Header Critique : MAD MAX : FURY ROAD

Critique du film
MAD MAX : FURY ROAD 2015

 

Alors que le monde n'est plus que désolation, Max erre sans aucun but, dans le désert, à bord de son véhicule. Jusqu'au jour où il va aider, bien malgré lui, Furiosa à échapper aux hordes d'Immortan Joe…

Le projet d'un quatrième MAD MAX ne date pas d'hier puisqu'il traîne depuis une bonne quinzaine d'années. Entre les événements politiques et les conditions météorologiques inattendues, MAD MAX : FURY ROAD se voit retarder à plusieurs reprises. Au point que George Miller envisage même l'éventualité de réaliser un dessin animé en images de synthèse mettant en scène Max. En cours de route, si Mel Gibson devait reprendre le rôle principal, il est remplacé. L'âge du comédien est évoqué, tout comme le fait qu'il n'aurait pas eu spécialement l'envie de participer au film mais les déclarations et agissements sulfureux de Mel Gibson ont beaucoup plus certainement pesé dans la balance. Si l'acteur original est substitué par un autre, ce sera aussi le cas du pays dans lequel le tournage devait être réalisé. En effet, le désert australien, devenu plus verdoyant en raison de pluies torrentielles, est abandonné au profit de la Namibie ! Malgré les embûches, MAD MAX : FURY ROAD se matérialise enfin sur les grands écrans, une trentaine d'années après MAD MAX : AU-DELA DU DOME DU TONNERRE, le précédent opus de la saga qui avait connu une douloureuse production !

MAD MAX : FURY ROAD est-il une suite ou une façon de relancer la saga depuis le début ? La seconde option semble être la plus logique puisqu'un nouvel acteur endosse le blouson de cuir de Max. Néanmoins, ce quatrième film peut être vu comme un prolongement direct des précédents films. D'ailleurs, George Miller place de nombreux clins d'oeils aux trois premiers MAD MAX, certains sont évidents, comme la boîte à musique, alors que d'autres s'avèrent bien plus subtils. Le cinéaste fait aussi preuve d'un mimétisme visuel dans la mise en scène ou bien certains agencements de séquences pour mieux relier cette nouvelle aventure avec la trilogie précédente. Alors que MAD MAX : AU-DELA DU DOME DU TONNERRE avait déçu la majeure partie des fans, George Miller semble surtout piocher des thèmes dans ce troisième film pour constituer le renouveau du personnage. Le résultat s'avère tout de même plus basique et brutal, épuré à l'extrême et resserré sur une mortelle course-poursuite. Pour autant, le personnage de Max suit le même parcours, mais de manière plus exacerbée, le menant à redevenir un être humain. Il n'est dès lors pas surprenant que le héros bouffe du lézard, ne s'exprime que par des râles ou de simples gestes et qu'il ne retrouve son nom qu'à la fin de cette nouvelle aventure. La traque sauvage de MAD MAX : FURY ROAD n'est pas qu'un simple film d'action et dispose d'un véritable fond qui s'inscrit dans une réflexion sur la destinée de l'humanité. L'une des accroches du film, «L'avenir appartient aux fous», met clairement en avant les inquiétudes exposées par MAD MAX : FURY ROAD. En mettant de côté l'action pure du film, le cinéaste met en avant un monde où les ressources (eau, pétrole et munitions) sont contrôlées par des despotes qui asservissent physiquement et mentalement la population. Ceux qui les suivent adoptent un conformisme qui les transforme en moutons rêvant d'être des élus d'exception, histoire d'aller bouffer un McDonald au paradis. Alors que les autres sont laissés de côté à une vie misérable ! Le monde a changé depuis le milieu des années 80 et George Miller affiche une vision beaucoup plus noire et pessimiste par rapport à MAD MAX : AU-DELA DU DOME DU TONNERRE où Tina Turner pouvait être vu comme le reflet du rêve américain dans un monde post-apocalyptique. Aujourd'hui, il n'y a plus de rêve et seule la survie compte ! Pour changer les choses, il faut un combat d'idées et une révolution qui ne se fera pas sans perte. George Miller est lucide à ce niveau là et ose un passage surprenant pour ce qui est, de prime abord, un film de divertissement. Limpide et basique, ce message s'inscrit dans un furieux spectacle d'action. Malheureusement, MAD MAX : FURY ROAD se plante lorsqu'il s'arrête pour discutailler sur un propos écolo. Un passage maladroit qui freine des quatre fers la vélocité d'un métrage brutal, linéaire et malin. De même, George Miller a clairement du mal à proposer un dénouement satisfaisant. Quoi qu'il en soit, cette fin a le mérite de donner un sens au parcours de Max. Ses actions n'ont pas été dictées par l'appât du gain ou du pouvoir, pas plus que celui de la notoriété, il est simplement redevenu un homme. Celui qui prend la décision d'agir pour changer le monde plutôt que tourner le dos aux problèmes en roulant, comme tant d'autre, vers un futur aride. Reste à savoir de quelle manière George Miller va réussir à prolonger le parcours de son héros puisque si le film fonctionne au box-office, le cinéaste australien a déjà deux suites sous le coude dont un MAD MAX : FURIOSA. Eternel recommencement d'un combat contre la dévorante ambition personnelle de ceux atteignent le pouvoir ou bien la construction d'un univers plus radieux ? Seul l'avenir nous le dira !

MAD MAX : FURY ROAD n'est, en tout cas, pas une claque comme MAD MAX puis MAD MAX 2 : LE DEFI avaient pu l'être au moment de leur sortie ! Plusieurs décennies plus tard, difficile de ne pas décevoir les attentes d'un spectacle fantasmé. Surtout que deux choix majeurs entachent un peu ce quatrième film. En incarnant la première fois Max, Tom Hardy a un peu de mal à s'imposer, essentiellement parce qu'il n'incarne plus vraiment le héros central de l'histoire. Bien que le film s'intitule MAD MAX : FURY ROAD, il joue sur un pied d'égalité avec Charlize Theron, interprétant une guerrière de la route éclipsant un peu Max. Enfin, si George Miller a voulu réaliser le maximum de carambolages et autres cascades en prises de vues réelles sans une pléthore d'effets numériques, cela s'avère un peu gâché par une post-production esthétique un peu lourde. A l'arrivée, le rendu visuel est tellement soignée que le réalisme des images s'évapore.

Des réserves, il y en a. C'est clair. Mais MAD MAX : FURY ROAD est tout de même un pur moment de cinéma à découvrir sur grand écran. George Miller ayant conservé sa manière d'appréhender l'action en juxtaposant avec un timing redoutable les chocs de véhicules avec les réactions de ceux qui en sont les passagers. Le cinéaste se lâche aussi avec quelques idées folles, voire même incongrues, comme la production du lait ou un guitariste déchaîné balançant des riffs pendant que des tambours rythment les sauvages poursuites ! Pour résumer : non, MAD MAX : FURY ROAD ne surpasse pas MAD MAX et MAD MAX 2 : LE DEFI. Mais, oui, c'est tout de même du grand cinéma !

Rédacteur : Christophe Lemonnier
Photo Christophe Lemonnier
Ancien journaliste professionnel dans le domaine de la presse spécialisée où il a oeuvré durant plus de 15 ans sous le pseudonyme "Arioch", il est cofondateur de DeVilDead, site d'information monté en l’an 2000. Faute de temps, en 2014, il a été obligé de s'éloigner du site pour n'y collaborer, à présent, que de manière très sporadique. Et, incognito, il a signé de nombreuses chroniques sous le pseudonyme de Antoine Rigaud ici-même.
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