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Critique du film et du DVD Zone 1
MUTANTS 2008

FB 

MUTANTS représente la nouvelle tentative française de film de genre. Après les essais plus ou moins réussis de A L'INTERIEUR, FRONTIERE(S) ou encore MARTYRS, le sujet est alléchant : Sonia (Hélène de Fougerolles) et Marco (Francis Renaud) forment un couple qui cherche à survivre dans un pays en proie à une pandémie ayant transformé ses habitants en mutants sanguinaires. Gore, mutants, paysages enneigés, projet casse-gueule… sur le papier, tout pour plaire.

Sur l'écran : aïe, aïe, aïe… Nouvelle déconvenue. Pourtant, le film commence bien. Si l'on passe la direction d'acteurs approximative – la gendarmette du début est totalement à côté de la plaque et Hélène de Fougerolles ressemble à une Agnès Soral du pauvre tendance DIESEL 2-, l'action et la nervosité de l'ensemble donne le ton. Ce sera brutal et sanglant. Un certain sens de l'urgence semble se développer. La mise en scène tient la route et le film installe une atmosphère solide. Malheureusement, dès leur arrivée à l'hôpital, il ne se passe quasiment plus rien, comme si le scénario s'était limité à l'exposition du pitch de départ (Virus-Pandémie-Mutants- Fuite des survivants) qui s'est brutalement asséché. Arrive alors le problème : comment filmer quelque chose qui n'a plus rien à raconter ? Ce n'est pas l'hypothétique attente des militaires en sauveurs qui va remplir l'écran. D'où une tentative artificielle de maintenir l'intérêt et ce en deux points.

Tout d'abord l'arrivée de quatre nouveaux personnages hélas sans aucun intérêt pour tenter de relancer l'action. Il n'y a qu'à les retirer du script et l'on se rend compte que celui-ci tient toujours debout. Ils se révèlent ainsi sans enjeu, étant plus des caricatures grossièrement dessinées et faisant office de remplissage-chair à pâtée plutôt qu'autre chose. Il y a bien le rôle de Dida Diafat. Faux méchant-gentil à la noble cause, il n'est lui aussi d'aucune utilité. Pire encore, ses capacités physiques de combat demeurent mal exploitées à l'écran et filmées n'importe comment.

Deuxième point : la caméra. Dynamiser un récit anémique en rendant la caméra la plus mobile possible. MUTANTS tombe alors dans le fatal syndrome du film de couloir et cela tombe bien, l'hôpital en est rempli ce qui est idéal pour meubler un film de poursuites en intérieur à grands renforts de hurlements. Et donc, inévitablement : caméra à l'épaule, tremblotte généralisée dans les scènes de poursuite, elle souhaite donner au spectateur l'illusion du danger et de l'urgence. Mais le spectateur se trouve rapidement plongé dans une forte volonté de saisir du Doliprane 1000.

Une chose étrange arrive également au fur et à mesure : entre la raison de la survivance de Sonia (qui a déjà été utilisée dans d'autres films !) et le nom de la mission militaire (Noé), le film tente une laborieuse parabole sur cette mission salvatrice pour l'humanité. Noé ? L'arche ? (On le prend, dis maman ? aurait dit Sheila) Les militaires dans un hélicoptère blanc (pureté ?) comme une nouvelle arche de Noé pour sauver l'humanité ? Encore une parabole catho ? Hasard du scénario ? On se surprend à se demander les véritables intentions de l'auteur.

Ce qui enrage, c'est le manque flagrant d'ambition du projet. Aucune originalité ne transpire. l'énergie dépensée par l'équipe qui a fait le film, évidente, n'est pas en cause. Cela n'en fait pas forcément un bon film, loin de là. Le produit fini doit aussi donner quelques sérieuses inquiétudes à son distributeur quant à l'exploitation en salles. La carrière du film semble compromise au regard de son potentiel – et au regard des résultats obtenus par tous les films de genre français récents. Il faudra ainsi plutôt compter sur l'exploitation sur le marché vidéo/DVD/Blu Ray, les droits télévisuels et les ventes à l'étranger pour espérer rentabiliser un tel projet et qu'il soit vu par un maximum de spectateurs. Une déception, au final, dont les quelques bonnes idées (dont le mutant évolutif, par exemple) sont noyées au milieu d'un scénario mal fichu et banal qui est incapable de développer son idée de base. Il va falloir aussi dépasser le simple concept d'illustration d'un genre dont le filon a été usé jusqu'à la corde.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
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L'édition vidéo
THE X FILES : FIGHT THE FUTURE DVD Zone 1 (USA)
Editeur
Support
DVD (Double couche)
Origine
USA (Zone 1)
Date de Sortie
Durée
2h02
Image
2.35 (4/3)
Audio
English Dolby Digital 5.1
English Dolby Digital Stéréo Surround
Francais Dolby Digital Stéréo Surround
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