Header Critique : MANHUNT (ROVDYR)

Critique du film
MANHUNT 2008

ROVDYR 

Conventionnel et court, ROVDYR, alias MANHUNT, possède le mérite de n'afficher d'autres ambitions que de respecter le genre du survival. 1h18 tout mouillé, il a bénéficié dans son pays d'origine, la Norvège, d'une sortie digne d'un blockbuster en janvier 2008 et y rencontra le succès. Maintenant, ROVDYR, de quoi ça parle ?

1974. Quatre amis partent pour un week-end dans une forêt norvégienne. Ils se font agresser par des chasseurs locaux qui organisent une chasse à l'homme. Autant dire que le schéma du film et l'époque font furieusement penser à MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, et plus particulièrement son remake. Le van, les pieds sur le tableau de bord, l'insouciance des jeunes, la rencontre avec une jeune fille apeurée qui semble s'être échappée… Et l'horreur au détour de la forêt. ROVDYR s'inscrit en droite ligne des nombreux films adeptes du genre. Inutile de tous les citer, tant chacun aura en tête tous les avatars de LA CHASSE DU COMTE ZAROFF jusqu'aux récents WRONG TURN, entre autres. Alors… Quel intérêt ? L'identité norvégienne du produit ? Hormis la langue et le physique des acteurs, on ne note pas vraiment de différence. Qu'il s'agisse de la représentation de l'opposition citadins / locaux, par exemple : entre mépris des uns envers les autres, c'est kif-kif. Comme une volonté de standardiser le produit ?

Le scénario ? Là aussi, fausse route. Personnages, situations : tout sent la redite. On nage aussi dans les eaux de DELIVRANCE… Mais il y a fort à parier que les auteurs n'ont pas spécifiquement voulu s'éloigner de cette structure. Le scénario se contente alors de suivre une recette éprouvée. On pourra lui reprocher un premier quart d'exposition des protagonistes un poil trop long. Dès la capture des genres, (que) la chasse commence dès que retentit le son du cor au fond des bois, on assiste à une traque non stop. De ce fait, le titre du film (ROVDYR = MANHUNT = Chasse à l'homme en français) ne trompe pas sur la marchandise – ni n'offre plus, d'ailleurs. Avantages et limites du genre, tout en acceptant ses errances : facilités et retournements parfois grotesques (la scène de la tente vaut son pesant de hareng fumé). Une indication, cependant, qui atteste que les auteurs sont conscients du film réalisé : la chanson du début du générique est celle entendue dans THE LAST HOUSE ON THE LEFT

L'interprétation, alors ? Standard +, dirons-nous. Des tentatives de dislocation du groupe, des caractères différenciés rendent chacun(e) reconnaissable dans le temps imparti, sans céder à trop d'identification. L'héroïne, en ce sens, passe par plusieurs stades : de blonde sans courage face à son ami à celui de victime jusqu'à l'inévitable rébellion. Classique et le jeu d'actrice sent la conviction. Il s'agit plutôt du côté de la réalisation et du montage qu'il faut regarder. Avec le resserrement de l'action sur 78 minutes et la concentration sur le minimum requis en terme d'histoire, le film assure un rythme soutenu sur les deux derniers tiers. Adossé à une réalisation nerveuse qui focalise son attention sur des gros plans de visages effrayés, le métrage balance quelques fulgurances gore bienvenues (mention spéciale à l'explosion de cheville). La caméra très mobile ne cède pas à la tentation énervante de la bougeotte systématique du cadre pour donner l'illusion de l'action (comme les tics de MUTANTS, par exemple). La tension naît de cette caméra parfois prédatrice, proche de l'humain, sachant le cerner comme une proie. Cadre serré, Scope aisé d'où surgissent la beauté des décors et l'attaque imminente.

Ceci ne doit pas masquer l'opportunisme d'un produit qui colle au wagon du train de la mode actuelle de ce type de films. Le cinéma norvégien, récompensé à Gérardmer il y a deux ans à juste titre avec NORWAY OF LIFE, réalise-t-il petit à petit des possibilités d'exportation ? La production de films comme ROVDYR ou FRITT VILT (et sa suite) semble aller dans cette direction, ces films bénéficiant d'une distribution internationale que peu de films norvégiens ont obtenu ces dernières années... Peu de créativité dans le produit, mais une certaine habileté dans l'illustration d'un genre déjà bien (trop) fourni.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
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