Header Critique : LARVA (MORPHMAN)

Critique du film et du DVD Zone 0
LARVA 2005

MORPHMAN 

Cannes 2003, Nu Image, la fameuse société de production responsable de SPIDERS, OCTOPUS, CROCODILE de leurs séquelles, annonce au marché du Film (à grands renforts de publicité (chars en pleine rue, affiches alléchantes…) une série de films d'horreur avec des titres ronflants comme SNAKEMAN, SHARKMAN, MOSQUITOMAN, MORPHMAN… 2006, Nu Image a pu trouver un partenaire financier en Allemagne et lâche sa horde de films prêts à l'emploi et MORPHMAN devient LARVA devant nos yeux ébahis ! Tout d'abord destiné à la chaîne de télévision américaine Sci Fi Channel, il est distribué en «direct to video» à travers le monde dont la Thaïlande d'où provient le DVD critiqué ici.

LARVA, c'est sympa ? Oui, c'est sympa et le concept plait tellement qu'on retrouve la même histoire dans un film tourné peu après et lauréat du Grand Prix du Festival de Gérardmer 2006 : ISOLATION ! En effet, tout commence avec la visite d'un vétérinaire dans une ferme perdue où une vache ne se sent pas très bien, pauvrette. Après un fist médical de la pauvre vache, le vétérinaire (Vincent Ventresca), ressort sa main pleine d'asticots pas très catholiques (comme dirait Tonie Marshall). Souhaitant mettre tout cela en quarantaine, il se heurte au patron de l'industrie de la viande locale et à son avocate (Rachel Hunter) qui cachent le fait que certaines expériences ont eu lieu…. Et des larves inconnues apparaissent dans la viande, se nourrissent de sang… et attaquent les humains de l'intérieur mais aussi de l'extérieur une fois incubées !

LARVA, à dada ? LARVA ne va pas à la vitesse d'un cheval au galop pendant sa première moitié. Tim Cox ne perd cependant pas de temps à mettre en place ses personnages, le film revendique son statut de série B pour consommation immédiate. On y retrouve donc le héros parachuté au milieu de nulle part avec un secret bien caché. Un homme d'affaire véreux (pour un film avec des asticots, ça le fait) qui ne pense qu'à l'argent. Une avocate sévère mais qui cache un coeur plein de raison. Un fermier à qui on ne la fait pas et qui va prendre les armes contre les larves géantes. Le décor est planté, il ne reste plus qu'au massacre de prendre place. Certes, le tout se gave de stéréotypes vus dans des centaines de films et que nous verrons probablement dans une centaine d'autres. Le film se prend d'ailleurs un peu trop au sérieux au début avant de lâcher la bride au bout de trois quarts d'heure. Il n'est pas étanche de toute facilité (on retiendra l'inévitable bimbo qui s'échappe en petite tenue d'une séance de gouzi-gouzi en voiture interrompu par une créature). Et là, le rythme s'accélère dès que les attaques se font plus nombreuses. Tim Cox (ayant déjà œuvré pour Nu Image sur ALIEN LOCKDOWN) sait poser sa caméra au bon endroit dès que les effets l'exigent. Il donne aussi le bon rythme et le bon cadre dans les scènes de poursuite à l'hôpital : l'efficacité comme maître mot, mais sans laisser espérer autre chose que ce qui est prévu.

LARVA, ça explose dans le tas ? LARVA est gore, sans aucun doute. Au même titre que MOSQUITOMAN (ou MANSQUITO selon les pays), on y retrouve pêle-mêle des effets à l'ancienne mélangé à quelques trucages numériques. Il ne vaut mieux pas s'attarder sur ceux-ci, mais le tout demeure d'un niveau plus qu'acceptable. LARVA tente de suivre le chemin tracé par un grand nombre de série B des années 50, du type ATTACK OF THE GIANT LEECHES ou encore THE GIANT GILA MONSTER. Et donc, il tente de garder son sérieux malgré la haute improbabilité de son histoire couplé à un scénario enraciné dans nos peurs actuelles (les organismes génétiquement modifiés atterrissant dans nos assiettes) Les créatures assurent les effets requis (répugnance et sursaut) : il existe un plaisir évident à montrer à la caméra certains effets sanglants ! Car hormis certains CGI montrés prestement (heureusement), la recette y adjoint adroitement quelques explosions ventrales (humaines et bovidées). Joli. LARVA repousse également les limites du bon goût en hésitant pas à sacrifier un enfant en direct. On ne respecte vraiment plus rien ! On termine par le suspens d'usage : comment nos héros vont-ils s'en sortir ? En calquant tout simplement le final de BATS (qui lui-même découlait d'autres films), final un peu précipité ceci dit.

LARVA, comment que ça joue pas ? Côté interprétation, le niveau est là aussi fort honorable. Nu Image a engagé cette sale tronche de William Forsythe pour deux opus : LARVA et SHARKMAN. Pour LARVA, il y joue (et c'est rare) un héros positif et il réussit à être crédible. Tim Cox a confié la rôle du beau héros à Vincent Ventresca (DEAD AND BREAKFAST, la série INVISIBLE MAN). Leur collaboration s'est tellement bien passée que Tim Cox a de nouveau fait appel à lui pour son nouveau film fantastique : MAMMOTH. En tous cas, Vincent Ventresca y est tonique et insuffle un peu d'humour dans ses scènes avec William Forsythe. Le bémol serait à mettre à l'actif de Rachel Hunter (ex-mannequin, ex-Mme Rod Stewart, ex-tout, quoi), encore toute fraîche sortie de son injection de collagène aux lèvres et dotée d'une choucroute capillaire digne d'un champ de bosses pour snowboard. Peu crédible, elle apparaît totalement inutile à l'action et joue les utilités de manière peu convaincante. Le tout est complété par un David Selby (la série DARK SHADOWS, LA GUERRE DES ABIMES, ou plus drôle, la série FALCON CREST !) sur le retour, dans le rôle du salaud de service. Convaincant, il est le parfait méchant qu'on aime haïr, avec en prime un très curieux concours de borborygmes en plein dîner avec sa famille. Complètement décalé !

Le DVD de LARVA, ça vaut le coup bas ? Tout dépend où se trouve le curseur du «ça vaut le coup» (bas ou pas). Hormis la question du prix (le DVD Thaï est tout à fait abordable), la jaquette indique un format 4/3. Il n'en est rien, car le transfert offre bien du 16/9ème. La couverture reprend le visuel original vendant le film en 2004… légèrement mensongèr, on ne voit en rien les créatures dessinées ! On remarquera un mixage sonore anglais en Dolby Digital 5.1 superbe ! Puissant, précis, il utilise tous les canaux pour une multitude de sons qui enveloppe littéralement le spectateur (notamment lors de l'attaque finale). Les dialogues sont clairs et les effets sonores prennent une ampleur inattendue pour ce type de produit. Toutefois, certaines scènes à l'écran se voient précédées du son (sur les canaux droite ou gauche) supposé arriver une demi seconde après ! (par exemple sur la scènes où le vétérinaire arrive à la ferme tenue par William Forsythe - 4mn55) Ne pas s'attarder sur le 5.1 Thaï, sauf si on est coutumier de la belle langue parlée en Thaïlande.! Le mixage sonore s'avère quasi-identique, aux mêmes erreurs près ! L'image demeure correcte, un certain piqué dans les scènes intérieures et extérieures de jour. Par contre, les scènes de nuit manquent de contraste (voir la scène de début avec les quatre teenagers débiles qui foncent dans la vache morte), avec une curieuse teinte ocre, foncée par instants qui n'est pas du meilleur effet. Le transfert y apparaît ainsi aléatoire, comme si un fin voile y avait été apposé ? L'impression générale est terne et manquant de définition. Passée cette surprise, aucune griffure, aucune poussière ne sont à noter.

LARVA, des bonus à tout va ? Fidèle au proverbe Thaï «LARVA, tu as déjà le film, à rien d'autre tu t'attendras », le DVD est donc exsangue hormis le synopsis (le même que celui au dos de la jaquette) et une galerie de photos dont, honnêtement, personne n'a rien à faire. On aurait aimé retrouver le Making of présent sur l'édition allemande.

Donc, LARVA ça… … Répond au cahier des charges d'une série B tourné à la va-vite pour 1,5 million de dollars et qui ne se pose pas de question sur une édition DVD minimale. Tant pis pour les incohérences, les à-peu-près, les fautes de raccord… le but est de confronter chacun à des parasites en goguette et d'assister au massacre. Il ne faut pas en attendre plus. Mais avec la seule prétention de divertir tout en étant conscient de ses limites, LARVA est efficace, sans doute le meilleur de la nouvelle série de perles lâchée par Nu Image. Des perles idéales en ces temps de paix cinématographique.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
54 ans
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394 critiques Film & Vidéo
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Une série B sanguinolente
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Bonus quasi inexistants
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L'édition vidéo
LARVA DVD Zone 0 (Thailand)
Editeur
ST
Support
DVD (Double couche)
Origine
Thailand (Zone 0)
Date de Sortie
Durée
1h30
Image
1.85 (16/9)
Audio
English Dolby Digital 5.1
Thai Dolby Digital 5.1
Sous-titrage
  • Thaïlandais
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    • Synopsis
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