Header Critique : Mitchell contre les machines, Les (The Mitchells vs. the Machines)

Critique du film
LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES 2021

THE MITCHELLS VS. THE MACHINES 

LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES est une production récente de Sony Pictures Animation, filiale du studio Columbia/Sony. Elle apparaît dans le sillage des gros succès de Pixar, Blue Sky Studios et autres Dreamworks Animation dans les années 2000, au moment de l'explosion de l'animation numérique. Toutefois, les premiers titres Sony Pictures Animation restent d'anecdotiques métrages familiaux, comme LES REBELLES DE LA FORÊT et autres LES ROIS DE LA GLISSE.

Ce studio crée pourtant la surprise avec TEMPÊTE DE BOULETTES GEANTES en 2009, réalisé par Phil Lord et Chris Miller, métrage créatif et assez délirant sur les excès de consommation alimentaires ! Lord et Miller deviennent alors des noms récurrents de l'animation américaine, notamment chez Warner où ils réalisent LA GRANDE AVENTURE LEGO en 2014, essai sympathique, mais étouffé par une surdose indigeste de placements de produits et références «pop».

Pour Sony Animation Pictures, les deux complices produisent L'ÎLE DES MIAM-NIMAUX : TEMPÊTE DE BOULETTES GEANTES 2, suite amusante mais moins réussie que l’original. Et puis surtout, nous les retrouvons à la production du magistral SPIDER-MAN : NEW GENERATION de Peter Ramsay, Bob Persichetti et Rodney Rothman, qui redonne un sérieux coup de fouet aux aventures cinématographiques du tisseur. Lord et Miller collaborent à nouveau avec Sony Animation Pictures pour ce LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES. Il s'agit de la première réalisation de Mike Rianda, auparavant collaborateur de Disney sur la série «SOUVENIRS DE GRAVITY FALLS».

Adolescente pas comme les autres, Katie Mitchell réalise des petits films excentriques avec les moyens du bord. Ces courts-métrages font un malheur sur les réseaux sociaux et lorsqu'elle décroche une place dans une école de cinéma, elle pense avoir décrocher la timbale ! Pourtant, le manque d’enthousiasme de son père à l’annonce de cette nouvelle la déçoit. Pour se ressouder, la famille Mitchell part en voiture pour emmener Katie jusqu'à son école. Concomitamment, PAL, une intelligence artificielle mécontente d'avoir été cataloguée obsolète par son créateur, prend le contrôle sur les nouveaux robots assistants personnels censés la remplacer. PAL se constitue ainsi une armée qui prend l'ascendant sur l'humanité en quelques heures ! Seuls les Mitchell peuvent renverser le cours des événements…

Comme son titre l'indique LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES confronte deux camps. Dans celui des machines, nous trouvons PAL, assistant personnel téléphonique créé par Mark Bowman, entrepreneur de génie de la Silicon Valley. Lorsqu'il déclare lors de sa nouvelle présentation que PAL est bonne pour la poubelle et va être remplacée par des robots humanoïdes, celle-ci ne se laisse pas faire !

PAL descend évidemment des ordinateurs et robots rebelles du cinéma, dans la tradition du HAL 9000 de 2001, L'ODYSSEE DE L'ESPACE et autre TERMINATOR. Les robots qu'elle commande partagent l'inquiétant œil rouge de ces deux célébrités de la science-fiction. PAL se construit rapidement une forteresse technologique qui n'est pas sans rappeler les souvenirs de TRON, avec ses lumières fluorescentes et ses structures aussi épurées que géométriques.

Face aux machines, nous trouvons une improbable famille américaine, composée de parents un brin farfelus, avec en particulier un père aussi bricoleur qu’imperméable à toute nouvelle technologie. Les deux enfants s’avèrent non moins originaux, qui se livrent à des hobbys hors du commun. Hélas, la famille Mitchell a un fort goût de déjà-vu, ce périple appelé à reconnecter une famille bringuebalante nous rappelle trop des situations et personnages ultra-rabâchés, que ce soit dans la série «LES SIMPSONS» ou des films comme LES INDESTRUCTIBLES. Ou même TEMPÊTE DE BOULETTES GEANTES, dont la relation compliquée entre le héros et son père trouve un écho plus que net dans LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES. La formule est trop usée, la connivence trop artificiellement sollicitée, bref, la sauce ne prend pas et nous restons froid devant cette famille qu'on veut à tout prix nous rendre attachante.

LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES trouve une piste de pertinence en abordant la place des nouvelles technologies dans les familles contemporaines. Il adopte un point de vue partagé, refusant la caricature. Certes, les nouveaux outils envahissent notre quotidien, nous rendent accros et entravent la communication. Mais ils permettent aussi à tout un chacun de développer sa créativité et de trouver des connaissances partageant ses goûts et activités ! Certaines idées sont relativement originales, comme cette dangereuse armée d'objets connectés arpentant les allées d'un centre commercial. Malheureusement, le métrage n'est pas aidé par des placements de produits envahissants, quand certaines scènes ne deviennent pas carrément de gros spots publicitaires dédiés à un jouet américain ou à une célébrissime plate-forme de vidéos en ligne !

LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES a pour lui une animation se voulant plus originale que la moyenne, la famille Mitchell bénéficiant d’un rendu à mi-chemin entre le graphisme dessiné à la main et le numérique, comme dans SPIDER-MAN : NEW GENERATION. Les machines passent quant à elles par un visuel 3D aussi délibérément lisse que soigné. Mais les originalités visuelles des MITCHELL CONTRE LES MACHINES, amusantes dans un premier temps, finissent par lasser le spectateur. Ses trouvailles techniques et foisonnantes ne rattrapent pas le fond très conventionnel de ce métrage familial, qui se croit plus excentrique et original qu'il n'est vraiment.

Comme tous les métrages de Sony Pictures Animation, LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES est originellement destiné au cinéma, mais dans la pagaille du Covid 19, ce studio en cède quasiment tous les droits mondiaux à Netflix pour une exploitation directe sur petit écran. Sony a quand même gardé les droits pour la Chine où le film connaît une exploitation en salles classique.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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