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 LAUSANNE UNDERGROUND FESTIVAL 2009
   
News de DeVilDead Team publiée dans [Festival/Evénement]
le Vendredi 02 Octobre 2009

Comme chaque année au mois d'octobre, le Lausanne Underground Film & Music Festival (LUFF) célèbre le cinéma alternatif et la musique extrême. Au niveau de la programmation de cette année, le LUFF se penche sur l'une des grandes légendes de l'underground new yorkais, Jack Smith. Inventeur du "camp cinéma" avec les frères Kuchar, inspiration majeure pour John Waters ou Andy Warhol, Jack Smith reste un auteur rarement vu puisque toujours inédit en VHS ou DVD ! Ses films, dont le mythique FLAMING CREATURES, seront présentés par nul autre que Tony Conrad, l'expérimentateur illuminé à l'origine du film THE FLICKER et musicien avant-gardiste qui se produira notamment sur la scène du LUFF aux côtés du guitariste nippon Keiji Haino. Autre axe majeur de cette édition, une sélection de films suisses obscurs. Si celle-ci se penche aussi bien vers le cinéma expérimentalo-musical (KICK THAT HABIT de Peter Liechti qui suit le duo bruitiste Voice Crack) que le documentaire anarchiste (ZÜRI BRÄNNT du collectif Videoladen), il n'oublie pas le fantastique et l'horreur. Notamment avec BLOODLUST (MOSQUITO DES SCHÄNDER, 1976) de Marijan Vajda, une petite perle noire d'euro-trash qui n'a rien à envier à la déviance morale des fleurons transalpins du genre, L'ARAIGNÉE NOIRE (DIE SCHWARZE SPINNE, Mark Rissi, 1983), obscur drame fantastique axé sur une malédiction centenaire bénéficiant d'une bande son de Dieter Meier et de maquillages élaborés par les assistants de H.R. Giger, ainsi que GEORGETTE MEUNIER (Tania Stöcklin et Cyrille Rey-Coquais, 1989), étrange petit thriller glauque dans lequel une femme incestueuse assassine les hommes à l'aide d'un rouge à lèvre empoisonné ! Une jolie brochette de curiosités bien éloignées du cinéma d'Alain Tanner.

Côté compétition, quatre films sur les cinq proposés sont de l'ordre du fantastique ou de l'horreur. On retrouve ainsi le dernier opus de Coffin Joe, EMBODIMENT OF EVIL, ultime fresque décadente et obscène de ce vieux fou de José Mojica Marins qui n'a rien perdu de sa superbe et qui se montre plus sadique et extrême que jamais, entre orgies sadiques et sévices corporels en tous genres. AMER, du duo Hélène Cattet et Bruno Forzani, est un hallucinant hommage aux films de genre italien. Le couple franco-belge avait déjà déclaré son amour au giallo dans plusieurs courts métrages, dont LA FIN DE NOTRE AMOUR primé au LUFF en 2004, et cette déclaration prend ici des proportions époustouflantes avec leur passage au format long. Les images sont somptueuses, collant au plus près du corps des actrices principales au point de dégager une émanation charnelle et érotisante unique, le tout porté par une utilisation quasi fétichiste du scope et une bande sonore reprenant certains des plus beaux scores de Cipriani, Nicolai ou Morricone. Avec THE HAGSTONE DEMON, on touche à un fantastique plus traditionnel, plus proche de l'esprit d'un ROSEMARY'S BABY. Micro budget, mais excellente surprise dans laquelle on retrouve Mark Borchardt, le chevelu qui s'est fait connaître au travers du documentaire culte AMERICAN MOVIE. Réalisé par Jon Springer (THE HYMENS PARABLE), le film suit les mésaventures d'un concierge (Borchardt) entretenant comme il peut un immeuble voué à disparaître et peuplé de personnages lugubres et inquiétants. Au casting, on retrouve avec surprise Lung Leg, actrice survoltée vue dans les films de Richard Kern et qui avait disparue de la circulation depuis plus de vingt ans ! Et c'est le Bill Plympton DES IDIOTS ET DES ANGES qui fera l'ouverture. Fable humaniste noire, le dernier long du maître de l'animation pour adulte et son film le plus personnel et sans doute le plus beau. On y croise un misanthrope qui se voit soudainement pousser des ailes d'ange, ailes qui vont le pousser à commettre des actes qui lui sont contre-nature. Et c'est le drame WELLNESS de Jake Mahaffy qui clôt cette compétition en lorgnant du côté du Lars Von Trier époque Dogma 95.

La science-fiction est aussi à l'honneur au LUFF via un programme célébrant les vingt ans de la chute du mur de Berlin. Outre quelques bandes de propagande anti-rouge, dont le mythique RED NIGHTMARE qui s'apparente à un épisode de LA QUATRIEME DIMENSION, on pourra y voir RED PLANET MARS, exemple atypique de SF paranoïaque aux motivations finalement bien éloignées des plus traditionnels INVADERS FROM MARS ou THE ANGRY RED PLANET.
Pour le reste, le festival propose des documentaires musicaux (dont UNTIL THE LIGHT TAKES US sur l'histoire du Black Metal), des films érotiques amateurs des années 60, les derniers films retrouvés de JX Williams (SEX CRIMES OF THE 21ST CENTURY), les uppercuts filmiques de Cameron Jamie sur la musique des Melvins ou Keiji Haino (en live !) et des courts métrages en pagaille dont THE KILLER BRA et son soutif assassin, TREEVENGE et ses arbres de Noël tueurs ou encore SMOOTH et son étonnante abolition des genres.

Et comme le LUFF c'est aussi de la musique, qui décape de préférence, les festivaliers auront le plaisir de se rincer les tympans sur les fréquences déraisonnables de The Haters, Sunn O))), Sister Iodine, ou encore les Japonais de Offseason.

Julien Bodivit

Toutes les informations sont disponibles sur le site officiel : http://www.luff.ch

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