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Critique du film
HANSEL ET GRETEL 2007

 

Après être sorti de la route, par accident, avec sa voiture, Eun-soo reprend connaissance et s'égare dans une forêt. Il finit par rencontrer une jeune fille qui lui propose de l'emmener auprès de sa famille. Eun-soo va alors découvrir une maison de rêve perdue au fond des bois dans laquelle vivent deux parents et leurs trois enfants. Un tableau idyllique un peu trop rose pour être vrai…

Pour son second long métrage, après ANTARTIC JOURNAL, le coréen Pil-Sung Yim propose une nouvelle fois un curieux huis clos en resserrant son intrigue sur un nombre limité de personnages. Les étendues gelées de l'Antarctique cèdent la place à une forêt mystérieuse et hors du temps où quelques personnes se retrouvent «prisonniers». Assez vite, il apparaît d'ailleurs évident que nous sommes face à une nouvelle adaptation d'une histoire écrite par Jerome Bixby pour la série télévisée LA QUATRIEME DIMENSION. Cet épisode, «C'est une belle vie» («It's a Good Life»), avait déjà été adapté au cinéma, par Joe Dante, dans l'un des sketches de LA QUATRIEME DIMENSION : LE FILM. Toutefois, Pil-Sung Yim et Min-sook Kim ne se contentent pas de reprendre telle quelle cette histoire mais lui apporte de nombreux aménagements. De nouveaux développements qui permettent de réinventer le concept tout en lui donnant une nouvelle dimension et surtout en lui greffant des thèmes complètementaires absents à l'origine. Ainsi, l'intrigue se pare de nombreuses références au monde de l'enfance à commencer par les contes. Des histoires à destination des plus jeunes mais qui ont bien souvent un fond d'une grande cruauté à l'instar du Hansel & Gretel des frères Grimm qui donne aussi son nom au film de Pil-Sung Yim. Jeune adulte, le personnage principal se retrouve donc dans une forêt de conte de fée et au contact d'une merveilleuse demeure où vit une famille en apparence idéale. Evidemment, derrière le vernis de la perfection se cache de sombres et horribles secrets.

HANSEL ET GRETEL, le film, démarre particulièrement bien en découvrant de manière très réussie son univers féerique à coups de décors évocateurs et de situations étranges : repas composé de desserts, intérieurs colorés et peuplés de nombreux jouets… Ainsi, placé au même niveau que son personnage principal, le spectateur est bien à même de ressentir les petites bizarreries, au départ plutôt amusantes, des lieux. Correctement dosé, cette progression de l'intrigue nous mène bien vite à réaliser l'aspect très inquiétant de la situation. Bien sûr, ceux qui ont déjà vu l'épisode de LA QUATRIEME DIMENSION, ou bien son adaptation cinéma, ne tomberont pas des nues et auront déjà compris ce qui est en train de se dérouler. D'ailleurs, le cinéaste n'hésite pas à utiliser directement quelques idées issues de l'histoire originale telle que la télévision distillant en continu des dessins animés. Il n'en reste pas moins que les premiers contacts avec l'univers d'HANSEL ET GRETEL s'avèrent des plus agréables. D'un point de vue esthétique, le film a été véritablement bien soignée.

Si de prime abord HANSEL ET GRETEL est donc une belle réussite, le film se met à patiner au fur et à mesure que l'histoire se déroule. Charmant dans son introduction, le scénario vient à s'étirer de plus en plus en longueur au fur et à mesure que l'on approche de la fin. Particulièrement lors de larmoyantes révélations qui auraient sûrement mérité une plus grande retenue. Surtout que le film de Pil-Sung Yim en vient à évoquer avec des images assez dures des maltraitances d'enfants et la pédophilie. Des thèmes plutôt difficiles qui viennent ici se marier de façon très logique avec le sombre univers des contes. Mais la dernière demi heure du film insiste tellement lourdement sur le pathos que la force du métrage s'en voit amoindrie. Pire l'ennui et le désintérêt finissent par pointer, ce qui est plutôt paradoxal face à l'horrible réalité que nous lance à la figure, à ce moment, le cinéaste. Une vraie déception tant les prémices de HANSEL ET GRETEL étaient enthousiasmants. Pil-Sung Yim semble donc s'être lui-même un peu égaré dans sa forêt où se sont donnés rendez-vous la cruauté des contes et celui de notre monde réel. Un gros souci pour un métrage qui cumule, en tout cas dans sa première partie, de jolis moments tout en alignant des magnifiques images.

Rédacteur : Christophe Lemonnier
Photo Christophe Lemonnier
Ancien journaliste professionnel dans le domaine de la presse spécialisée où il a oeuvré durant plus de 15 ans sous le pseudonyme "Arioch", il est cofondateur de DeVilDead, site d'information monté en l’an 2000. Faute de temps, en 2014, il a été obligé de s'éloigner du site pour n'y collaborer, à présent, que de manière très sporadique. Et, incognito, il a signé de nombreuses chroniques sous le pseudonyme de Antoine Rigaud ici-même.
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