Header Critique : SATAN BUG (STATION 3 : ULTRA SECRET)

Critique du film et du DVD Zone 2
SATAN BUG 1965

STATION 3 : ULTRA SECRET 

La base secrète américaine "Station 3" a été cambriolée ! Or, des scientifiques y oeuvrent à la mise au point de virus destinés à servir, si nécessaire, d'armes de destruction massive. Le gouvernement confie à Lee Barrett, un de ses meilleurs agents, la lourde responsabilité de mener l'enquête. Il découvre que quelques virus destructeurs classiques ont été volés : ils sont capables d'éradiquer en quelques minutes la population d'une grande ville. En plus, il apprend que les malfrats ont subtilisé une fiole contenant un super virus, le "Satan Bug", qui peut éliminer toute la population mondiale, et contre lequel il n'existe aucun vaccin ! Rapidement, un message anonyme est envoyé aux autorités : un criminel fanatique y revendique ces vols et soumet l'humanité à un odieux chantage...

L'utilisation à des fins guerrières de virus destructeurs, élaborés ou améliorés par l'homme, terrifie par sa lâcheté et les dégâts potentiels qu'elle pourrait provoquer. Les stratèges, de leur côté, reprochent en général à ces armes bactériologiques des résultats aléatoires, incontrôlables et trop lents. Pourtant, certains pays sont réputés avoir utilisé, ou au moins expérimenté, de telles armes virales, comme le Japon, les USA ou l'URSS, entre autres. En pratique, les grandes puissances leur ont préféré les armes atomiques. Les pays moins fortunés favorisent les classiques gaz toxiques employés depuis la première guerre mondiale. Dans les deux cas, le travail est plus rapide, précis et "définitif".

La menace d'un bio terrorisme a néanmoins fait son chemin parmi les éventuels scénarios catastrophes qui pourraient s'abattre sur les grandes villes occidentales. L'idée qu'un personnage mal intentionné puisse répandre une arme bacteriologique devient en effet vraisemblable. Ainsi, aux USA, en automne 2001, alors que l'opinion publique américaine est encore sous le choc de la destruction du World Trade Center, des lettres contenant des extraits de la bactérie du charbon ont été envoyées à des hommes politiques et à des organes de presse, provoquant la mort de cinq personnes. Le coupable n'a toujours pas été retrouvé aujourd'hui...

Le cinéma a mis en scène plusieurs fois les conséquences désastreuses de la libération d'un virus destructeur : LA NUIT DES FOUS VIVANTS de George Romero, LE PONT DE CASSANDRA de George Pan Cosmatos, RAGE de David Cronenberg, VIRUS de Kinji Fukasaku, 28 JOURS APRES de Danny Boyle...
La terreur de voir de telles épidémies devenir des armes dans les mains de déséquilibrés a aussi donné son lot d'œuvres à suspens. Dans AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTE, l'agent James Bond du MI5 doit affronter Blofeld, un sinistre individu cherchant à répandre une maladie capable de décimer l'humanité. Dans MISSION IMPOSSIBLE 2 de John Woo, c'est Ethan Hunt - Tom Cruise qui doit combattre un gang de bio terroristes. L'ARMÉE DES DOUZE SINGES montrera aussi un détraqué provoquer délibérément, à l'aide de germes mortels, la fin de l'humanité. Enfin, dans le récent RESIDENT EVIL, il semble bien que la terrible maladie lâchée dans le complexe militaire l'ait été délibérément, par un personnage très mal intentionné...

STATION 3 : ULTRA SECRET, sur un thème semblable, précéde chronologiquement ces titres. Des terroristes y mettent la main sur un stock de virus développés pour le compte de l'armée américaine. Parmi eux se trouve un germe capable de décimer toute l'humanité et contre lequel il n'existe pas de remède ! Pour prouver qu'ils ne plaisantent pas, les malfaiteurs vont par ailleurs libérer un germe mortel dans un coin de Floride, tuant ainsi toute la population de cette région...

STATION 3 : ULTRA SECRET est une grosse production, tournée en scope et en couleurs et réalisé par John Sturges, d'après un roman d'Alistair MacLean. Sturges est avant tout connu comme un très honorable réalisateur de western (REGLEMENTS DE COMPTE A OK CORAL, SEPT SECONDES EN ENFER, LES SEPT MERCENAIRES...), de films noirs (UN HOMME EST PASSE, superbe rôle pour Spencer Tracy...) ou de guerre (LA GRANDE ÉVASION, qui fit de Steve McQueen un des acteurs américains les plus populaires des années 1960...).

Bien qu'assez isolé dans sa filmographie, STATION 3 : ULTRA SECRET n'est pourtant pas sa seule réalisation flirtant avec la science-fiction. Son DESTINATION : ZEBRA, STATION POLAIRE, à nouveau une adaptation d'un roman d'espionnage d'Alistair MacLean, met en scène des sous-marins nucléaires et des satellites, tandis qu'on y frôle une troisième guerre mondiale entre les USA et L'URSS ! Surtout, dans LES NAUFRAGES DE L'ESPACE, trois astronautes américains doivent survivre à bord d'une capsule spatiale en difficulté, dans laquelle l'oxygène se raréfie.

Dans STATION 3 : ULTRA SECRET, l'agent Lee Barrett est incarné par George Maharis, comédien surtout populaire, alors, pour ses rôles à la télévision, notamment dans la série TV "ROUTE 66". Il tentera de faire carrière au cinéma dans les années 1960, puis retournera essentiellement travaillé pour le petit écran. En tout cas, les deux derniers films de sa carrière seront fantastiques : L'ÉPÉE SAUVAGE d'Albert Pyun et DOPPELGANGER d'Avi Nesher. A ses côtés, on reconnaît Anne Francis (immortelle interprète de LA PLANETE INTERDITE...) et surtout le grand comédien hollywoodien Dana Andrews, rencontré par ailleurs dans des films fantastiques comme le classique RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR de Jacques Tourneur, ou QUAND LA TERRE S'ENTROUVRIRA.

STATION 3 : ULTRA SECRET bénéficie des qualités qu'on peut attendre d'une œuvre réalisée par un bon réalisateur hollywoodien. La mise en scène est solide ; l'interprétation est d'un très bon niveau, les moyens financiers semblent suffisants ; les décors sont variés, voire étonnants (l'intérieur de la "station 3"...) ; la partition bizarroïde composée par Jerry Goldsmith sème l'inquiétude... Le suspens, de son côté, repose avant tout sur la structure du scénario, particulièrement opaque dans la première moitié du métrage : on ne nous y révèle que très progressivement la nature terrible de la situation. L'enquête se suit avec intérêt, les révélations fonctionnent efficacement, tandis qu'une ambiance angoissante est sécrétée avec succès tout au long du film.

Pourtant, STATION 3 : ULTRA SECRET abuse peut-être un peu trop des bavardages et autres explications verbales. Seul le dernier tiers du film, prenant la forme d'une course-poursuite ponctuée de moult rebondissements, semble trouver vraiment son rythme. Même ce dénouement n'est pas suffisamment spectaculaire pour totalement convaincre (les projections devant lesquelles se déroule la séquence de l'hélicoptère sont, par exemple, trop flagrantes). De même, on aimerait ressentir encore plus la menace incroyable qui pèse sur l'humanité, à la merci des caprices d'un détraqué. Seul le court film en noir et blanc, enregistrant le drame de la contamination de la Floride, exploite efficacement l'aspect "horrifique" du drame. Quoi qu'il en soit, STATION 3 : ULTRA SECRET reste tout de même un agréable suspens d'espionnage, bénéficiant d'une réalisation aussi classique que robuste, ainsi que d'excellents interprètes.

Cette édition italienne propose ce film dans son format scope 2.35 d'origine, avec option 16/9. La copie est, à l'évidence, un peu fatiguée. On repère ainsi quelques rares déchirures ou poinçons. Surtout, dans les plans agités, ou au cours de certains mouvements de caméra, l'image a tendance à devenir légèrement floue. De même, les surfaces colorées les plus denses manquent légèrement de définition. Tout cela semble trahir l'utilisation d'un master assez passable. Quoi qu'il en soit, même si on est loin de la perfection, le résultat est globalement de bonne tenue et se laisse tout à fait regarder, surtout pour un film de 1965, devenu assez rare.
On trouve la bandes-son en italien, en mono ou dans un remix 5.1 Dolby Digital. Dans les deux cas, le résultat est propre et assez plaisant. La bande-son anglaise mono d'origine est plus problématique. Elle est assez sale (craquements, chuintements et léger bourdonnement). Les dialogues sonnent parfois assez étouffés, si bien qu'ils peuvent paraître un peu durs à suivre pour ceux dont la langue de Shakespeare n'est pas l'idiome natal. Qui plus est, les sous-titres italiens sont imposés lors de la vision avec cette bande-son anglophone... Ce qui est très regrettable pour les spectateurs non-italianophones !

La section bonus est relativement étoffée. On y trouve trois petites biographies (en italien), plutôt bien faites, pour John Sturges, Anne Francis et George Maharis. Puis, on a accès à une vaste sélection de matériel promotionnel d'époque : affiches, photographies d'exploitation, tirages de photographies de plateau en noir et blanc... On trouve aussi des reproductions du contenu du dossier de presse original, trop petites toutefois pour en rendre les textes lisibles. Enfin, il y a six spots radio et une bande-annonce, tous en anglais non sous-titré. Au vu du prix de vente de ce DVD, c'est plutôt du bon travail, même si on aurait peut-être aimé avoir accès à plus d'informations sur le film lui-même (notes de productions, critiques d'époque...).

Bénéficiant d'un sujet original, d'excellents acteurs et d'un réalisateur ayant déjà fait ses preuves, STATION 3 : ULTRA SECRET avait a priori tout pour être une grande réussite. Toutefois, un peu trop porté sur les bavardages et les longueurs, il ne concrétise pas réellement son potentiel. Il s'agit néanmoins d'un agréable thriller, ainsi que d'une rareté bien souvent négligée par les ouvrages sur la science-fiction cinématographique. Cette édition italienne permet donc de jeter un coup de projecteur sur ce titre un peu oublié. Pour l'anecdote, le scénario catastrophe de STATION 3 : ULTRA SECRET ne pourrait, en principe, plus avoir lieu aux USA, ce pays étant supposé avoir arrêté la production d'armes bactériologiques depuis 1969... A moins que la vérité ne soit ailleurs, bien entendu !

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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Un sympathique thriller d'espionnage
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Sous-titres italiens imposés avec la bande-son anglaise
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L'édition vidéo
THE SATAN BUG DVD Zone 2 (Italie)
Editeur
A.Y.P.
Support
DVD (Double couche)
Origine
Italie (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
1h50
Image
2.35 (16/9)
Audio
English Dolby Digital Mono
Italian Dolby Digital 5.1
Italian Dolby Digital Mono
Sous-titrage
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