Header Critique : BASKET CASE (FRERE DE SANG)

Critique du film et du Blu-ray Zone B
BASKET CASE 1982

FRERE DE SANG 

Duane Bradley débarque à New York, un panier en osier sous le bras. Il s'installe dans un hôtel miteux et entreprend de trouver les coordonnées de médecins connectés à son passé. Cette démarche étant intimement liée à l'horrible contenu de son panier… 

A l'instar de William Lustig, Frank Henenlotter fait partie d'une génération de cinéastes américains qui a été bercée par le cinéma d'exploitation. Pour le jeune Frank Henenlotter, le paradis sur Terre, c'était le quartier de la 42ème rue. L'endroit n'était pourtant pas réputé pour être un lieu tranquille. Sur les trottoirs où déambulaient les prostituées et les dealers, il y avait aussi de nombreux cinémas où Frank Henenlotter a forgé sa cinéphilie en visionnant film sur film, la plupart mettant en avant sexe et violence. De fait, le cinéma de Frank Henenlotter est bourré d'idées étranges et d'éléments à même d'attirer les spectateurs en mal de sensations fortes. Pour définir l'univers du cinéaste, ce serait comme un croisement étrange, et pourtant plutôt cohérent, entre le gore d'Hershell Gordon Lewis et les personnages bigarrés des films de Russ Meyer. Ce n'est pourtant pas si flagrant dans son tout premier long-métrage pour le cinéma. BASKET CASE va naître de la rencontre entre Frank Henenlotter et Edgar Ievins. Ce dernier propose au réalisateur de faire un film d'horreur alors que jusque là Frank Henenlotter tourne des courts-métrages. Les deux cinéastes rassemblent leurs maigres économies et se lancent dans un tournage guérilla, filmant sans autorisation dans les rues de New York et avec les moyens du bord. Toutefois, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la majeure partie des scènes se déroulant à l'intérieur de l'hôtel sont en fait filmées dans des décors assemblés dans le loft new-yorkais de Ugis Nigals. Les passages se déroulant dans le bar sont captés dans un authentique club sado-maso de Manhattan ! En cours de tournage, Frank Henenlotter et Edgar Ievins se débrouillent pour trouver plus d'argent et mener à bien les prises de vue de BASKET CASE. Mais réaliser un film avec un monstre nécessite des effets spéciaux un tant soit peu convaincants. Soyons francs, ce n'est pas vraiment le cas de la créature confectionnée par un jeune Kevin Haney. Pourtant, le maquilleur fera par la suite une carrière bien remplie dans le domaine des effets spéciaux en travaillant sur des films bien plus fortunés comme JOHN CARTER ou encore LES GARDIENS DE LA GALAXIE. Il en va de même pour John Caglione qui s'occupe de donner vie à la créature lors du flashback. Contrairement aux techniciens des effets spéciaux, les comédiens apparaîtront pour la plupart seulement dans BASKET CASE et ne feront donc pas carrière dans le milieu du cinéma. Cela peut se comprendre, l'interprétation étant outrancière, mais à vrai dire, cela participe à l'ambiance générale de cette oeuvre particulière !

Il faut bien le reconnaître une trentaine d'années après la réalisation du film, les défauts de BASKET CASE sont des plus évidents. Les effets spéciaux sont rudimentaires. La réalisation est fonctionnelle. Et le jeu des comédiens ne fait pas dans la subtilité. A partir de là, pourquoi BASKET CASE a-t-il réussi à conserver durant toutes ces années son statut d'oeuvre transgressive ? L'approche minimaliste de sa mise en scène, captant les rues de New York sur le vif, donne un véritable cachet à BASKET CASE. Toute proportion gardée, c'est un peu comme un film d'horreur enfanté tardivement par la Nouvelle vague. Par la forme donc... Mais aussi sur le fond puisque BASKET CASE ne semble pas enchaîné par les conventions. Frank Henenlotter se sent libre de présenter les idées les plus folles ou les plus scabreuses dans la grande tradition du cinéma d'exploitation. Certains passages qui ne manqueront pas d'interpeller, voire de révulser le spectateur face à un spectacle pourtant impossible à prendre entièrement au sérieux. Le meilleur exemple de cette réussite qui conjugue le fond et la forme survient dans le dernier tiers de BASKET CASE. Frank Henenlotter nous présente une séquence onirique où son héros court libéré et totalement nu dans les rues désertes de New York. Ce passage étrange mène droit à une surprenante révélation qui nous place face à un parallèle horrifique particulièrement osé ! Ce passage est non seulement une réussite visuelle mais s'intègre parfaitement bien dans son intrigue. Le tout permet surtout d'allier le sexe (masculin et féminin) à l'horreur. Autant dire les deux mamelles du cinéma d'exploitation ! Alors, bien sûr, on peut pointer l'aspect bancal de BASKET CASE. Mais il apparaît bien plus important ici de mettre en avant l'aspect atypique d'une oeuvre aussi noire qu'amusante, avec des personnages attachants et pourtant particulièrement horribles.

BASKET CASE a été entièrement tourné en 16mm et il a donc fallu, à l'époque, le convertir en 35mm pour être diffusé dans les salles américaines et plus généralement un peu partout dans le monde. Mais, à vrai dire, Frank Henenlotter est persuadé que son film ne tiendra qu'une petite semaine dans les salles de la 42ème rue avant de sombrer totalement dans l'oubli, tout comme les films qu'il a pu voir au fil des ans. Et cela aurait pu être le cas puisque son distributeur, Analysis Films, prend la décision de retirer les scènes trop sanglantes en espérant que le film soit plus drôle. A sa sortie au mois d'avril 1982, le film n'obtient pas les faveurs du public. Ce qui va sauver le film, c'est une projection du film à Dallas sur la demande de Joe Bob Briggs qui insiste pour qu'on lui envoie une copie intégrale. A partir de cet instant, le film commence à faire parler de lui et Analysis Films remplace, dans les salles, les copies expurgées par la version intégrale. Un an plus tard, durant l'été 1983, le film sort dans les salles françaises sous le titre FRERE DE SANG. Petit à petit, il se forge un statut de petit classique du cinéma d'horreur underground. La renommée du film est telle qu'il sera demandé à Frank Henenlotter de lui donner des suites. Le cinéaste s'exécutera en tournant BASKET CASE 2 puis BASKET CASE 3 : THE PROGENY...

En DVD, BASKET CASE est déjà sorti à deux reprises en France. Tout d'abord, TF1 Vidéo distribue le film dans une collection commercialisée essentiellement dans les supermarchés. L'éditeur place tout de même un petit making-of sur ce DVD qui aurait très bien pu se présenter dans son plus simple appareil. Quelques années plus tard, BAC Films reprend le flambeau et intègre le film au sein de «La Collection Secrète» utilisant la charte graphique des DVD édités par Something Weird Video aux Etats-Unis. Cette seconde édition a l'avantage de reprendre la majeure partie des suppléments de l'édition américaine. C'était jusque là une référence pour BASKET CASE sur le marché français. A présent, Carlotta décide de proposer le film dans «Midnight Collection». Premier constat, l'éditeur a fait le minimum puisqu'il n'y a qu'un seul et unique supplément sur les éditions DVD et Blu-ray. Dès lors, on peut se demander quel est l'intérêt de repasser à la caisse pour ceux qui ont déjà le film. Cela se résume à un seul et unique élément : la haute définition ! En effet, l'édition Blu-ray permet de découvrir BASKET CASE avec une image particulièrement réussie C'est d'autant plus surprenant que le film a été tourné, rappelons-le, en 16mm. Ce transfert 1080p retranscrit merveilleusement l'image cinéma, dans son format plein cadre d'origine, tout en lui donnant de belles couleurs et une stabilité surprenante.

Côté son, ce Blu-ray a l'avantage de proposer le doublage français d'origine. D'un point de vue artistique, le doublage est tout de même assez mauvais mais il aura au moins le mérite de contenter les nostalgiques et les anglophobes. Que ce soit la version originale sous-titrée ou le doublage français, les pistes DTS HD Master Audio sont en mono. Mais bizarrement, il y a une anicroche sur le doublage français de BASKET CASE. Rien de rédhibitoire, néanmoins ! Aux environs de la 80ème minute, lorsque la créature saute sur le sol, on entend le son plusieurs secondes avant qu'elle ne tombe ! Difficile de se souvenir si ce souci était déjà présent lors de la diffusion du film dans les salles en France. Quoi qu'il en soit, cela ne devrait pas être un frein à l'achat. Donc, à moins de vouloir une pléthore de suppléments, ce Blu-ray permet de revoir le film avec des options françaises et à un prix assez doux, environ quinze euros à sa sortie initiale.

Rédacteur : Christophe Lemonnier
Photo Christophe Lemonnier
Ancien journaliste professionnel dans le domaine de la presse spécialisée où il a oeuvré durant plus de 15 ans sous le pseudonyme "Arioch", il est cofondateur de DeVilDead, site d'information monté en l’an 2000. Faute de temps, en 2014, il a été obligé de s'éloigner du site pour n'y collaborer, à présent, que de manière très sporadique. Et, incognito, il a signé de nombreuses chroniques sous le pseudonyme de Antoine Rigaud ici-même.
51 ans
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4 critiques Livres
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L'univers du cinéaste
Une oeuvre atypique
Un joli transfert HD
On n'aime pas
Cela manque de supplément
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L'édition vidéo
BASKET CASE Blu-ray Zone B (France)
Editeur
Carlotta
Support
Blu-Ray (Simple couche)
Origine
France (Zone B)
Date de Sortie
Durée
1h31
Image
1.33 (4/3)
Audio
English Dolby Digital Mono
Francais Dolby Digital Mono
Sous-titrage
  • Français
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