Header Critique : Commando spatial - La fantastique aventure du vaisseau Orion (Raumpatrouille - Die phantastischen Abenteuer des Raumschiffes Orion)

Critique du film et du DVD Zone 2
COMMANDO SPATIAL - LA FANTASTIQUE AVENTURE DU VAISSEAU ORION 1966

RAUMPATROUILLE - DIE PHANTASTISCHEN ABENTEUER DES RAUMSCHIFFES ORION 
Allemagne de l'Ouest | France
Aventure | Science-fiction

A bord du Vaisseau Orion, le commandant McLean (Dietmar SchönherrLE MANOIR DE L'ÉTRANGLEUR) emmène son équipage au delà des étoiles - tout du moins ce que sa désobéissance à ses supérieurs le lui permettent. Il se voit cantonné à des missions de surveillance, flanqué d’une gradée de la sécurité terrienne(Eva PflugLA GRENOUILLE ATTAQUE SCOTLAND YARD), pour monitorer ses frasques. Pendant que le gouvernement terrestre vit désormais sous l'eau, il découvre que la Terre est menacée par de mysterieux ennemis nommé les Froggs.

COMMANDO SPATIAL - LA FANTASTIQUE AVENTURE DU VAISSEAU ORION est la Traduction de RAUMPATROUILLE - DIE PHANTASTICHEN ABENTEUER DES RAUMSCHIFFES ORION, une co-production télévisuelle germano-française de 1966.  Véritable série culte en Allemagne (dans le bon sens du terme), elle est inversement méconnue à la télévision française - voire méprisée. Financée à 20% par l’ORTF, elle ne sera diffusée qu’à la sauvette en seconde partie de soirée le samedi soir en mars 1967, avant de disparaitre corps et bien. Déjà sorti en Allemagne ou en Italie, il était absent de nos moniteurs. Mais maintenant que la service de sécurité galactique a autorisé la projection visiophonique sous et au-dessus de l'eau, sur Chroma, Mura ainsi qu'à bord de tous les vaisseaux de combat, Rimini Editions répare cet injuste oubli en sortant la totalité des 7 épisodes en DVD.

Tournée en même temps que la première saison de STAR TREK (LA SERIE), on ne peut que noter d’étranges similitudes - qui se révèlent (comme ce qui est indiqué dans le bonus) qu’une coincidence heureuse (ou malheureuse). COMMANDO SPATIAL reste une première à l’échelle européenne: une série de SF totalement originale, un véritable space opéra avant l’heure. 7 épisodes relativement couteux à l’époque et qui curieusement, malgré le succès remporté lors de s diffusion en Allemagne, ne vit aucune suite. Il y eut une tentative de suite TV en 1990 par Roland Emmerich, mais qui tomba à l'eau faute de budget suffisant. Malgré tout, un remontage  (quelque peu irrévérencieux) eut lieu et sortit au cinéma en Allemagne en 2003 sur 10 écrans, avec un certain succès.

Ces épisodes couvrent une très large palette de thèmes de SF dont les secousses traverseront nombre de créations futures. D'une supernova (épisode 2), de l’explosion d’une planète (épisode 4. Ou la réflexion sur la nature de l’intelligence artificielle (épisode 3) où les deux robots se révoltants contre les humains ont comme une petite odeur du film GOG (1954)… avec les deux robots Gog et Magog possédant les mêmes velléités. Le réchauffement solaire provoque des catastrophes sur Terre (épisode 5…), la créativité - presque prémonitoire- va bon train. Ce qui ne va pas sans induire certains influences d’oeuvres passées. On pourra pointer une influence de la SF est-allemande, très précurseur en la matière, notamment L'ETOILE DU SILENCE, tout comme l’oeuvre littéraire allemande, prééminente. Quelques similitudes avec l’excellent film tchèque IKARIE XB-1 (1963), dont le lounge des scientifiques avec la "danse du futur"…. qu’on retrouve dans COMMANDO SPATIAL!

Les amateurs de musique auront facilement reconnu le style de Peter Thomas derrière les thèmes de la série. Génie allemand du son, de l’expérimentation, il oeuvra pour beaucoup dans l’identité particulière des adaptations d’Edgar Wallace par la Rialto. Dont le fameux theme de DER HEXER, mélange de cris, chuchotements et rock macabre. Commandité pour COMMANDO SPATIAL, il créé un univers sonore emprunt de ces élans parfois atonaux et expérimentaux  certes marqué dans le temps, mais en phase avec le sens de l’ailleurs de l’ensemble. A noter qu'il reprendra la mélodie du générique pour la musique de DER GORILLA VON SOHO en 1968.

Côté effets spéciaux, c'est la méthode débrouille qui donne le La. Cela alterne le bricolage de base avec des éléments du quotidien: on retrouve carrément un fer à repasser comme instrument de bord (épisode 5 - à 2mn56). Avec des caches/contre caches, le décollage du fond de l'eau d'Orion étant une peinture sur verre doublée... d'un alka-seltzer qui indique la propulsion! Certes, plus de 50 ans après, certaines transparences peuvent faire sourire. Mais l'ingéniosité force le respect - le visuel audacieux compense par l'ingéniosité du peu de moyens mis en oeuvre; Il faut toujours savoir replacer une oeuvre dans son contexte - et ici, force de reconnaitre l'ambition de l'ensemble, et la réussite des mélanges d'effets optiques et mécaniques!

La mise en scène alternant des plans larges mettant en valeur décors intérieurs et paysages lunaires (épisode 3 ou 5), par exemple - avec des gros plans ciblant des dialogues tendus. Habile et efficace, dynamisant un récit parfois statique. Diversité des plans d’effets spéciaux, multiplicité des décors, points de vues... tout est étudié pour dépayser l’œil, stimuler l’imaginaire. Un univers visuel cohérent, épuré, couronné d'une architecture et un design très 60's dans son essence mais qui tente d’échapper à son année de création via la compensation des attributs de communication.

L'ensemble ne néglige pas le contrepoint sociologique et historique. Avec des développements inattendus, notamment sur des civilisations alternatives, ou via des références à « deux guerres interplanétaires » qui auraient laissé des d’habitants de colonies lointaines sceptiques sur les intentions de la Terre... une référence aux deux guerres mondiales du XXe siècle et le scepticisme international face à l’Allemagne? Des audaces qui n’échappent pas à une certaine misogynie très années 60 (épisode 5, entre autres) où une civilisation féminine a prospéré dans la paix et entre en collision - sous couvert de progrès. Mais pour mieux renforcer les stéréotypes, L’inégalité entre les sexes comme une convention sociale, qui )- à l'instar de certains péplums - pose le matriarcat comme alternative, un débat vif à la fin des années 60. La réponse est vite apportée par le colonel McLean, mais le mérite est de poser les bases du débat.

Un pari hardi, malgré tout, comme l'ensemble du contenu des épisodes d'une série enthousiasmante. Qui trouvera pas mal de résonnances par la suite, puisque des séries comme UFO ou COSMOS 1999 y puiseront non seulement quelques techniciens venant du tournage, mais également quelques idées sur l'ambiance, les coiffures (!) et autres pérégrinations.... malgré ses plus de 50ans d'âge,  COMMANDO SPATIAL reste résolument moderne, en avance sur son temps et... prémonitoire.

La série arrive sur 4 DVD 9, zone 2, à raison de deux épisodes par disque, le 4e étant hôte du dernier épisode et du seul bonus de cette édition. Un menu identique à chacun, précédé du générique Rimini avec en toile de fond sonore le thème musical principal. Chaque menu présente un accès similaire à deux éisodes, sans chapitrale accessible depuis le menu;

Les épisodes sont de durées variables :

Episode 1: L'ATTAQUE DE L'ESPACE (58mn39)

Episode 2: PLANETE EN DERIVE (55mn31)

Episode 3: GARDIENS DE LA LOI (60mn35)

Episode 4: LES DESERTEURS (56mn38)

Episode 5: LA LUTTE POUR LE SOLEIL (58mn08)

Episode 6: LE PIEGE DE L'ESPACE (58mn38)

Episode 7: INVASION (58mn48)

Un élégant noir et blanc, avec une photographie habile due en grande partie à Kurt Hasse ( VILLE SANS PITIE avec Kirk Douglas). même si à ce jour il n'existe pas de master HD selon les mots de l'éditeur, on a malgré tout affaire à des éléments tout à fait corrects pour uné dition DVD de 2019. Il y a bien quelques poussières, rayures et autres griffures ça et là (Épisode 3 49mn - griffures noires de changement de bobine ou épisode 5 à 30mn48, rayure blanche verticale), mais cela n'en altère pas la vision. Des gros plans sur les visages qui se révèlent nets et précis, contours comme détails (chevelure, décors...). Un bon point, qui donne à l'ensemble une agréable sensation filmique.

Déception côté sonore: l’édition n’offre que le doublage français. En Dolby Digital 2.0, nous avons droit au doublage d’époque, avec des dialogues clairs et distincts. La musique de Peter Thomas s’élève sans souci au-dessus de l’action. Par contre, on remarque que le mixage sonore de 1967 a oublié pas mal d’effets sonores et bruitages (à voir dans l’épisode 3 par exemples, ou le mouvement de panique est muet, tout comme certaines explosions ne retentissent pas). Ce qui n’est pas le cas dans la version originale allemande.

L’explication venant aussi probablement du fait que le télécinéma provient de source SD allemande, mais avec des éléments en provenance de l'INA. En effet, le générique est en français et contient des scènes absentes des copies allemandes. A savoir des scènes entières tournées avec des actrices françaises, qui ne sont pas répertoriées ailleurs; Voir par exemple l’épisode 5, où l’héroïne « Elle » jouée par Margot Trooger - héroïne d'un des meilleurs Krimi DER HEXER et sa suite NEUES VOM HEXER - dans la version originale, l’est en fait par… Christiane Minazzoli dans cette copie. ce qui implique que deux versions ont été tournées en même temps (ou presque). Le rôle joué par Vivi Bach en VO est lui joué en français dans les plans de coupe (33mn30 - p.ex) par Emilie de Almeida.

Côté suppléments, un entretien d'environ 1/2 heure avec Alain Carrazé, grand spécialiste national des séries TV. Qui replace l'histrique de la création de la série, ses enjeux nationaux et internationaux... qu'il s'agisse de la construction de décors, des réticences françaises vis-à-vis à la SF, l'accueil des deux côtés du Rhin...un entretien passionnant, bourré de détails riches en enseignements. Et un entrain communicant qui rend cet entretien toujours vivant!

Un gros regret, quand même: il existe nombre de documents propres à la série, présents sur l'édition DVD allemande ou italienne, avec le remontage ciné en complément. Hélas, rien de tout cela dans le digipack français.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
52 ans
1233 news
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Une serie marquante injustement oubliee!
des scenarii ambitieux
un bonus eclairant
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VF seulement
absence de bonus propres a la serie, existants sur d autres editions
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L'édition vidéo
Raumpatrouille - Die phantastischen Abenteuer des<br>
Raumschiffes Orion DVD Zone 2 (France)
Editeur
Rimini
Support
4 DVD
Origine
France (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
7h00
Image
1.33 (4/3)
Audio
Français Dolby Digital Stéréo
Sous-titrage
  • Aucun
  • Supplements
    • Commando Spatial: une odyssee televisuelle - Entretien avec Alain Carraze (30mn10 - VF - 1.78:1)
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    Menu 1 : Commando spatial - La fantastique aventure du vaisseau Orion (Raumpatrouille - Die phantastischen Abenteuer des Raumschiffes Orion)
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