Header Critique : SHERLOCK HOLMES ET LA CLEF (DRESSED TO KILL)

Critique du film
SHERLOCK HOLMES ET LA CLEF 1946

DRESSED TO KILL 
Etats-Unis
Thriller

Un collectionneur de boîtes à musique se fait assassiner. On ne lui dérobe qu'une boite sans valeur, achetée la veille dans une vente caritative. Sherlock Holmes mène l'enquête...

Sherlock Holmes voit ses aventures transposées environ 260 fois au cinéma, et ce dès 1900, ce qui en fait le mythe populaire le plus adapté sur grand écran, loin devant Dracula ou le professeur Frankenstein ! L'interprète le plus fameux ayant prêté son talent au célèbre détective est certainement Basil Rathbone : de 1939 à 1946, il tourne dans quatorze adaptations cinématographiques de ces aventures. Cette série, dont douze épisodes sont produits par Universal, commence par LE CHIEN DES BASKERVILLE et connaît un grand succès. Évidemment, Holmes est toujours accompagné par le fidèle docteur Watson, campé dans ce cycle par Nigel Bruce.

A cette époque, Rathbone et Bruce font même une apparition comique en Holmes et Watson dans SYMPHONIE LOUFOQUE de 1943, une comédie avec les comiques Chic Johnson et Ole Olsen, vedettes un an avant du fameux HELLZAPOPPIN de H.C. Potter.

LA CLÉ est le quatorzième et dernier film avec Basil Rathbone dans le rôle du limier violoniste. Il faut ensuite attendre CHIEN DES BASKERVILLE, LE de Terence Fisher, produit par la Hammer en 1959 , pour voir réapparaître le fameux détective sous les traits du très british Peter Cushing.

Dans LA CLÉ, nous apprécions avant tout l'excellente tenue du récit policier : Sherlock Holmes lutte contre une redoutable bande de malfrats, prête à tout pour mettre la main sur trois boites à musiques d'apparence anodine. Cette histoire est ponctuée de révélations surprenantes et de rebondissements rocambolesques, avec gaz empoisonné, pièges machiavéliques et codes secrets en tout genre. Tout cela donne le charme irrésistible d'un épisode de roman-feuilleton du début du siècle. Ce récit divertissant et bien construit se suit avec beaucoup de plaisir.

Nous apprécions la réalisation sobre, élégante et entièrement au service de la narration et des comédiens que propose Roy William Neill, vieux routier de la série des Sherlock Holmes / Universal (il en réalise onze films sur douze !). Louons aussi le savoir-faire des décorateurs et des chefs-opérateurs de la Major, qui nous entraînent dans un Londres mystérieux, mal famé et ciné-génique à souhait. Toutefois, les amateurs d'ambiance gothique ne doivent pas se montrer trop regardant : les décors de ce film mélangent avec fantaisie des éléments de provenance très diverses (architecture "arts déco", costumes typiques du XIXème siècle...). En effet, les douze films Universal de Sherlock Holmes sont transposés dans les années 1930/1940.

Évidemment, nous apprécions l'interprétation impeccable de Basil Rathbone qui, dans cette série de films, impose la silhouette et la diction définitives du détective de Baker Street dans l'imaginaire public. Nous sommes plus réservés pour le bon docteur Watson. Dans les livres de Conan Doyle, le lecteur s'identifie à ce personnage, certes moins intelligent que le génial Sherlock, mais tout de même brillant et vif. Ici, Nigel Bruce en fait un repoussoir gâteux, ne servant qu'à donner la répartie à Holmes et à placer des blagues. C'est dommage. Par contre, la bande de pittoresques méchants, dirigée par une suave et redoutable criminelle, est formidable. Il ne faut pas oublier le talent de toute la galerie de très sympathiques seconds rôles (le chanteur assassin, le commissaire priseur...) qui participe à la réussite de cette oeuvre.

Certes, LA CLÉ ne réinvente pas le cinéma et souffre d'un manque d'ambition dans son exécution. Mais le récit rocambolesque et le charme de cet épisode des aventures de Sherlock Holmes en font un divertissement bigrement attachant !

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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