Header Critique : VALLEE DE LA MORT, LA (DEATH VALLEY)

Critique du film et du Blu-ray Zone B
LA VALLEE DE LA MORT 1982

DEATH VALLEY 

A la suite du divorce de ses parents, le jeune Billy (Peter Billingsley) accompagne sa mère (Catherine Hicks) et son nouveau beau-père (Paul Le Mat) dans un voyage à travers la Vallée de la Mort en Californie. Il tombe malgré lui sur une caravane avec trois cadavres…. et le tueur à ses trousses.

Au début des années 80, tous les studios américains se sont lancés dans la distribution de thrillers horrifiques ou de slashers, afin de répondre à la popularité de films comme HALLOWEEN, LA NUIT DES MASQUES ou LE BAL DE L'HORREUR. Universal lance alors le projet de DEATH VALLEY en 1981, sorti en France timidement en 1982 sous le titre de LA VALLEE DE LA MORT. Malheureusement, ne sachant pas trop comment lancer l’affaire, la stratégie de communication échouera. N’étant ni un slasher, ni un film d’horreur, ce thriller avec tueur psychopathe poursuivant un enfant ne trouva pas son public. Lancé le 13 juillet 1982 en France, il n’attirera que 48 182 amateurs. Le film resta longtemps invisible dans une version correcte, jusqu’à ce que Shout! lance une édition Blu Ray en 2012. Elephant Films prend le relais 8 ans après pour la France et pour une édition DVD et Blu Ray sur notre territoire.

Le nom de Peter Billingsley ne dira probablement pas grand chose aux cinéphiles français. Il est cependant devenu une énorme star avec son film suivant, CHRISTMAS STORY de Bob Clark, devenu depuis un énorme classique des fêtes de fin d’année. Il interprète ici un rôle aux antipodes de cette comédie nostalgique festive. Bien que la nostalgie joue toutefois un rôle, puisque LA VALLEE DE LA MORT fait partie de ces films quelque peu enterrés dans notre inconscient collectif. Probablement aussi parce que l’affiche en fit fantasmer plus d’un, que son exploitation cinématographique fut expéditive, tout comme celle effectuée en VHS. Une édition française qui arrive à point nommé pour rétablir quelque peu un équilibre perdu, tant ce thriller mérite une attention particulière. Jouant avec les codes, ne se trouvant jamais dans un genre à proprement parler.

On retiendra aussi la présence de Catherine Hicks, convaincante en mère aux sentiments déchirés sur sa nouvelle famille recomposée. Nous la connaissons bien, étant également en première ligne de JEU D'ENFANT. Tout comme Paul Le Mat, révélé dans AMERICAN GRAFFITI et solide acteur protéïforme qui allait élever des films comme PUPPET MASTER ou encore HANOI HILTON par sa simple présence. A noter d’un point de vue purement sociologique un élément discret mais présent : le film ne pose pas en termes immuables la cellule familiale originelle comme la seule solution et la seule vérité. Richards entraîne ici une famille recomposée (très rare au début des années 80) sur la voie de son équilibre.

On pourra reprocher à LA VALLEE DE LA MORT de ne pas clairement choisir son quai de rattachement. Mais cela s’avère être sa principale qualité : le mélange des genres. Une structure de drame familial sur le déchirement d’un enfant séparé de son père et devant le fait accompli d’un beau-père qu’il ne désire pas. Reprenant aussi le canevas très 50’s de l’enfant témoin d’un événement crucial et que personne ne semble croire. Vient immédiatement à l’esprit l’excellente série B UNE INCROYABLE HISTOIRE (THE WINDOW) de Ted Tetzlaff en 1949 qui donne pas mal d’éléments de base pour le film de Dick Richards, par ailleurs.

Dick Richards construit un suspense qui trouve dans un enfant le pivot de son récit. Grosse responsabilité pour les autres et le jeune acteur, de porter sur les épaules un long métrage destiné aux adultes. La construction de ce suspense s’avère particulièrement remarquable lorsqu’il s’agit de manipuler l’acteur/enfant afin de pouvoir arriver aux fins crédibles d’une mise en danger graduelle et mortelle. Tout comme le spectateur, notamment dans la scène à tendance claustrophobe se déroulant dans la boutique de souvenirs où Billy se trouve agressé par le tueur - ceci ne s’arrêtant que très peu vers le crescendo final nocturne. Lui aussi magnifié par une photographie très adroite. Le focus sur le point de vue de Billy s’avère une belle arme narrative, tant Peter Billingsley apporte une authenticité à sa situation de danger de mort.

Le scénario brasse aussi une autre dynamique, familiale, sur le ressenti de l’enfant face à la recomposition de son unité familiale. Tout comme avec le tueur, il s’agit de sa perte de repère de la figure paternelle qui le grandira au final. Très bien vu comme parallèle.

Si LA VALLEE DE LA MORT n’évite pas quelques facilités de série B en laissant quelques trous et décisions curieuses de la part de ses protagonistes, ce mélange de film de terreur/western/drame familial/slasher arrive à ses fins jusqu’au mot fin. Il procure un sentiment agréable de cinéphile retrouvée dans des années où cet exercice filmique faisait figure d’exception… et d’oasis dans un désert de tueurs masqués juvéniles en tous genres.

LA VALLEE DE LA MORT arrive dans un Blu ray 50GB au format 1.85:1, en 1080p, avec un encodage AVC, d’une durée totale de 88mn05. Un menu fixe sobre mais quelque peu minimal offre l’accès au film, aux versions audio, ainsi qu’à la partie chapitrale et suppléments. On ne remarque que le générique Universal en lançant le disque, tout comme le logo Elephant Films. Belle surprise que ce transfert plutôt propre, respectant à la fois le grain filmique originel et donnant à voir une jolie précision de détails. Belle gestion des noirs dans les scène nocturnes, des gros plans parfois saisissants (les yeux de Peter Billingsley, entre autres détails). tout comme la lumière extérieure des décors naturels de la Vallée de la Mort. Généralement brûlante de température comme de lumière aveuglante, elle y est ici admirablement restituée. Qui plus est, la profondeur de champ révèle en arrière des éléments de décors là aussi aux contours nets et précis, jusqu’aux grains de sable. Les contrastes apparaissent là aussi très bien managés.

Deux pistes audio française et anglaise. Le disque US de chez Shout!, bien que ne l’indiquant pas sur la jaquette, donnait le choix de deux mixages anglais DTS HD MA : l’un en 5.1, l’autre en 2.0. On retrouve les deux mixages - tout comme le doublage français sur la même base technique. Les deux s’avèrent honorables, une préférence pour le mixage original anglais, plus net dans son rendu ainsi que dans celui de la partition musicale, moins étouffée que sa consœur française. L’apport du 5.1 se vérifie surtout dans la partition musicale qui se voit offrir une plate-forme inattendue, tout comme certains effets atmosphériques. Les plus puristes se dirigeront vers le mixage mono d’origine, bien que réparti sur deux canaux ici. Des sous-titres français optionnels complètent le tableau.

Côté bonus, on avouera une petite déception quant au contenu. Il existe un très bon commentaire audio du réalisateur sur le disque américain, qui n’a hélas pas été repris ici. Dommage car il donnait nombre d’éléments instructifs sur le tournage et le déroulé du film. Elephant a opté pour un segment analytique par un journaliste, une relative bonne surprise. Pas de déroulé Wikipédia informatif, mais une plongée en petite profondeur sur les tenants et aboutissants du film, son rattachement aux genres. Trop peu vue la durée de moins de 15mn, mais bien plus intéressant que du bla-bla imdb sur chaque acteur et technicien comme on peut en trouver à foison en France. Pour terminer, le film annonce original ainsi qu’une pléthore d’autres du catalogue de l’éditeur (tous en vostf), ainsi qu’une galerie photos et les crédits pour la réalisation de ce Blu ray (et DVD, puisque le film est également disponible en DVD). Recommandé.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
52 ans
1233 news
391 critiques Film & Vidéo
On aime
Un thriller singulier
Une jolie présentation HD
On n'aime pas
L’absence du commentaire audio du réalisateur
RECHERCHE
Mon compte
Se connecter

S'inscrire

Notes des lecteurs
Votez pour ce film
Vous n'êtes pas connecté !
-
0 votes
Ma note : -
L'édition vidéo
DEATH VALLEY Blu-ray Zone B (France)
Editeur
Elephant
Support
Blu-Ray (Double couche)
Origine
France (Zone B)
Date de Sortie
Durée
1h38
Image
1.78 (16/9)
Audio
Anglais DTS Master Audio Mono
Français DTS Master Audio Mono
Sous-titrage
  • Français
  • Supplements
    • La Vallée a des yeux - entretien de Julien Comelli et Erwan le Gac (VF - 1.78:1 - 13mn44)
    • Galerie photos
    • Film annonces
      • LA VALLEE DE LA MORT (vostf - 1.33:1 - 2mn02)
      • EXTRA SANGSUES (vostf - HD - 1.85:1 - 1mn48)
      • LA FERME DE LA TERREUR (vostf - 1.85:1 - 2mn40)
      • LA NURSE (vostf - 1.33:1 - 1mn47)
      • LE BEAU PERE (vostf - 1.33:1 - 1mn59)
      • LE BEAU PERE 2 (vostf - 1.33:1 - 2mn26)
      • ENFER MECANIQUE (vostf - 1.33:1 - 2mn25)
      • LA FANTOME DE MILBURN (vostf - 1.33:1 - 2mn44)
      • MASSACRE DANS LE TRAIN FANTOME (vostf - 2.35:1 - 1mn40)
      • LA SENTINELLE DES MAUDITS (vostf - 1.33:1 - 2mn48)
      • L’ILE SANGLANTE (vostf - 1.33:1 - 2mn26)
    Menus
    Menu 1 : VALLEE DE LA MORT, LA (DEATH VALLEY)
    Autres éditions vidéo