Header Critique : DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE

Critique du film et du DVD Zone 1
DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE 1965

 

Le sinistre docteur Goldfoot a mis au point un procédé démoniaque pour accumuler encore plus de fortune. Il crée une escouade de robots ayant l'apparence de charmantes jeunes femmes portant des bikinis dorés. Puis, il les envoie à la rencontre des hommes les plus riches de la planète, l'objectif étant ensuite de pousser ces milliardaires au mariage, quitte à éliminer les épouses en place au passage. Pourtant, le plan de Goldfoot commence par un fiasco : Diane, le robot 11, se trompe de cible et aborde fougueusement Craig Gamble, alias l'agent 00,5, un petit espion sans le sou...

Le début des années 1960 a marqué l'arrivée de la prospérité pour la petite firme American International Pictures. C'est d'abord le succès commercial de la série des adaptations des écrits d'Edgar Poe par Roger Corman : sur huit films (de LA CHUTE DE LA MAISON USHER en 1960 à LA TOMBE DE LIGEIA en 1965), sept seront interprétés par Vincent Price, qui confirmera ainsi son statut de star de l'épouvante. D'autre part, l'AIP fait réaliser, à destination des adolescents, des films de plage, mêlant vacances, teen-agers et rock'n roll. Chanteur apparu dans le sillage d'Elvis, Frankie Avalon en est la star principale, aux côtés d'Annette Funicello : inauguré par BEACH PARTY en 1963 (dans lequel on croise Vincent Price), ce "cycle" s'achèvera, pour AIP, avec THE GHOST IN THE INVISIBLE BIKINI en 1966.

DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE est donc une tentative de réunir sur une même affiche, à niveau égal, ses deux stars : Price et Avalon. Le ton sera résolument celui de la comédie, Price ayant déjà prouvé ses talents comiques au sein de cette compagnie, par exemple dans le sketch "Le Chat Noir" de L'EMPIRE DE LA TERREUR ; ou dans THE COMEDY OF TERRORS de Jacques Tourneur (alias LE CROQUE-MORT S'AMUSE en vidéo et à la télévision française). Le titre du film, un clin d'œil évident à GOLDFINGER sorti en triomphe l'année précédente, révèle d'emblée qu'on va avoir affaire à une parodie de James Bond, comme il en fleurira beaucoup dans les années 1960 (CASINO ROYALE avec entre autres Peter Sellers, NOTRE HOMME FLINT avec James Coburn, OPERATION FRÈRE CADET avec Neill Connery, frère de qui vous savez...).

La réalisation est assurée par Norman Toraug, vétéran de la comédie américaine (il apparaît, enfant, dans un court-métrage en 1912 !), qui s'était illustré au début des années 1950-60 chez Paramount, notamment en se mettant au service du tandem Jerry Lewis - Dean Martin (CE N'EST PAS UNE VIE, UN PITRE AU PENSIONNAT, MINCE DE PLANETE...) ; puis en réalisant quelques-un des films musicaux interprétés par Elvis Presley : DES FILLES, ENCORE DES FILLES, A PLEIN TUBE...

La sortie de DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE dans les salles sera accompagnée par la diffusion, sur les petits écrans américains, du téléfilm THE WILD WEIRD WORLD OF DR. GOLDFOOT (où l'on retrouve Vincent Price et Susan Hart). L'année suivante, l'AIP jugera bon de tourner une suite à ses oeuvres en faisant réaliser en Italie SPIE VENGONO DAL SEMIFRODDO (L'ESPION QUI VENAIT DU SURGELÉ à la télévision française), réalisé par Mario Bava en personne. C'est hélas un désastre, absolument sinistre, dans lequel toute la bonne volonté de Price se heurte à l'humour éléphantesque et assommant du tandem "comique" transalpin Franco et Ciccio.

DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE met donc en scène Price dans le rôle du méchant docteur Goldfoot (ainsi appelé car il porte des chaussures en or), spécialisé dans la mise au point de plans farfelus destinés à lui faire acquérir toujours plus d'argent. Ce démarquage farfelu d'Auric Goldfinger permet à Price de se laisser aller à un cabotinage comique très réussi, notamment dans ses échanges avec son assistant Igor (Jack Mullaney). Entouré d'incapables, mettant lui-même au point des stratagèmes très hasardeux, Price semble prendre un réel plaisir à jouer ce méchant pour rire.

Ce film lui permet aussi de parodier son répertoire gothique, en adressant ainsi des clins d'oeil à ses fans. Goldfoot présente des tableaux de ses ancêtres, en fait des portraits de Price dans certains de ses films antérieurs, comme LA CHUTE DE LA MAISON USHER (les cheveux déteints en blanc) ou LA TOMBE DE LIGEIA (avec les fameuses lunettes noires). Dans les décors de son repaire, Daniel Haller, fameux directeur artistique de la série Poe-Corman, réutilise de nombreux éléments ayant servi dans ce cycle (le mobilier, notamment...), voire même un plateau entier pour une version parodique du célèbre dénouement de LA CHAMBRE DES TORTURES.

Néanmoins, il faut reconnaître que les parties dans lesquelles on suit les investigations de Frankie Avalon sont souvent moins drôles. Le rythme est un peu languide, certains gags sont balourds et il faut bien tout le charme de Susan Hart pour maintenir l'intérêt du spectateur.

Le DVD Midnite Movies propose un transfert au format scope d'origine, mais sans option 16/9. La définition est assez en retrait, et le transfert souffre de légers problèmes de moirage. Quelques petites saletés ou rayures apparaissent ponctuellement. Néanmoins, le bon rendu des couleurs et de la lumière, ainsi que la bonne qualité de la compression, aboutissent à un résultat globalement assez naturel et satisfaisant.

La bande-son est proposée, en mono d'origine, en version originale anglaise ou en espagnol. Ces bandes-son sont plutôt claires et de bonne qualité malgré des défauts très ponctuels (petite pointe de distorsion). Enfin, le tour du propriétaire s'achève sur le seul bonus du DVD : une bande-annonce à l'accroche alléchante ("Sex has never been funnier !").

DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE est une comédie inégale, mais qui se laisse globalement regarder, notamment grâce à la présence d'un Price s'auto-parodiant avec un plaisir visible et à une ambiance sixties rafraîchissante. La série des Goldfoot est en fait une sorte de pause légère dans la collaboration entre AIP et Vincent Price. Alors que Roger Corman va cesser de faire tourner ce grand acteur, celui-ci verra sa carrière rebondir ensuite, notamment grâce aux films d'épouvante qu'il interprètera, toujours pour AIP, en Grande-Bretagne, sous l'égide de réalisateurs comme Michael Reeves (LE GRAND INQUISITEUR...), Gordon Hessler (LE CERCUEIL VIVANT...) ou Robert Fuest (L'ABOMINABLE DR. PHIBES...).

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
47 ans
1 news
479 critiques Film & Vidéo
1 critiques Livres
On aime
Une comédie légère
Vincent Price en méchant pour rire
On n'aime pas
Un peu inégal
RECHERCHE
Mon compte
Se connecter

S'inscrire

Notes des lecteurs
Votez pour ce film
Vous n'êtes pas connecté !
-
1 votes
Ma note : -
L'édition vidéo
DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE DVD Zone 1 (USA)
Editeur
Support
DVD (Simple couche)
Origine
USA (Zone 1)
Date de Sortie
Durée
1h29
Image
2.35 (4/3)
Audio
English Dolby Digital Mono
Spanish Dolby Digital Mono
Sous-titrage
  • Français
  • Espagnol
  • Supplements
    • Bande-annonce
    Menus
    Menu 1 : DR. GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE
    Autres éditions vidéo
      Aucune autre édition répertoriée.