Header Critique : HALLOWEEN 3 : LE SANG DU SORCIER (HALLOWEEN III : SEASON OF THE WITCH)

Critique du film et du DVD Zone 2
HALLOWEEN 3 : LE SANG DU SORCIER 1983

HALLOWEEN III : SEASON OF THE WITCH 

Très rapidement après l'achèvement du HALLOWEEN II de Rick Rosenthal, John Carpenter lance le tournage d'un troisième épisode de cette saga de l'horreur, mis en scène par Tommy Lee wallace et destiné à sortir sur le marché américain pour la Toussaint 1982. Toutefois, l'expérience de HALLOWEEN II s'avéra mitigée, Carpenter ayant dû tourner lui-même des scènes additionnelles et remanier le montage pour obtenir un résultat à son goût. Cette fois-ci, il décide, avec Debra Hill, d'en terminer avec le personnage de Michael Myers et de changer l'orientation de cette série. Ces films raconteront désormais des histoires indépendantes, bien que toujours liées à la fête d'Halloween, afin de constituer une anthologie dans le style de ce que LA QUATRIEME DIMENSION proposa pour la télévision.

Pour écrire le scénario de HALLOWEEN III, Carpenter et son collaborateur Tommy Lee wallace travaillent avec le scénariste Nigel Kneale, vétéran britannique ayant oeuvré, entre autres, pour les séries télévisées mettant en scène le professeur Quatermass, séries transposées au cinéma par la Hammer avec le succès qu'on sait (LE MONSTRE, LA MARQUE et LES MONSTRES DE L'ESPACE). Pour l'anecdote, Carpenter signera d'ailleurs, quelques années plus tard, le scénario de sa réalisation PRINCE DES TENEBRES sous le pseudonyme de Martin Quatermass ! Quoi qu'il en soit, Kneale, mécontent des remaniements effectués sur le scénario sans son accord, exige que son nom soit retiré du générique, tandis que Carpenter lui-même ne souhaite pas non plus être crédité à ce poste. La série abandonnant les personnages du premier HALLOWEEN, nous ne retrouvons plus les acteurs Donald Pleasence et Jamie Lee Curtis. Par contre, Tom Atkins, déjà apparu dans FOG et NEW YORK 1997, hérite du rôle principal. Surtout l'irlandais Dan O'Herlihy (POINT LIMITE, ROBOCOP…) incarne l'inquiétant Conal Cochran.

Quelques jours avant Halloween, le docteur Challis voit arriver dans son service un homme à bout de force, serrant dans sa main un masque pour enfant. Quelques instants plus tard, Cet inconnu est assassiné sur son lit d'hôpital par un étrange personnage qui, lui-même, meurt aussitôt après dans l'explosion de sa voiture. Challis apprend que son patient mystérieux était un marchand de jouets nommé Harry Grimbridge, lequel s'était rendu, peu avant, dans la ville de Santa Mira. Or, c'est précisément dans cette commune que l'entreprise Silver Shamrock fabrique des masques pour la fête d'Halloween, masques abondamment promus à la télévision. Accompagné par la fille de Grimbridge, Challis décide de mener son enquête là-bas…

Comme nous l'avons vu, John Carpenter et Debra Hill, producteurs de HALLOWEEN III et créateurs de la série, veulent éviter de la laisser s'enliser dans une succession de slashers pâlichons et répétitifs. Ils décident donc de proposer une histoire toute neuve, sans aucun lien avec les crimes de Michael Myers. Petit garçon dans les années 1950, Carpenter se régalait des classiques de la science-fiction d'alors, tels que LA CHOSE D'UN AUTRE MONDE (dont il tourne un remake à la même période : THE THING), les aventures de Quatermass ou L'INVASION DES PROFANATEURS DE SEPULTURES de Don Siegel. Cette dernière oeuvre constitue, à l'évidence, l'influence la plus sensible de HALLOWEEN III, et, à sa sortie, Carpenter ne s'en cache pas. Ainsi, certains passages sont tournés dans la ville californienne de Sierra Madre, où fut réalisé le film de Siegel. Le nom de la commune où sont fabriqués les masques d'Halloween correspond à celui de la cité décimée par les extra-terrestres. De même, le final rappelle la litanie des "You're next !!" hurlés par Kevin McCarthy sur l'autoroute encombrée après qu'il eut échappé aux envahisseurs !

Avec sa ville hantée, peuplée d'habitants aussi lisses que mystérieux, HALLOWEEN III nous renvoie donc aux sournoises invasions d'outre espace des fifties. Mais il mêle ces éléments à des concepts provenant de l'épouvante la plus traditionnelle. Ainsi, sa trame horrifique, très liée à la fête d'Halloween, plonge dans les abîmes du paganisme celte et nous renvoie à des classiques britanniques de la magie noire, dans le style de RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR ou LES VIERGES DE SATAN. Ce mélange des genres forme un ensemble à l'indéniable originalité. Tout cela est aussi rehaussé d'un peu de satire politique : comme dans INVASION LOS ANGELES, les individus les plus dangereux adoptent une apparence impeccable, tandis que les influences pernicieuses de la télévision et de la société de consommation sont impitoyablement stigmatisées.

HALLOWEEN III fonctionne aussi grâce à la qualité de son travail atmosphérique. John Carpenter et Alan Howarth signent à nouveau une excellente composition électronique, froide et implacable, plus proche des partitions de FOG et de CHRISTINE que de l'air entêtant de l'HALLOWEEN original (mélodie qui n'est pas utilisée directement dans la bande originale de ce troisième opus : on ne l'entend qu'au travers d'un extrait du film de 1978 passé sur une télévision). La photographie, toujours assurée par Dean Cundey, qui reste d'un excellent niveau, permettant à HALLOWEEN III de tenir, visuellement, la dragée haute à des productions autrement plus onéreuse. Si on ajoute à cela des effets spéciaux satisfaisants et d'excellents interprètes, il est difficile de ne pas considérer HALLOWEEN III comme une authentique réussite.

Pour être parfaitement juste, il faut constater quelques incohérences dans le scénario, particulièrement en ce qui concerne le devenir du personnage d'Ellie Grimbridge à la fin du métrage. D'autre part, à vouloir coller à L'INVASION DES PROFANATEURS DE SEPULTURES, HALLOWEEN III paraît par moment prévisible.

Pourtant, Tommy Lee wallace signe ici un beau fleuron du cinéma fantastique des années 1980. Il est, hélas, très mal reçu aux USA, où il souffre, encore aujourd'hui, d'une réputation médiocre. Dépités, Carpenter et Debra Hill cessent de s'impliquer dans la production des suites de HALLOWEEN, lesquelles reviennent, dès HALLOWEEN IV, au slasher traditionnel et au serial killer Michael Myers.

En France, Opening a distribué HALLOWEEN III individuellement ou au sein d'un coffret regroupant les cinq premiers films de la série. Dans les deux cas, ce DVD se trouve aujourd'hui facilement, à un prix dérisoire.

Ce disque a la particularité de proposer deux versions du film : celle correspondant au doublage français et celle de la version originale, en anglais. Dans les deux cas, il s'agit de copies françaises, et, sauf erreur de notre part, les différences entre les deux montages sont trop discrètes pour être vraiment décelables. Toujours est-il que la version originale ne bénéficie que d'un télécinéma 4/3, respectant toutefois le format scope d'origine. Si la copie est relativement propre, la définition manque tout de même un peu de piqué, tandis que les couleurs semblent un peu délavées. La version française a le droit à un transfert 16/9, aux couleurs et aux contrastes plus satisfaisants. Mais la définition reste perfectible.

Pour la bande-son, que ce soit en anglais ou en français, nous nous retrouvons face à des pistes mono d'origine codées sur deux canaux, plutôt honnêtes et propres, sans plus. Un sous-titrage français amovible est disponible sur la version anglaise.

Pour les suppléments, il faut se contenter d'un assez inutile bonus écrit ("Les dix films les plus terrifiants", qui revient superficiellement sur des titres tels que ROSEMARY'S BABY, ALIEN…) et de "La saga Halloween", une courte compilation d'extraits des cinq films. Pour illustrer HALLOWEEN III, ce petit bonus utilise des images n'apparaissant pas dans le film et venant sans doute d'une bande-annonce.

Si cette édition est décente pour les amateurs de version française, les spectateurs préférant les versions originales regretteront l'absence de 16/9. Si leur matériel le leur permet, ils pourront alors s'orienter vers le DVD américain proposé chez Universal, qui n'a pas cet inconvénient et propose des sous-titres français (zone 1, NTSC).

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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Pas de 16/9 sur la version en langue anglaise
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L'édition vidéo
HALLOWEEN III : SEASON OF THE WITCH DVD Zone 2 (France)
Editeur
Support
DVD (Double couche)
Origine
France (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
1h33
Image
2.35 (16/9)
Audio
English Dolby Digital Mono<br>(US Cut)
Francais Dolby Digital Mono<br>(French Cut)
Sous-titrage
  • Français
  • Supplements
    • Les dix films les plus terrifiants
    • La Saga d'Halloween
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