas toujours leurs cibles. Lorsque les deux complices se séparent un temps, le fugue de Venom finit par tirer à la ligne.

Et ce d'autant plus que VENOM, LET THERE BE CARNAGE ne s'intéresse que peu à ses méchants Cletus Kasady et sa compagne. Après un prologue angoissant les mettant en vedette, la personnalité du tueur, furtivement présenté comme une victime de sa propre famille, n'est guère approfondie. Tandis que Shriek est carrément sacrifiée, ne servant que comme mécanisme scénaristique basique.

Carnage, relativement rare dans le métrage, ne paraît pas si menaçant que cela. Les scènes présentant ses méfaits se trouvent en effet plombées aussi bien par l'absence de touches vraiment horrifiantes que par des effets spéciaux pour la plupart laids et peu convaincants. Il en est ainsi de son évasion dévastatrice de prison, mais aussi du dénouement se déroulant dans l'ambiance gothique et nocturne d'une église en chantier, séquence elle aussi affligée de trucages numériques peu imaginatifs et parfois grossiers.

En fin de compte, VENOM, LET THERE BE CARNAGE n'est pas un désastre. Comme son prédécesseur, il s'agit surtout d'un métrage manquant d'ambition et d'idées, un film sans prétention, porté par des acteurs sympathiques, se suivant sans trop d'ennui, mais à la finition grossière et qui ne va jamais assez loin dans l'invention et le culot pour nous imposer son extraterrestre vedette.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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