Header Critique : LOS CHICOS DEL MAIZ 2 (LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER)

Critique du film et du Blu-ray Zone B
LOS CHICOS DEL MAIZ 2 1993

LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER 

Les rescapés du massacre de Gatlin ont réussi à alerter les forces de l’ordre. Mais avec eux, c’est toute une horde de journalistes qui déboule au sein de la petite commune, afin de tirer parti du drame. A Hemingford, ville voisine de Gatlin, les habitants s’organisent pour recueillir les malheureux enfants endoctrinés par Isaac, et désormais orphelins. Mais le Culte de « celui qui règne sur les sillons » a la dent dure et bien vite, de nouvelles morts viennent troubler les lieux…

A sa sortie aux Etats-Unis, LES DEMONS DU MAÏS sera plutôt bien accueilli avec près de 15 millions récoltés au Box-Office, pour une mise de départ de huit cent mille dollars seulement. Pourtant et curieusement, la suite se fera attendre et ce n’est qu’en 1993 (ou fin 92 pour l’Allemagne), neuf ans plus tard, que le spectateur pourra renouer avec l’ambiance des champs arides, et « celui qui règne parmi les sillons ». Là encore, le film sera sous l’inspiration de la nouvelle de Stephen King et là encore, nous aurons droit à un film à destination des salles obscures. Le budget de neuf cent mille dollars pourrait être interprété comme une révision des ambitions à la hausse mais, compte tenue de l’inflation, il s’agit plutôt du phénomène inverse…

En 1989, Lawrence Kuppin crée la société Trans Atlantic Entertainment avec pour objectif de produire des séries B horrifiques distribuées par la New World Pictures dont il est l’un des exécutifs. Il acquière donc les droits de certains films, déjà distribués par la New World, avec dans l’idée de leur donner des suites. Ce sera le cas notamment de la franchise HELLRAISER, LE PACTE. Le troisième opus, HELLRAISER III, sera donc produit par Trans Atlantic et distribué par la New World en 1992. LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER prendra le même chemin, à seulement quelques mois d’écart. Sa production débutera en juin 1991, avec un premier clap qui interviendra très rapidement, fin juillet.

Comme pour le premier volet, le tournage se fera au sein d’une véritable ville, d’authentiques maisons, et la figuration sera essentiellement assurée par les habitants locaux. Cette fois-ci cependant, la production optera pour la ville de Liberty, en Caroline du Nord. Soit à environ mille kilomètres au Sud-Est du lieu de tournage du film original. Le climat n’a donc plus grand-chose à voir, l’architecture des maisons s’avère bien différente, et la topographie aux antipodes. Du coup, le spectateur sera sans doute décontenancé quand, dès l’introduction du film, on lui expliquera que l’action est supposée se dérouler dans la même ville fictionnelle de Gatlin ! Plus fort encore, LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER reprend là où le premier opus s’est arrêté, juste après la découverte du massacre. Pourtant la production ne cherche à aucun moment à reproduire les vêtements ou dérives capillaires des années 80. Pas plus qu’elle ne cache les véhicules typés années 90. Bref, le spectateur sera invité au sein d’une curiosité où 10 ans d’évolution du train de vie américain se sont fait en seulement 10 heures à l’échelle du film !

La petite ville de Liberty compte à l’époque deux mille âmes et tous sont particulièrement fiers de leur église, construite en 1884. Bons pratiquants, ils acceptent sans peine les avantages économiques qu’apporte le tournage du film, mais se montrent moins réceptifs lorsqu’il s’agit de mêler leur culte, et donc leur église, avec le culte de « celui qui règne sur les sillons ». La production doit alors faire face à quelques mouvements de contestation, et un rongeur mort laissé devant la porte de David Price, le réalisateur, en guise d’avertissement. En découlera la construction rapide d’une église factice qui, du coup, disparaîtra dans les flammes !

A cette époque, David Price n’a guère d’expérience et LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER n’est que son second film. En 1991 il avait donné une suite à PRETE A TOUT (TO DIE FOR) qui n’avait pas franchement convaincu. Reste que pour son intrigue au milieu du maïs, il peut compter sur une base plus solide. Ainsi et bien qu’il joue la carte de la suite, ce nouvel opus pourrait aussi bien être un remake, ou une préquelle. Les protagonistes ne sont pas tout à fait les mêmes, quelques sous-intrigues viennent étoffer le propos, mais nous restons en terrain connu : des gamins, sous l’emprise d’un prédicateur halluciné, vont tuer les adultes afin de satisfaire une divinité vivant dans les champs. Les bonnes idées se feront dès lors assez rares et nous ne pourrons que regretter un casting d’enfants assez fade en comparaison de celui, glaçant, du premier volet.

En guise de satisfaction, nous nous rabattrons donc sur les adultes avec tout d’abord l’acteur Terence Knox, bien connu à l’époque pour son rôle de Sergent Anderson dans l’inoubliable série L’ENFER DU DEVOIR. Le bonhomme passera ici du petit au grand écran, sans pour autant concrétiser l’essai. Dès l’année suivante, il renouera avec le monde télévisuel, au sein de séries ou pour les besoins de téléfilms. L’une des bonnes idées du métrage sera de mettre en scène l’acteur Ned Romero, d’origines française, espagnole, et surtout amérindienne. Il est ici la voix qui porte une Aura mystique, une ouverture d’esprit face au journaliste cartésien, et les clefs de l’intrigue. Il s’agit pour le coup d’un personnage typique de l’univers de Stephen King, nous ramenant « aux sources », et à une connaissance ancienne, aujourd’hui oubliée ou injustement méprisée…

La « patte » du King, nous la retrouverons également d’une certaine manière par le biais de comportements, et surtout de nombreuses mises à mort. Ainsi l’impressionnante moissonneuse batteuse fait partie de ces nombreuses machines auxquelles l’auteur n’aurait pas rechigné à attribuer une âme démoniaque. De même, la mort de la vieille femme en fauteuil roulant est typique de son humour un peu décalé. A noter du reste que cette séquence se trouve être la seule qui ne sera pas tournée à Liberty, mais dix miles plus au sud, dans la ville de Ramseur.

Au final et si LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER ne renoue à aucun moment avec les qualités du film original, il ne s’avère pas pour autant un spectacle désagréable. Les morts plus ou moins inventives ponctuent le film de manière suffisamment régulière pour créer un rythme, et les sous-intrigues apportent un petit plus intéressant. La vision thermique de « celui qui règne sur les sillons » permet de garder le lien, même si l’aspect purement fantastique est ici bien moindre. Nous ne regretterons donc que Isaac et Malachai, les deux véritables piliers du premier film qui ne trouveront pas d’équivalent ici…

A sa sortie en salles, le film ne récoltera que sept millions de dollars sur le sol américain. Cet échec (relatif) met un terme à la présence des DEMONS DU MAÏS en salle. En septembre 1995, soit deux ans et demi plus tard, LES DEMONS DU MAIS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR devra donc se contenter d’une sortie en vidéo.

Comme son prédécesseur, cet opus a connu moultes éditions DVD de par le monde. Aucune édition haute définition chez nous cependant et c’est pourquoi nous avons opté pour le coffret Blu-ray trilogie espagnol. Comme déjà dit lors de notre précédente chronique, le coffret est assez riche, élégant, et offre une qualité plutôt appréciable. Le Blu-ray de ce second opus propose en outre la version originale anglaise en stéréo, en plus du doublage espagnol. Et si aucun des deux ne vous convient, il vous sera peut-être possible de trouver le salut via les sous-titrages proposés dans les mêmes langues… Quel que soit votre choix, la qualité sera appréciable avec des pistes qui, à défaut de spatialisation, se montrent claires et propres.

L’image proposée est du même tonneau. Elle restitue à peu près le ratio 1.77 par le biais d’un 1.85 approchant. Les couleurs sont belles, les contrastes corrects, mais la définition est fluctuante selon la luminosité des scènes. Globalement, c’est très propre même si on note encore quelques petits scratchs blancs épars. La stabilité aurait également pu être améliorée mais ne soyons pas trop difficiles, l’ensemble est très correct, et surtout très largement au-dessus de ce que nous avons pu voir en DVD.

Sur le plan éditorial, ce disque s’avère en revanche très limité avec les seules bandes-annonces au format 1.33 de LES DEMONS DU MAIS II : LES MOISSONS DE L'ENFER et LES DEMONS DU MAIS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR. Le reste des suppléments étant dédié au premier film et localisés sur le premier disque de cette boîte espagnole.

Rédacteur : Xavier Desbarats
Photo Xavier Desbarats
Biberonné au cinéma d'action des années 80, traumatisé par les dents du jeune Spielberg et nourri en chemin par une horde de Kickboxers et de Geishas, Xavier Desbarats ne pourra que porter les stigmates d'une jeunesse dédiée au cinéma de divertissement. Pour lui, la puberté n'aura été qu'une occasion de rendre hommage à la pilosité de Chuck Norris. Aussi, ne soyons pas surpris si le bougre consacre depuis 2006 ses chroniques DeViDeadiennes à des métrages Bis de tous horizons, des animaux morfales ou des nanas dévêtues armées de katanas. Pardonnez-lui, il sait très bien ce qu'il fait...
44 ans
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Une suite convenable
La patte Stephen King encore très présente
On n'aime pas
Des acteurs assez limité
Des enfants moins inquiétants
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L'édition vidéo
CHILDREN OF THE CORN 2 : FINAL SACRIFICE Blu-ray Zone B (Espagne)
Editeur
Vértice Cine
Support
Blu-Ray (Double couche)
Origine
Espagne (Zone B)
Date de Sortie
Durée
1h30
Image
1.85 (16/9)
Audio
Anglais DTS Stéréo
Espagnol Dolby Digital Stéréo
Sous-titrage
  • Anglais
  • Espagnol
  • Supplements
    • CHILDREN OF THE CORN
    • CHILDREN OF THE CORN 2
    • CHILDREN OF THE CORN 3
    • Welcome to Gatlin: The Sights & Sounds of 'Children of the Corn' (1080i, 15:28)
    • It Was the Eighties! (1080i, 14mins09secs)
    • Stephen King on a Shoestring (1080i, 11mins20secs)
    • Harvesting Horror 'Children of the Corn' (480p, 36mins14secs)
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