Header Critique : SOUVIENS TOI L'ETE DERNIER 3 (I'LL ALWAYS KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER)

Critique du film et du DVD Zone 2
SOUVIENS TOI L'ETE DERNIER 3 2006

I'LL ALWAYS KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER 

Le jour de la fête nationale, alors que l'ambiance est à la fête et que chichis et pommes d'amour se bousculent, une mauvaise plaisanterie entre amis coûte la vie à l'un des leurs… Un an plus tard, le 2 juillet, Amber reçoit d'inquiétants messages semblant lui indiquer qu'un inconnu sait ce qu'ils ont fait et passé sous silence l'été dernier. Prise de panique, elle court retrouver ses anciens camarades blagueurs pour tenter d'éclaircir la menace qui pèse désormais sur eux. Malheureusement trop tard car déjà, le pécheur au crochet est là pour infliger une tranchante correction à ceux qui ont commis l'irréparable.

En 1996, Wes Craven réalise SCREAM et par là même redonne vie à un genre alors en pleine perte de vitesse : Le Slasher. Quelque peu mis à mal par les nombreux sous-produits et suites multiples qui vont fleurir dans les années 80, le genre peut à nouveau parader sans honte dans les salles obscures. Surfant sur cet incroyable succès, SOUVIENS-TOI... L'ETE DERNIER sortira un an plus tard sur les écrans avec au scénario le très prometteur Kevin Williamson, déjà scénariste de SCREAM… L'homme arrange donc, en partant d'une nouvelle de Lois Duncan, une histoire de pécheur revanchard qui va éliminer un petit groupe d'adolescents ayant commis par mégarde un homicide lors de la fête nationale. Faisant fi de l'humour et de l'aspect parodique du film de Wes Craven, SOUVIENS-TOI... L'ETE DERNIER se pose comme une œuvre efficace grâce à sa poignée d'acteurs charismatiques, son scénario correctement ficelé et son tueur à l'apparence spectaculaire.

Suivant l'évolution logique du phénomène «Slasher», SOUVIENS-TOI... L'ETE DERNIER connaît une première suite en 1998. Reprenant à son casting les acteurs survivants (tueur inclut), cette séquelle souffre cependant d'un manque cruel d'intérêt et de cohérence. Ceci n'empêchera nullement les producteurs d'envisager une seconde suite dès l'an 2000. Celle-ci ne se concrétisera pourtant qu'en 2006, sous forme d'un film produit directement pour la vidéo et aux moyens bien entendu beaucoup plus restreints…

Première regrettable surprise engendrée par cet élagage financier, les héros des deux premiers volets ne reprennent pas leurs rôles de victimes hurlantes, laissant donc ainsi leur «crime» définitivement impuni. Sans doute le pécheur Ben Willis s'est-il enfin décidé à oublier ce qu'ils avaient fait quelques étés auparavant… Quoiqu'il en soit, le tueur au crochet trouve ici un nouveau lot de victimes potentielles pour ce que l'on peut qualifier de quasi-remake du premier opus. La trame scénaristique très proche nous propose donc d'assister à un homicide très involontaire que les différents protagonistes décideront de passer sous silence, s'exposant bien entendu ainsi au courroux à retardement de l'homme au ciré.

Cette resucée sera confiée aux bons soins du jeune réalisateur Français Sylvain White. L'homme qui n'a alors à son actif que deux métrages (un moyen et un long) relève donc le défi et tente, tant bien que mal, d'assumer une fausse suite plus que risquée… En tentant de se démarquer de l'œuvre originale, l'homme commet cependant de graves erreurs. Tout d'abord, il choisi de situer l'action dans le Colorado et, plus précisément, dans les montagnes. Si le cadre est bien entendu plaisant et si la photo s'avère à de nombreuses reprises étonnante, force est de constater qu'un tueur habillé en marin pécheur prête réellement à sourire dans cet environnement. Un décalage absurde, mal venu et peu crédible que le film tentera vainement de justifier en transformant son meurtrier en véritable légende urbaine, un croquemitaine pouvant se matérialiser quelques soit le lieu, pourvu que les conditions soient réunies… Et d'un film à l'autre, ces conditions ne changent pas. L'assassin en ciré noir continue de harceler ses victimes à l'approche de la fête nationale et, le jour «J», passe à l'acte avec un tact qu'il faut lui reconnaître. Ainsi, bien qu'ayant beaucoup de mal à démarrer, le film se montre plutôt bien mené lors de sa seconde moitié et plus spécialement lors des séquences de meurtres. Le tueur ne se limite pas aux seuls «coupables» et n'hésite pas du reste à malmener tout individu gênant se trouvant sur son passage. Le 4 juillet s'avère donc particulièrement dur pour un casting qui, reconnaissons-le, méritait d'être sévèrement sanctionné. Sans doute pas pour leur crime puisqu'il s'agit d'un incident dont ils ne sont nullement responsables, mais plutôt pour l'odieuse interprétation que nous offre ces différents protagonistes… Acteurs et actrices, tous essentiellement télévisuels, n'hésitent en effet pas un seul instant à rivaliser d'incompétence devant la caméra. L'héroïne, incarnée par la bien plate Brooke Nevin (vu dans la série 4400), nous offre par exemple une prestation de photographe amateur paniquée du meilleur goût. Shootant à de nombreuses reprises des touffes d'herbe avec le doigt devant l'objectif de son appareil, elle passionnera sans mal l'amateur de nature morte tant son regard, vide de toute émotion, s'avère stupéfiant.

Ne jetons cependant pas la pierre au visage de cire de la belle puisqu'à ses côtés, David Paetkau, aperçu en 2003 dans le saignant DESTINATION FINALE 2, se révèle encore moins doué. Condamné à faire grise mine en agitant les bras, l'homme interprète ici le méchant du groupe de jeunes, le dur à cuir, celui qui boit de l'alcool, ne respecte pas les femmes et ne craint pas le pécheur courroucé. Piètre prestation là encore mais inutile d'en ajouter car en réalité, seule l'actrice Torrey DeVitto, héritant in extremis du rôle de Zoe après le désistement de la toute jeune Alessandra Toreson, semble s'en sortir avec quelques honneurs. Reprenant à peu de choses près le rôle tenu par Sarah Michelle Gellar dans le SOUVIENS-TOI... L'ETE DERNIER original (elle veut être chanteuse là où «Buffy» voulait être comédienne), elle se voit même accorder un traitement de faveur purement esthétisant. En effet, lors des scènes la montrant en pleine répétition ou sur le point de monter sur scène, l'image subi alors un traitement exagérément granuleux, torturé, sans aucun doute approprié au style de la demoiselle, quelque peu déroutant sans être toutefois désagréable. En terme d'expérimentations visuelles, le film ne se montre du reste pas avare. L'introduction foraine du film souffre ainsi d'un montage sans doute découpé au crochet par notre pécheur malade. Difficilement lisible, particulièrement laid, cet effet regrettable ne perdurera cependant pas, laissant place à quelques autres trouvailles bien plus réussies comme ce reflet montrant le temps d'un éclair le tueur logé au-dessus d'un télécabine. Insistons enfin sur le soin tout particulier qu'apporte Stephen M. Katz à la photographie du film, très contrastée et empreinte d'un grain omniprésent tout à fait adéquat pour ce genre de production horrifique. Du bel ouvrage.

SOUVIENS-TOI L'ETE DERNIER 3 est donc un film en demi-teinte qui pèche surtout par son incapacité à reproduire ce qui fonctionnait dans le premier volet duquel il reprend pourtant beaucoup. Les fausses pistes quant à l'identité du tueur s'accumulent avec plus ou moins de crédibilité, les suspects sont violement éliminés un à un pour laisser place à un dénouement toutefois plutôt original. En effet, tout comme Mary Lambert avec son URBAN LEGENDS : BLOODY MARY, Sylvain White amorce un léger virage fantastique avec un tueur devenant clairement invincible aux balles et aux lames, à l'image de ses pairs Jason Voorhees et Michael Myers. La mise en parallèle des trilogies SOUVIENS-TOI... L'ETE DERNIER et URBAN LEGEND s'impose du reste d'elle-même puisque après deux épisodes destinés au cinéma, les séries se poursuivent toutes deux de manière assez inattendue dans nos vidéo clubs. Sylvain White ne réussit pourtant pas l'exploit de faire renaître la franchise, la faute incombant essentiellement à une mauvaise direction d'acteurs et à quelques incohérences assez regrettables. Le réalisateur se contente donc de faire subsister cette licence, de manière assez plate mais visuellement léchée, dans l'esprit des amateurs de psycho-killers stylés que nous sommes. Une succession de morts plus ou moins violentes ne suffit pas à faire un bon film et ce troisième volet, lent à la détente, nous le démontre malheureusement.

Edité par Sony, le disque destiné au marché Français propose une image au ratio 1.85 (16/9) de très bonne tenue. Les contrastes sont bons et la compression très honnête sait se faire discrète, même lors des nombreuses scènes nocturnes. Du côté des pistes sonores, le spectateur pourra au choix opter pour la piste originale anglaise ou pour des doublages français et italiens de bonne qualité. Les trois pistes sont proposées dans un format 5.1 de bonne facture n'exploitant cependant pas ou peu les enceintes surrounds.

Le disque nous propose par ailleurs un Making-Of du film d'une durée de 26 minutes. Ne présentant que peu d'intérêt, celui-ci se contente essentiellement de faire l'éloge du réalisateur Sylvain White qualifié de «génial» ou de «légende»… Une succession de plans nous montre les acteurs rire, boire, chanter et se gratter le nez avant de nous exposer avec une étonnante conviction les motivations profondes de chacun de leur personnage. La partie dédiée au story-board est elle aussi particulièrement bâclée et ce n'est que pour le bref chapitre dédié aux effets spéciaux, réalisés sans l'aide du numérique, que ce documentaire mérite d'être vu d'un œil distrait.

Le commentaire audio du réalisateur proposé sur le disque n'apporte malheureusement rien de plus. La conviction de l'homme est bien présente, il nous parle longuement de son amour pour l'image, les reflets, la mise en scène et les décors mais cela, nous n'en doutions pas une seconde. Il fera en revanche l'impasse sur les performances d'acteurs plus que douteuses et préférera se contenter de quelques remarques flatteuses sur le physique des actrices de son film… Un bonus qui n'en est donc pas vraiment un.

L'ensemble se voit enfin complété par la présence de cinq bandes annonces en version originale. Une édition juste correcte en somme, permettant de découvrir ce troisième volet plutôt mou des aventures du pêcheur au crochet…

Rédacteur : Xavier Desbarats
Photo Xavier Desbarats
Biberonné au cinéma d'action des années 80, traumatisé par les dents du jeune Spielberg et nourri en chemin par une horde de Kickboxers et de Geishas, Xavier Desbarats ne pourra que porter les stigmates d'une jeunesse dédiée au cinéma de divertissement. Pour lui, la puberté n'aura été qu'une occasion de rendre hommage à la pilosité de Chuck Norris. Aussi, ne soyons pas surpris si le bougre consacre depuis 2006 ses chroniques DeViDeadiennes à des métrages Bis de tous horizons, des animaux morfales ou des nanas dévêtues armées de katanas. Pardonnez-lui, il sait très bien ce qu'il fait...
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La photo soignée
Certains meurtres bien mis en scène
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Les acteurs
Un film très long à démarrer
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L'édition vidéo
I'LL ALWAYS KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER DVD Zone 2 (France)
Editeur
Support
DVD (Double couche)
Origine
France (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
1h29
Image
1.85 (16/9)
Audio
English Dolby Digital 5.1
Francais Dolby Digital 5.1
Italian Dolby Digital 5.1
Sous-titrage
  • Anglais
  • Français
  • Supplements
    • Commentaire audio de Sylvain White
    • Making-of (26mn)
      • Bandes-annonces
      • Population 436
      • Traque sur internet 2.0
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      • Terreur sur la ligne (2006)
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