Header Critique : SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES (EL SANTO CONTRA LAS MUJERES VAMPIRO)

Critique du film
SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES 1962

EL SANTO CONTRA LAS MUJERES VAMPIRO 

Un savant charge Santo, le justicier au masque d'argent, de protéger sa fille Diana menacée par une secte de femmes vampires. Ces dernières voient en Diana l'élue capable d'assurer leur victoire sur l'humanité...

SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES de 1962 est le premier film du catcheur mexicain Santo à atteindre les cinémas français, en 1966. Il reste une des œuvres les plus appréciées du personnage à travers le monde et il reflète bien l'explosion mondiale du fantastique gothique du début des années soixante, suite à la renaissance Hammerienne du genre.

Les distributeurs français jugent le nom de Santo peu porteur dans notre pays : il le rebaptise Superman, sans se soucier des ayants droit du célèbre super-héros nord-américain. Sur la quarantaine de films dans lequel Santo a tourné, seul cinq seront distribués au cinéma en France, dont quatre recoupent les univers du fantastique : outre SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES, nous avons ainsi SUPERMAN CONTRE L'INVASION DES MARTIENS, SANTO ET LE TRESOR DE DRACULA, puis MAGIE NOIRE À HAITI.

Rodolfo Guzman Huerta (le vrai nom de Santo) commence sa carrière de catcheur professionnel en 1934, à 16 ans. Il ne fait alors que les méchants du Ring. Au cours des années cinquante, une bande dessinée/roman-photo le met en scène et achève d'asseoir sa popularité. A la même époque, le cinéma fantastique mexicain commence à s'épanouir.

Le film EL ENMASCARADO DE PLATA, sorti en 1954, est conçu sur mesure pour Santo, mais il refuse d'y participer. Il ne croit pas que le public du catch a envie de voir ses vedettes sur grand écran. Le rôle est donc tenu par El Medico Asesino et le film ne rencontre pas le succès espéré.

Santo se ravise ensuite et tourne à la fin des années cinquante dans deux productions mexicano-cubaines où il tient des rôles mineurs. Le cinéma fantastique mexicain a alors atteint sa vitesse de croisière, qu'il maintient jusqu'au milieu des années soixante-dix, d'une bonne dizaine de productions importantes par an.

Au début des années soixante, la popularité de Santo devient telle qu'on lui consacre une série de films dont il est le principal protagoniste et qu'il se tourne vers des emplois de héros au cœur pur. Ce cycle débute en 1961 avec SANTO CONTRA LOS ZOMBIES, auquel succèdent SANTO CONTRA EL REY DEL CRIMEN, SANTO EN EL HOTEL DE LA MUERTE et SANTO CONTRA EL CEREBRO DIABÓLICO. Puis vient SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES.

Santo, le super-héros au masque d'argent, affronte des femmes-vampires, style de monstre associé aux fiancés de DRACULA ou à LA FILLE DE DRACULA. Comme souvent dans le cinéma d'épouvante mexicain d'alors, l'influence de la Universal des années trente est donc flagrante. Nous en voulons pour preuve le superbe décor de la crypte des femmes-vampires, avec ses poussiéreux cercueils et ses abondantes toiles d'araignée, qu'un éclairage expressionniste baigne d'une lumière lunaire.

Les maquillages horrifique portés par les fiancées spectrales sont soignés, tout comme les autres effets spéciaux, globalement convaincants. L'histoire est certes naïve et incohérente, mais la réalisation et l'atmosphère de SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES supportent sans rougir la comparaison avec les séries B fantastiques américaines de la même époque.

Nous apprécions ainsi la séquence étonnante dans laquelle la sage Diana joue au piano la Sonate au Clair de Lune de Beethoven pour son père et son fiancé, tandis que dans la nuit, une femme-vampire fascinante se matérialise devant la porte-fenêtre du salon.

Les femmes-vampires se font aider par des vampires catcheurs (parfois pris de lycanthropie). Ces derniers ponctuent les événements de combats de catch se déroulant parfois sur des rings, puisque c'est là que Santo passe le plus clair de son temps. Dans leur style propre, ces combats sont spectaculaires, bien que filmés par une caméra tristement fixe.

L'ensemble ne manque donc pas de charme... Pourtant, au bout d'une demi-heure, le spectateur s'ennuie face à des bagarres répétitives, des discours "explicatifs" récités par le savant et une absence générale de ligne narrative solide. Heureusement, la fin, réussie (Santo incendie les corps des femmes-vampires dans leurs cercueils), arrache le dit spectateur des griffes de l'endormissement qui le guettait.

SUPERMAN CONTRE LES FEMMES VAMPIRES est donc un film plutôt sympathique, mais malheureusement aussi un peu ennuyeux. Son charme naïf saura divertir les amateurs de curiosités. Santo continue ensuite sa carrière au cinéma jusqu'à sa mort, en 1982, et son succès engendre d'autres séries de films consacrés à des catcheurs mexicains, tels Blue Demon (Alejandro Munoz Moreno), Superzan ou Mil Mascaras.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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