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Critique du film
THE COTTAGE 2008

 

Les rumeurs du marché cannois 2008 à propos de THE COTTAGE parlaient d'un type de film à la SHAUN OF THE DEAD et autres comédies horrifiques récentes qui ont débarqué sur nos écrans. Bon. Pourquoi pas. Voyons ce qu'on nous propose : origine britannique. Filmé en Scope. Avec Andy «Gollum» Serkis. Doug «Pinhead» Bradley qui fait coucou. Petit budget. Effets gore. Comédie Noire. Un certain capital sympathie, quoi...

Ça raconte quoi ?

Deux frères (Andy Serkis et Reece Shearsmith) enlèvent la fille d'un propriétaire de night-club (Jennifer Ellison) et la retiennent dans un cottage isolé. Ils vont se trouver pistés par deux tueurs asiatiques fous à tuer et aux prises avec un tueur en série local.

Et c'est bien ?

Non, ce n'est pas bon. Du tout.

Ah… Mais pourquoi ?

La première heure tente la carte du film de gangsters via la débilité frénétique des situations. Confondant rythme et précipitation, cela aboutit à une galerie de personnages plus insupportables les uns que les autres. Qui donne plus envie de les gifler que se s'y attacher. Entre la Bimbo anglaise agressive, l'inévitable obèse de service débile –bien sûr, quand on est obèse, on est débile-, le néophyte pleurnichard - mention spéciale à Reece Shearsmith qui hurle tout le long du film : nos oreilles ne lui disent pas merci- et Andy Serkis entouré d'incapables qui fulmine et gueule contre tout le monde… On aurait eu envie d'attaquer la cabine de projection à coups de lance-flamme afin que ces interminables dialogues, ces allers-retours entre le premier et le deuxième étage du cottage s'arrêtent. Mais… Comme nous sommes sérieux, on reste donc dans la salle à subir. Les rebondissements supposés animer cette première heure deviennent téléphonés. Un peu comme s'il s'agissait d'une pièce d'Eugène Labiche avec amant dans le placard et portes qui claquent. Sans compter les deux tueurs asiatiques sadiques lancés par le père de la jeune fille qui a compris que son fils était en cheville avec les ravisseurs. Horrible et très, très, très long.

Puis arrive la scène où Andy Serkis cherche son frère. Il débarque dans une ferme où il est noté partout de ne pas pénétrer sur la propriété. Et qu'y trouve-t-on ? Ben un tueur en série, pardi ! Et qu'a-t-il sur le visage ? Il est défiguré, il grogne et il n'est pas content. Frénésie, que de crimes commet-on en ton nom ! Rebelote sur la famille de dégénérés habitant au fin fond de la cambrousse, avec un masque de peau humaine histoire de cacher tout cela. On ne sait si on nage entre emprunts et hommages à MASSACRE A LA TRONCONNEUSE ou encore DETOUR MORTEL, tant cela paraît grossier. Les tentatives d'humour suivent en effet un chemin tracé par SHAUN OF THE DEAD, mais la comparaison s'arrête là. THE COTTAGE n'arrive jamais à comprendre qu'abondance de biens nuit. Trop de brassage d'airs, trop d'engueulades, trop de clichés, trop de jérémiades, trop d'histoires qui se télescopent, trop de personnages qui ne servent à rien… Noyé dans un flot de dialogues consternants – au moins 50 «Fuck», pas moins-, on songe à sortir de la salle.

Puis au bout d'une heure, le Gore arrive. Une pelle à travers la bouche, un pied sectionné en deux, arrachage de colonne vertébrale… Ça ne peut que réveiller. Un peu comme si le réalisateur se décidait à passer la deuxième après que le moteur soit au bord de l'implosion à force de faire du surplace. Le Gore y est généreux, aux effets réussis. Malheureusement, c'est un peu tard et si les effets peuvent prêter à rire, cela ne rehausse que de très peu la médiocrité ambiante.

Côté visuel, le choix du format Scope n'apporte pas grand-chose. Une photographie assez quelconque promène ses guêtres le long du film mais prend le soin de mettre en valeur les scènes nocturnes, dotées d'un contraste parfois saisissant. Mais bon, le temps que l'on essaie de trouver quelque chose de sympathique au film, on s'est déjà copieusement ennuyé. Serkis tente désespérément de maintenir à flot le reste des acteurs affublés de rôles stéréotypés et caricaturaux à l'extrême, mais ses hurlements et autres tentatives de contenir ses colères à répétition lassent plus qu'autre chose. Il est bien le seul à bénéficier d'un traitement de faveur et son professionnalisme demeure indéniable.

Chose importante : rester au-delà du générique de fin. Tout d'abord parce qu'il y a une scène supplémentaire et qu'ensuite le plan final est l'un des plus ratés qu'il soit possible d'imaginer. Difficile de croire que quelqu'un ait pu laisser passer un tel machin. Un peu à l'image du film, qui déploie de l'énergie afin aboutir à des effets mille fois vus et hélas ratés.

Et ça arrive bientôt ?

Sorti en Grande-Bretagne en mars 2008 par Pathé, le film a remporté un succès plus que mitigé, s'effondrant totalement au bout de deux semaines d'exploitation et disparaissant des écrans au bout de quatre. Déjà disponible en DVD aux Etats-Unis, le film sortira en France le 9 juillet 2008 au cinéma. Après les échecs de MORTUARY, WILDERNESS, A L'INTERIEUR et SEVERANCE, il y a fort à parier que ce nouveau choix de La Fabrique de Films se prenne une veste au Box Office français et qu'une sortie DTV fût plus indiquée.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
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