Header Critique : GALLOW WALKERS

Critique du film
GALLOWWALKERS 2012

 

Un desperado taciturne poursuit une quête vengeresse dans un lieu désertique et hors du temps.  Il y affronte des ennemis surnaturels qui ne cessent de revenir à la vie. C’est le cadre de GALLOWWALKERS réalisé par Andrew Goth qui met en scène la vedette de PASSAGER 57 et de la trilogie BLADE.

Le réalisateur Andrew Goth démarre fort en 1998 avec G-MEN. Ce film de gangster met en avant deux vedettes de la scène musicale britannique : Goldie et surtout David Bowie. Le film va connaître des soucis financiers durant la production. Il sera sauvé par David Bowie qui y injectera un peu d’argent pour qu’il puisse être achevé. Sept ans plus tard, le cinéaste anglais tourne COLD AND DARK sur un scénario de Joanne Reay. Cette fois, on entre dans le cinéma fantastique et le surnaturel. 

Alors qu’il vient juste de terminer COLD AND DARK, au début de l’année 2005, Andrew Goth est attaché à un Western intitulé THE WRETCHED. Il est nouvelle fois écrit par Joanne Reay. Le film aurait dû donner la vedette à Chow Yun-Fat dans le rôle d’un chasseur de prime aux prises avec des morts-vivants… Mais, près de deux ans plus tard, le film a changé de titre et d’acteur principal. A la fin de l’année 2006, Wesley Snipes tourne GALLOWWALKERS en Namibie. Tout irait pour le mieux si en octobre 2006, le comédien n’était pas inculpé de fraude fiscale et de défauts de déclaration de ses revenus perçus entre 1999 et 2004. Lorsqu’il rentre aux Etats-Unis au mois de décembre de la même année, Wesley Snipes se rend à la justice américaine. Ces déboires judiciaires vont mettre un coup d’arrêt au film qui va connaître une longue période de sommeil. Finalement reconnu coupable, Wesley Snipes fait appel et paie une caution d’un million de dollars. Cela lui permet de s’envoler vers Londres pour participer à la post-production de GALLOWWALKERS puis d’aller tourner une partie du thriller GAME OF DEATH à Bangkok. Malheureusement pour lui, son appel confirme sa culpabilité concernant le défaut de déclaration de revenus. La sentence est lourde puisqu’il est incarcéré à la fin de l’année 2010. Il ne ressortira de prison qu’à la fin du mois d’avril 2013 et terminera les quatre derniers mois de sa peine en résidence surveillée. Les ayants droit de GALLOWWALKERS décident de dépoussiérer le film à la fin de l’année 2012 et le lancent dans le circuit des festivals. Il commencera à être diffusé en majeure partie sur le marché de la vidéo dans le courant de l’année suivante. En 2017, lors de la promotion de son film suivant, MINDGAMERS, Andrew Goth avouera ne pas avoir suivi la fin de la production de GALLOWWALKERS. Il affirmera même ne pas avoir vu la version finale du film qui a été distribuée. Le ton est donné !

GALLOWWALKERS est un Western qui navigue dans les eaux du cinéma horrifique. Ce mélange n’est pas spécialement nouveau puisque l’on peut compter de nombreux exemples de films se déroulant dans un Ouest sauvage peuplés de créatures étranges. On peut ainsi noter DANS LES GRIFFES DU VAMPIRE, BILLY THE KID VERSUS DRACULA ou encore JESSE JAMES CONTRE FRANKENSTEIN pour les plus anciens. Et plus proches de nous, on peut citer l’excellent VORACE, THE BURROWERS mais aussi BONE TOMAHAWK. Les vengeances sont aussi parfois teintées de cruauté et de surnaturel comme dans L'HOMME DES HAUTES PLAINES ou bien LA HORDE DES SALOPARDS. Le film de Andrew Goth reprend un peu de tout ça et livre sa vision très stylisée du Far-West. Mais il s’agit d’une approche très nettement influencée par des origines européennes. Un grand nombre de situations évoque ainsi le souvenir du Western Spaghetti et surtout de Sergio Leone. Pour GALLOWWALKERS, ce sera la classe et la musique en moins !

L’ambiance, les dialogues et les costumes rappellent également EL TOPO. L’ouverture de GALLOWWALKERS avec un enfant qui porte des seaux de sang fait un peu penser à l’ouverture du film d’Alejandro Jodorowsky où le héros patauge dans les flaques d’hémoglobine d’un Ouest brutal et insolite. Les deux films sont pourtant très éloignés l’un de l’autre. GALLOWWALKERS oscille entre l’envie de faire de belles images et de nous proposer des dialogues ampoulés mais Andrew Goth ne dépasse pas les bornes et propose une œuvre aux antipodes du radical et étrange EL TOPO. Pour être tout à fait clair, GALLOWWALKERS tente très maladroitement de se donner des airs sérieux mais accumule les éléments gratuits. Le film a de quoi laisser perplexe. On ne se pose pas des questions sur la symbolique mais plutôt sur la cohérence de ce qui nous est présenté. La gestation fragmentée du film en est peut être la cause. Mais que penser de ce personnage à la HELLRAISER ? Pourquoi y a-t-il une scène gratuite dans des tunnels avec des morts-vivants ? Quel est l’intérêt du personnage interprété par Patrick Bergin ? Pourquoi certains flashbacks sont en noir et blanc alors que d’autres sont en couleurs ? L’impression générale est d’assister à un patchwork mal foutu, le tout emballé par un cinéaste prétentieux. On n'en garde qu'un générique de fin aux dessins stylisés plutôt joli !

Aujourd’hui, GALLOWWALKERS incarne une rupture dans la carrière de son acteur principal. Difficile de penser que l’interprète de BLADE aurait pu se remettre en selle avec ce film. Les problèmes judiciaires de Wesley Snipes l’ont, de toutes façons, empêché de participer à plusieurs projets et son incarcération a mis un coup d’arrêt préjudiciable à sa carrière durant trois ans. 

Rédacteur : Christophe Lemonnier
Photo Christophe Lemonnier
Ancien journaliste professionnel dans le domaine de la presse spécialisée où il a oeuvré durant plus de 15 ans sous le pseudonyme "Arioch", il est cofondateur de DeVilDead, site d'information monté en l’an 2000. Faute de temps, en 2014, il a été obligé de s'éloigner du site pour n'y collaborer, à présent, que de manière très sporadique. Et, incognito, il a signé de nombreuses chroniques sous le pseudonyme de Antoine Rigaud ici-même.
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