Header Critique : Love and Monsters (Monster Problems)

Critique du film
LOVE AND MONSTERS 2020

MONSTER PROBLEMS 

Après que l'humanité a pratiquement été anéantie par un cataclysme, les rares survivants se terrent dans des bunkers et autres communautés souterraines. Toutes sortes de monstres mutants arpentent la surface de la planète, la rendant inhabitable. Le jeune Joel apprend que Aimée, sa petite amie dont il a été séparé par la catastrophe, se trouve à une centaine de kilomètres de son refuge. Il part seul dans la nature inhospitalière pour la retrouver.

LOVE AND MONSTERS est un projet original, supposé au départ être réalisé par Shawn Levy, spécialiste des comédies fantastiques familiales. Mais le réalisateur de UNE NUIT AU MUSEE et REAL STEEL s'oriente vers d'autres projets, gardant néanmoins un statut de producteur sur LOVE AND MONSTERS. La mise en scène échoit au réalisateur sud-africain Michael Matthews dont c'est le second long-métrage après le thriller FIVE FINGERS FOR MARSEILLES de 2017. Le tournage se déroule en Australie, ce qui nous vaut la présence d’un faciès connu, celui de Bruce Spence, figure du cinéma post-apocalyptique, ne serait-ce que pour ses apparitions mémorables dans MAD MAX 2 et MAD MAX AU-DELA DU DÔME DU TONNERRE !

Parmi les survivants, nous retrouvons aussi le visage familier de Michael Rooker, révélé par HENRY, PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER et aujourd'hui mascotte de James Gunn, qui en a fait une figure récurrente de son cycle Marvel LES GARDIENS DE LA GALAXIE. Dans le rôle du jeune Joel, nous retrouvons Dylan O'Brien, jeune acteur en vue pour sa participation à la trilogie adolescente inaugurée par LE LABYRINTHE – là aussi, un cycle post-apocalyptique !

Ici, il incarne à nouveau un survivant dans un monde ravagé et, comme dans LE LABYRINTHE : LA TERRE BRÛLÉE, il effectue un dangereux voyage à travers un territoire dévasté et menaçant. Sauf que LOVE AND MONSTERS se distingue du tout-venant par un ton plus léger et humoristique. Ainsi, Joel n'est pas un héros brave et sérieux, mais un adolescent frêle et trouillard, ayant une tendance à la paralysie totale lorsqu'il se trouve en danger ! Malgré ses aspirations à participer à des affrontements physiques contre les animaux mutants, ses compagnons le relèguent prudemment à la cuisine du refuge.

Pourtant, notre jeune adulte a des ambitions. Et notamment des ambitions amoureuses. Entouré de couples, seul célibataire dans son bunker souterrain, il veut retrouver son âme-sœur, son Aimée dont la catastrophe l'a brutalement séparé. Après de longues recherches par radio, il localise l’abri de sa jeune élue. Et contre toute prudence, il décide de la rejoindre par ses propres moyens, en traversant seul des étendues hostiles sur lesquelles règnent la nature et les monstres mutants.

Heureusement pour lui, Joel fait des rencontres en sa faveur. Par exemple un jeune chien agile l'adopte (et non le contraire). Un tandem de rescapés constitué par un vétéran de la survie et une fillette experte en tir en l'arc lui donne de précieux conseils.

Mais nous avançons dans notre texte et nous n'avons toujours pas éclairci la nature de la catastrophe ayant ravagé l’humanité. Pour démolir un météore menaçant de heurter la Terre, les pays du monde entier se sont alliés afin de le pulvériser avec une pluie de missiles destructeurs. Aussitôt après cette colossale explosion, une non moins colossale pluie de débris contaminée s’est abattue sur Terre, transformant de nombreux animaux inoffensifs en redoutables mutants géants. Insectes et reptiles devinrent ainsi des prédateurs redoutables auxquels notre espèce n'a pu résister.

Et ce qui fait tout le sel de LOVE AND MONSTERS, c'est justement son insolite bestiaire composé de toutes sortes d'animaux devenus monstrueux, donnant lieu à des scènes fantastiques étonnantes et efficaces, aux effets spéciaux souvent réussis : crapaud titanesque, mille-pattes gigantesque, vers fouisseurs carnivores et autres escargots géants constituent une faune des plus inventives, nous rappelant celle croisée dans la filmographie de Ray Harryhausen et tout particulièrement dans L'ÎLE MYSTERIEUSE. Le dénouement montrant des humains combattre un crustacé vindicatif en constitue même une citation immanquable – et là aussi très réussie et vivante !

Jouant plus sur la découverte et la surprise que sur le gore et la violence (quoique, les monstres périssent parfois de façon franchement visuelle !), maniant un humour doucement auto-dénigrant, LOVE AND MONSTERS s’avère une très agréable réussite, un film d'aventures distrayant, drôle et inventif, parvenant à bien se renouveler tout en adressant quelques clins d’œil à MAD MAX 2 et autres THE ROAD.

Alors certes, le début de LOVE AND MONSTERS peut sembler lent, la voix off rappelle un peu trop BIENVENUE A ZOMBIELAND, assez proche dans son ton. Le sujet du groupe de survivants confronté à un monde post-apocalyptique a été trop utilisé, voire usé, en particulier depuis le début des années 2000 et le retour à la mode des zombies, si bien que la situation manque de fraîcheur à la base.

Mais dans LOVE AND MONSTERS, le ton sait être sensible sans être larmoyant, l'humour est pince-sans-rire sans sombrer dans le sarcasme systématique. Bref, LOVE AND MONSTERS a pour lui un joli équilibre, une légèreté qui en font un film familial attachant et réjouissant, un second long métrage prometteur de la part de son metteur en scène Michael Matthews, qui nous donne envie de découvrir ce qu'il nous réservera pour l'avenir !

Petite production Paramount destinée au grand écran, LOVE AND MONSTERS échoue hélas dans le lot des métrages sacrifiés durant les années COVID. Aux USA, il sort fugitivement en salles en même temps qu'il est disponible en VOD. En France et de nombreux autres pays, le studio cède son exploitation au réseau Netflix, tuant d’un coup net toute espérance de son exploitation sur le grand écran pour lequel il a été conçu.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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