RAZOR BLADE se traîne une bonne réputation. Sa sortie
en DVD était donc l'occasion d'y jeter un oeil. Et cela commence
plutôt bien puisqu'on nous annonce très clairement que
tout ce que vous croyez connaître des vampires est un ramassis
de conneries. Un bon coup de pied dans les traditions.
L'héroïne vampire, Lilith Silver, se promène en plein jour, n'a rien à craindre des crucifix et peut se maquiller en toute sérénité grâce au reflet que lui renvoient les miroirs. Ce n'est pas non plus une âme en peine romantique. Au contraire, lorsqu'on a l'éternité devant soi, autant ne pas "crever" d'ennui. Alors, elle s'éclate avec le cul et l'action... Ou prend un malin plaisir à se rendre dans les bars gothiques pour écouter ceux qui singent les créatures de la nuit. C'est d'ailleurs là où se trouvent les meilleurs morceaux de RAZOR BLADE. Plus proche d'un croisement entre Betty Page et de la Nikita du film homonyme que des femmes vampires habituellement soumises. Tueuse à gage, elle joue plus du revolver que de ses canines. L'influence de John Woo est d'ailleurs plus que flagrante.
Ce ne sont donc pas les bonnes idées qui manquent. En fait, ce serait plutôt les moyens qui font défaut. Et l'esthétique maniérée ainsi que le style précieux de la mise en scène en pâtissent. Jake West cherche la belle image, fait prendre des poses à ses interprètes. Au point que certains passages fleurent bon le ridicule. A vouloir trop bien faire, Jake West oublie qu'il n'a pas dans les mains les possibilités des grosses productions. Et son projet prend encore plus l'eau avec les prestations des "acteurs" qui rivalisent au jeu des récitations approximatives. En dehors de quelques véritables acteurs (David Warbeck en tête), le reste de la distribution sonne franchement faux. Et le gimmick répétitif des vampires qui montrent les crocs comme des chats sauvages finit de plomber le film qui aurait mérité une approche un peu moins tape à l'oeil. Un peu de modestie aurait sûrement donné des scènes de cul moins tristounettes et une plus grande fraîcheur à l'ensemble.
L'aspect un peu faux dans l'interprétation des personnages pourrait s'expliquer par la révélation finale. Plutôt roublarde et ébranlant une dernière fois les conventions établies. Cela arrive pourtant un peu tardivement dans RAZOR BLADE qui, malgré toute la bonne volonté, fait un peu trop amateur pour les ambitions affichées !