Claudin, violoniste de l'opéra, est renvoyé et il met
alors ses espoirs dans un concerto qu'il amène à Pleyel
en vue de son édition. Suite à un malentendu et persuadé
que l'on essaie de lui voler sa musique, Claudin tue Pleyel avant d'être
défiguré par un bain d'acide et de s'enfuir dans les égouts.
A l'origine, LE FANTOME DE L'OPERA est un roman de Gaston Leroux, auteur populaire ayant entre autre créé les personnages de Rouletabille et Chéri Bibi. Le cinéma et la télévision adapteront pas mal de ses écrits. La première version du FANTOME DE L'OPERA est mise en chantier en 1925 avec Lon Chaney dans le rôle titre. C'est un énorme succès et le studio s'en souvient dans les années 40. LE FANTOME DE L'OPERA se voit donc réadapté mais cette fois avec l'apport du Technicolor. Il sera d'ailleurs le premier film d'horreur de la Universal à ne pas être filmé en noir et blanc. C'est donc à une débauche de couleurs que nous sommes conviés avec LE FANTOME DE L'OPERA dont les costumes et les décors sont les premiers à tirer profit. Une grande partie des décors étant d'ailleurs ceux de la version muette qui furent utilisés dans un grand nombre de films comme vous pourrez le découvrir dans le documentaire qui se trouve sur le DVD. Par la suite, il y aura une version produite par la Hammer, toujours sous le même titre, mais aussi une version bien déjantée réalisée par Brian De Palma (PHANTOM OF THE PARADISE). Robert Englund, le Freddy des GRIFFES DE LA NUIT, reprend le rôle et Dario Argento se lancera lui aussi dans une adaptation. Mais finalement, malgré un potentiel important, l'histoire a été bien peu adaptée au cinéma !
La version de Arthur Lubin qui nous intéresse ici est donc fort colorée. A un point que l'on finit par oublier que nous avons à faire à un film d'épouvante. Le potentiel horrifique et tragique est largement édulcoré et le réalisateur fixe bien plus souvent sa caméra sur la scène de l'Opéra plutôt que sur les coulisses et son fantôme. Le film pourrait presque prendre des airs de film musical tant les séquences d'opéra sont nombreuses et longuettes. Même le visage du fantôme est bien décevant en comparaison de Lon Chaney. Claude Rains avait d'ailleurs expressément demandé à ce que le maquillage soit le moins lourd possible. L'acteur voulait certainement que sa présence soit reconnue ce qui peut se comprendre lorsque l'on a joué L'HOMME INVISIBLE une dizaine d'années auparavant ! Un duo de prétendants pour une jeune cantatrice, un régisseur rigolo et obsédé par le fantôme Autant de situations qui finissent de transformer LE FANTOME DE L'OPERA en un film très léger ! La vision en est fort sympathique mais déçoit puisque l'exploitation du fantôme y est grandement diminuée. Au final, la visite des sous-sols de l'opéra n'a rien de bien grandiose !
La reproduction de l'image
sur ce DVD fait honneur au Technicolor d'origine. A noter des défauts
de pellicule (tâches diverses et petits points blancs) qui viennent
rappeler que le film a déjà une soixantaine d'années.
Seuls une version originale anglaise et un doublage en allemand se trouvent
sur le disque. Voilà qui est étonnant puisqu'il existe,
à notre connaissance, un doublage dans notre langue. Présentée
en mono, la piste originale ne souffre pas vraiment de défaut.
Le passage en DVD du FANTOME DE L'OPERA est donc d'un point de
vue technique une belle réussite.
Sur une cinquantaine de minutes, le documentaire ne s'intéresse pas seulement au film contenu sur le DVD. Au contraire, il débute par une évocation du classique du muet avec Lon Chaney puis embraye sur la version avec Claude Rains pour ensuite aboutir au film de la Hammer où Herbert Lom campe le fantôme. C'est ici que l'on apprend par exemple que le décor du film qui nous intéresse ici a été construire dans les années 20 pour le film de Rupert Julian. A l'issue du documentaire, vous serez d'ailleurs pris d'une furieuse envie de voir ou revoir la version muette où Lon Chaney se transforma en un fantôme bien plus terrifiant que celui du film d'Arthur Lubin.
Le commentaire audio est tout aussi passionnant. Certaines infos sont redondantes par rapport au documentaire mais une fois que vous l'aurez visionné entièrement, vous serez devenu incollable sur le film, les acteurs ou l'équipe technique. Le flux d'informations est soutenu et cela nous change des réalisateurs ou acteurs venus les mains dans les poches pour nous donner quelques bribes de souvenirs. Car ici, c'est un "historien" du cinéma qui nous délivre un véritable exposé. En fait, s'il y avait un seul reproche à faire, c'est justement sur ce point qu'il faudrait appuyer. En effet, le commentaire ne suit pas toujours ce qui se déroule à l'écran. A partir de là, il faut plutôt voir ce commentaire comme une masse d'informations sous forme audio heureusement sous-titré en français !
Comme pour tous les autres titres de cette collection, LE FANTOME DE L'OPERA contient une bande-annonce d'époque ainsi qu'une galerie de photos. Cette dernière contient divers clichés ainsi que des photos d'exploitation et des affiches. Par contre, les notes de production et filmographies présentent sur l'édition américaine n'apparaissent pas sur ce disque.
Des huit films de la collection,
LE FANTOME DE L'OPERA est loin d'être le meilleur. Malgré
certaines qualités, il faut bien avouer aussi que le film d'Arthur
Lubin est loin d'égaler la version de Rupert
Julian (LE
FANTOME DE L'OPERA) ou celle de Terence
Fisher (LE
FANTOME DE L'OPERA). Les bonus du DVD, dont le documentaire,
sont pourtant fort recommandables !