Header Critique : LA BLUE GIRL LIVE 1: REVENGE OF THE SEX DEMON KING

Critique du film et du DVD Zone 1
LA BLUE GIRL LIVE 1 : REVENGE OF THE SEX DEMON KING 1994

LA BLUE GIRL: REVENGE OF THE SHIKIMA REALM 

Depuis des générations, les clans ninjas Miroku et Suzuka se livrent un combat sans merci et tentent de contrôler les Shikimas, des démons pervers qui pourraient bien être la clef de la victoire. Sous ses apparences d'étudiante normale, Miko Mido est en réalité l'une de ces ninjas adepte du «Injutsu», l'art de repousser sexuellement les agressions de monstres tentaculaires… Voilà qui tombe bien puisque l'un de ces goujats se décide à attaquer le lycée de Miko et prend même possession de ses copines de promo. Le temps est donc venu de mettre en pratique plusieurs siècle d'un héritage martial pour le moins inédit !

Avant ses différents portages à l'écran, «La Blue Girl» est un manga issu de l'imaginaire pour le moins débordant du mangaka Toshio Maeda. L'homme connut le succès au milieu des années 80 en livrant sa version papier du célèbre UROTSUKIDOJI. Avec cette œuvre, Maeda imposera l'un des concepts les plus récurrents de l'univers hentaï (manga pornographique), celui du monstre tentaculaire violeur ! En réalité, cette idée n'est pas nouvelle. En tant qu'archipel, le Japon (surnommé «le monde flottant») a toujours été fortement lié au milieu marin qui lui apporte aussi bien la vie que la mort. La faune marine occupe pour sa part une place importante dans l'alimentation nippone mais aussi dans son imaginaire. Les céphalopodes s'avèrent en particulier très «intrigants» et s'imposent vite comme le fantasme d'une créature dotée de huit membres phalliques vivants et habiles… Dès le 18ème siècle, on trouve ainsi trace au Japon d'estampes et de sculptures représentant des femmes dont le bas-ventre est couvert par un poulpe sexuellement entreprenant.

L'image se «démocratisera» en 1820 lorsque l'artiste Katsushika Hokusai, connu pour ses 36 vues du mont Fuji, réalisera un Shunga (une gravure érotique) intitulé «Le rêve de la femme du pêcheur». On y voit une femme nue, allongée sur les récifs et enlacée par deux pieuvres aux agissements libertins. Dès lors, l'image deviendra relativement récurrente au sein des mangas (terme inventé par Hokusai lui-même) et surtout des Dōjinshi (mangas auto-produits). L'avantage d'une telle représentation est bien évidemment de s'affranchir de la censure qui sévit sur l'archipel et proscrit notamment la représentation d'organes génitaux masculins. Le genre prendra même un nom, le «Shokushu goukan». Cette imagerie inspirera alors de nombreux artistes connus tels que Toshio Saeki, Makoto Aïda, Hajime Sorayama et se popularisera même au-delà des frontières japonaises. Aujourd'hui, des studios tels que «genki-genki» poussent cette vision jusqu'à des extrêmes particulièrement dérangeants et propose à son public des «performances artistiques» mettant en scène poulpes, serpents, holothurias et autres bestioles phalliques gluantes…

Nous l'avons vu, Toshio Maeda ne sera donc pas réellement l'instigateur de cette imagerie particulière. Il sera en revanche celui par qui elle franchira le cadre de simples images fixes. En 1987, le réalisateur Hideki Takayama porte en effet UROTSUKIDOJI à l'écran sous forme d'un animé qui connaîtra un succès retentissant. Quelque peu prisonnier de son succès, Toshio Maeda n'en finira plus d'offrir à son œuvre différentes séquelles qui se verront invariablement adaptées à l'écran. Toujours sur le même concept, l'auteur créera «Adventure Kid» en 1988 et «Demon Beast Invasion» en 1989. La même année, Maeda donnera corps à «La Blue Girl», son autre série à succès. Le ton s'avère cette fois-ci moins horrifique, plus décontracté et verse même dans la parodie. Les ninjas et démons de «La Blue Girl» s'animent dès 1992 via une première série d'OVA («Original Video Animation»). D'autres suivront pour un total atteignant finalement les quatorze OVA en 2002.

Entre temps, certains metteurs en scène de «V-Cinema» (films vidéos) auront franchi le cap du monstre tentaculaire «live». C'est le cas par exemple du déjanté Takao Nakano auquel on doit notamment la série des URATSUKI-DOJI, alternatives débiles à UROTSUKIDOJI, nommée chez nous EXORSISTER. Incroyablement fauchés, ces métrages mettent donc en scène de hurlantes demoiselles aux prises avec des tentacules ressemblant à s'y méprendre à des tuyaux d'aspirateurs… Reste qu'un nouveau pas a donc déjà été franchi lorsqu'arrive en 1994 le LA BLUE GIRL: REVENGE OF THE SHIKIMA REALM dont il est question dans cette chronique.

Lui aussi réalisé sans le sou, ce métrage du discret Kaname Kobayashi reprend grosso modo la trame du manga d'origine. Lors d'une courte introduction, on évoque donc la guerre entre les clans Miroku et Suzuka ainsi que l'intervention regrettable des démons Shikimas. Ces quelques détails historiques expliqués, nous voici projetés plusieurs siècles en avant dans un univers contemporain tout ce qu'il y a de plus classique. Dès cet instant, le spectateur familier de l'œuvre de Toshio Maeda commencera à émettre quelques doutes… Car au-delà du concept, cette adaptation live semble à l'évidence prendre de nombreuses et regrettables libertés. Le physique de l'actrice Saya Hidaka, par exemple, ne colle pas du tout avec celui de l'héroïne originale. La grand-mère de Miko Mido, instructrice en «ninjutsu sexuel», disparaît totalement de l'histoire, de même que l'important personnage qu'est Nin-nin. Il faut dire que ce dernier, un mystérieux ninja de petite taille, a très souvent été perçu –à tort– dans le manga (et les animés) comme un «enfant ninja», donnant dès lors à l'œuvre un caractère pédophile très malvenu… Quoiqu'il en soit, ce portage ne se fait donc pas sans mal et prive en définitive le spectateur de toute une galerie de sympathiques et étranges individus. Au-delà de cela, c'est surtout le ton du film qui s'avère surprenant. En effet, là où les versions dessinées adoptaient l'humour et la folie pour contrebalancer les nombreuses agressions à caractère sexuel, le film optera pour une approche très «premier degré» plutôt nuisible.

A priori, difficile d'être sérieux lorsqu'on évoque de jeunes écolières ninjas combattant d'horribles monstres obsédés par le sexe. C'est pourtant la démarche entreprise par un réalisateur qui se prend sans surprise les pieds dans le tapis. Incapable d'instaurer un quelconque sentiment d'horreur et se refusant à toute incursion comique, l'homme n'a donc plus d'autre choix que de tabler sur l'érotisme. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que notre apprenti metteur en scène éprouve là encore certaines difficultés. Car si la nudité est belle et bien omniprésente, elle n'est en rien synonyme d'érotisme. La rigidité mécanique des actrices, leurs sous-vêtements dignes des grosses culottes blanches de nos grands-mères et la mise en scène totalement neutre auraient même tendance à faire de LA BLUE GIRL: REVENGE OF THE SHIKIMA REALM une œuvre embarrassante. Pourquoi avait-on engagé le disque dans le lecteur au fait ? Quelle heure se fait-il ? On va peut être se faire une petite tisane ? Voilà quelques unes des questions qui nous assaillent à la vision de la première moitié du métrage…

Fort heureusement, la seconde portion s'avère légèrement plus attractive. Nos héroïnes revêtent des tenues de ninjas pour le moins indiscrètes et partent donc à l'assaut d'une créature qui se fait de plus en plus présente. Le manque de budget s'avère monstrueusement pénalisant mais quelques poussifs tentacules passent à l'action et crachent leur semence hypnotisante. Bien que la plupart des «pouvoirs spéciaux» de Miko Mido passent à la trappe, nous serons heureux de retrouver furtivement deux d'entres eux. Le premier se nomme l'«Iron Pubes» et se matérialise par des poils pubiens raidis et expulsés comme autant de mini-aiguilles alors que le second, plus sage, consiste à «bloquer les issues» en cas d'agression par une créature phallique ! Là encore et paradoxalement, le tout est malheureusement exhibé sans humour, ce qui ne manquera pas de créer la perplexité chez le spectateur non-initié…

Au final, LA BLUE GIRL: REVENGE OF THE SHIKIMA REALM réussit le pari insensé de provoquer l'ennui sur une durée n'excédant pourtant pas les 75 minutes. Le manque de maîtrise manifeste du réalisateur, couplé à un budget ridicule, est bien évidemment le grand fautif de l'histoire mais on pourrait sans mal y adjoindre le jeu très approximatif des actrices ainsi qu'une photographie particulièrement hideuse. Notre espoir d'assister à un divertissement érotique décomplexé et amusant s'envole donc avec cette première adaptation live de «La Blue Girl». Les amateurs de monstres tentaculaires en viendraient presque à se tourner vers THE KILLER EYE, réalisation américaine de David DeCoteau ou encore, acte d'extrême désespoir, vers le DEMON TERROR de l'Allemand Andreas Bethmann. Cela reviendrait cependant à oublier que ce LA BLUE GIRL a connu deux suites en 1996 et que celles-ci s'avèrent bien plus colorées, divertissantes et généreuses que ce premier rendez-vous quelque peu raté…

Pour vous procurer ce premier opus sur support numérique (renommé LA BLUE GIRL LIVE 1: REVENGE OF THE SEX DEMON KING pour l'occasion), vous n'aurez guère d'autre choix que de vous tourner vers les Etats-Unis. L'éditeur Kitty Film, spécialisé dans les Hentaïs, a en effet sorti le métrage à l'unité mais aussi en coffret regroupant la trilogie. A priori, cette seconde option semble être la plus intéressante puisqu'elle permet l'achat à coût réduit et invite à la découverte des deux séquelles qui, comme nous l'avons dit, sont d'une qualité nettement supérieure à ce premier opus…

Quelle que soit l'option que vous choisirez, vous aurez de toute façon les mêmes disques. Celui de LA BLUE GIRL : REVENGE OF THE SHIKIMA REALM, ou plutôt LA BLUE GIRL LIVE 1: REVENGE OF THE SEX DEMON KING, s'ouvre sur quatre bandes annonces de l'éditeur. Il s'agit de métrages animés à la sexualité bien plus marquée que le film qui nous intéresse. A ce sujet, il est intéressant de voir que la jaquette précise qu'aucun acteur n'avait moins de 19 ans lors du tournage et que le film est interdit aux moins de 18 ans. Cette interdiction ne manquera pas de laisser sceptique vue la nature très «soft» de ce LA BLUE GIRL. En fait, seuls quelques rapports «bucco-tentaculaires» pourraient éventuellement relever de la pornographie mais honnêtement, cette pseudo-restriction aux moins de 18 ans semble davantage tenir de l'argument marketing…

Une fois les bandes-annonces passées, le film démarre automatiquement en version originale sous-titrée en anglais. La logique aurait voulu que l'on atterrisse sur un menu nous permettant de paramétrer nos options mais que nenni, ce disque ne propose aucun menu ! Vous devrez donc faire votre sélection à la télécommande. Là, vous pourrez éventuellement choisir de désactiver le sous-titrage… L'unique piste sonore est encodée en Dolby Digital 2.0. Bien qu'elle soit relativement claire, elle se montre à l'écoute très étouffée et n'offre bien évidemment aucun relief.

L'image nous est pour sa part proposée au ratio d'origine 1.85 mais malheureusement via un encodage 4/3 assez défaillant. La définition n'est pas au rendez-vous, les couleurs sont ternes et les contrastes manquent indiscutablement de pêche. Très sombre, le film souffre par ailleurs d'une compression régulièrement visible… En bref, nous avons là une qualité visuelle juste acceptable. Ajoutons pour finir que le film se termine par un générique américain. A l'issue de celui-ci, une nouvelle piste audio-video se lance et nous propose le générique original japonais se déroulant sur une durée d'une minute et 48 secondes. Une fois celui-ci terminé, le disque boucle et nous renvoie à la présentation des bandes annonces, etc...

Rédacteur : Xavier Desbarats
Photo Xavier Desbarats
Biberonné au cinéma d'action des années 80, traumatisé par les dents du jeune Spielberg et nourri en chemin par une horde de Kickboxers et de Geishas, Xavier Desbarats ne pourra que porter les stigmates d'une jeunesse dédiée au cinéma de divertissement. Pour lui, la puberté n'aura été qu'une occasion de rendre hommage à la pilosité de Chuck Norris. Aussi, ne soyons pas surpris si le bougre consacre depuis 2006 ses chroniques DeViDeadiennes à des métrages Bis de tous horizons, des animaux morfales ou des nanas dévêtues armées de katanas. Pardonnez-lui, il sait très bien ce qu'il fait...
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L'édition vidéo
INJU GAKUEN : SHIKIMA KAI NO GYAKUSHU DVD Zone 1 (USA)
Editeur
Kitty Film
Support
DVD (Simple couche)
Origine
USA (Zone 1)
Date de Sortie
Durée
1h14
Image
1.85 (4/3)
Audio
Japanese Dolby Digital Stéréo
Sous-titrage
  • Anglais
  • Supplements
      • Bandes annonces (au lancement du disque)
      • Sex Demon Queen
      • The Legend Of Reyon, The God Of Darkness
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