MES CHERS VOISINS (http://www.devildead.com)

MES CHERS VOISINS
LA COMUNIDAD


Julia, agent immobilier de son état, fait visiter un superbe appartement à des acquéreurs potentiels. Un peu larguée par une vie pleine de déceptions, elle décide de squatter l'appartement en question, mieux chauffé que le sien, histoire de vivre un peu comme les nantis dont elle ne fera jamais partie. Mais l'immeuble abrite des habitants très étranges, qui auront vite fait de lui empoisonner la vie pour un secret qu'ils gardent depuis de nombreuses années...

Alex de la Iglesia prend un malin plaisir à se moquer de ses contemporains, dont il trace, tout au long de sa filmographie, des portraits peu ragoûtants. Il ne change pas du délirant et futuriste ACTION MUTANTE aux personnages hauts en couleurs acidulées du JOUR DE LA BETE, le cinéma de Alex de la Iglesia oscille entre l'humour féroce et les situations dramatiques. Dans MES CHERS VOISINS, le réalisateur ibère à l'humour grinçant continue donc de prendre ses contemporains comme sujets de son analyse à la paille de fer et une fois de plus, il n'y va pas de main morte. La galerie de personnages de MES CHERS VOISINS est un condensé de tordus de sept à soixante-dix sept ans, enfin, avant que le vrai vieux de l'histoire ne décède en libérant par la même des frustrations vieilles de vingt ans. Les personnages principaux sont travaillés mais le souci du détail dans l'univers particulier de Alex de la Iglesia se trouve aussi dans la cohérence de la palette de seconds rôles. Ainsi le seul môme de l'immeuble déambule toujours dans une combinaison qui le placerait entre le super héros mexicain et le Télétubbie obèse. Au préalable, le réalisateur voulait l'accoutrer d'une combinaison de POWER RANGERS, ce qui ne se fera pas pour des questions de droits, comme on peut l'apprendre dans le commentaire audio. Des vieilles filles aigries, un professeur de danse cubain parfaite caricature du macho, ou de vieux pantouflards, MES CHERS VOISINS nous dresse le portrait d'un voisinage plus vrai que nature ! Le summum étant ce fan simplet de LA GUERRE DES ETOILES qui se laisse aller au côté obscur de la "Force" en agitant le poignet tout en jouant les voyeurs ! Un moment unique qui pourrait à lui seul justifier la vision de MES CHERS VOISINS si le film n'était pas déjà aussi réussi.

Mais l'aspect coloré des personnages ne devrait pas nous faire oublier que l'on ne sait pas trop ce qui se trame derrière les portes closes de nos voisins. Ca démarre d'ailleurs dès le générique, où l'on découvre le corps décharné d'un vieillard grignoté par son chat et baignant dans un jus de poubelles entassées depuis des lustres. Son appartement insalubre est pourtant l'objet de nombreuses convoitises depuis vingt ans de la part des autres habitants, qui aimeraient bien mettre la main coûte que coûte sur son magot. C'est donc bel et bien une chasse au trésor qui se déroule dans cet immeuble madrilène peuplé de charognards prêts à tout pour croquer le butin que va découvrir le personnage joué par Carmen Maura. Au diable les scrupules, l'honnêteté et tout ce qui s'ensuit. Si les voisins démarrent tout sucre tout miel, plus faux-culs que ça tu meurs, ce sera pour mieux se transformer en animaux dénués de moralité (le commentaire audio de Alex de la Iglesia pointe du doigt des bruitages sonores significatifs sur la fin du film). La chasse aux Pesetas est prétexte à passer de l'humour grinçant à la violence d'un thriller particulièrement efficace. Comme d'habitude chez le réalisateur espagnol, l'équilibre entre humour, drame et frissons est particulièrement bien dosé !

Le transfert de l'image de MES CHERS VOISINS n'est pas exempt de défauts mais réussit à retranscrire une image très cinéma. Le résultat est ainsi éloigné des images taillées au rasoir et aseptisées des blockbusters américains lorsqu'ils débarquent sur DVD. Hormis ce détail, il faut aussi noter un défaut sur quasiment toute la durée du film localisé sur la partie supérieure de l'image qui se caractérise par l'apparition de petites lignes parasites.

Regarder un film espagnol en français serait un sacrilège mais le disque contient tout de même deux pistes dédiées au doublage dans notre langue. L'une en stéréo surround et l'autre en Dolby Digital 5.1, qui s'avère supérieur, mais le sujet même de MES CHERS VOISINS ne donne de toutes façons pas loisir à la bande-son d'en faire des tonnes. C'est aussi le cas de la version originale en Dolby Digital 5.1 et sous-titrée en français. Les deux pistes Dolby Digital 5.1 sont tout de même saisissantes de réalisme dans la reproduction de certains effets (sonnette, téléphone portable…) et se laissent aller à quelques débordements bienvenus (séquence sous la pluie, des affrontements musclés ou l'ascenseur…).

Connaissant les films de Alex de la Iglesia, on pouvait s'attendre à découvrir un commentaire audio plutôt amusant. Il n'en est rien puisque le réalisateur prend son rôle très au sérieux, ce qui pourra rendre l'écoute du commentaire plus ou moins difficile. Tout au plus, il mentionnera que les rats sont les meilleurs acteurs avec lesquels il a jamais travaillé. Mais le problème, c'est surtout qu'il a tendance à paraphraser ce qui se déroule à l'écran pour expliciter notamment les motivations ou la psychologie des personnages. Sur toute la durée, il y a tout de même de nombreuses informations à glaner surtout que, pour une fois, vous ne retrouverez quasiment aucune d'elles dans les autres suppléments ! C'est ainsi que l'on apprend que la question des droits sur l'utilisation de l'image de STAR WARS (du personnage de Vador, les affiches…) n'a pas l'air tout à fait clarifiée. Laissant dire au réalisateur que Lucasfilms pourrait très bien décider de bloquer le film ! On peut aussi y apprendre la genèse du scénario et l'inspiration de L'ILE AU TRESOR de Robert Louis Stevenson ou encore des emprunts conscients ou inconscients à Roman Polanski (ROSEMARY'S BABY ou REPULSION). Au milieu d'interventions souvent dénuées d'intérêt, il y a donc de nombreuses interventions informatives à l'image de la révélation concernant le fait de savoir s'il s'agit bien ou non de la plastique de Carmen Maura que l'on découvre nue sous la douche ! Mais ce n'est pas à moi de vous donner la réponse !


Difficile de connaître l'origine de l'interview de Alex de la Iglesia. Il est évident toutefois qu'elle a été réalisée au moment de la promotion du film en France. C'est d'ailleurs Carmen Maura qui semble jouer le rôle de traductrice si l'on en juge à sa façon de se comporter et surtout si l'on considère les ellipses du montage. Quoi qu'il en soit, si le réalisateur revient sur la genèse du scénario de MES CHERS VOISINS, vous n'aurez pas une impression de déjà vu puisque le réalisateur apporte des précisions assez différentes de celles explicitées dans le commentaire audio. Les deux se complètent, plutôt que de jouer le rôle de doublon, ce que l'on voit bien trop souvent sur les suppléments des DVD. Il donnera d'ailleurs une longue anecdote à propos de sa grand-mère à ce sujet. Alex de la Iglesia parle aussi longuement d'un genre qu'il apprécie particulièrement et cela tombe bien puisque c'est celui dont nous parlons sur ce site. Et il le fait de façon honnête, en expliquant que nombre de films du genre ne sont pas bons du tout, ce qui l'amène inévitablement à citer ceux qui lui paraissent être des exemples à suivre tels que Sam Raimi ou Peter Jackson. Il cite ainsi EVIL DEAD ou DARKMAN avant d'expliquer qu'il ne se sent pas pour autant attiré par un projet tel que SPIDER-MAN. De là découlent ses réflexions concernant le cinéma de genre européen, où il expliquera que nous sommes en train de dormir sur un trésor qui n'est autre que l'héritage de toute la bande-dessinée européenne (Liberatore, Hugo Pratt ou Moebius).

Si la provenance de l'interview de Alex de la Iglesia n'est pas claire, celle de Carmen Maura a été réalisée pendant le festival de Cognac où le film a raflé des prix. Entre les interventions de l'actrice, on peut d'ailleurs découvrir des extraits de la remise des prix ainsi que des réactions de Bernard Rapp et le réalisateur John Badham (TONNERRE DE FEU, WARGAMES, DRACULA…) heureux de voir que le réalisateur espagnol n'avait rien perdu de son talent depuis qu'il avait pu découvrir LE JOUR DE LA BETE au festival du film fantastique de Bruxelles. Encore une fois, pas de redondances ou presque entre le commentaire audio, le making-of et l'interview du réalisateur. L'actrice nous parle assez longuement de sa relation avec la caméra ce qui paraîtra tout aussi surréaliste que mignon lorsqu'elle fera une analogie avec l'adolescence. Vous pourrez aussi découvrir ses réflexions lucides concernant l'industrie du cinéma qui n'est rien d'autre qu'un business, ou son sentiment des relations tendues entre Pedro Almodovar et Alex de la Iglesia. L'interview dans son ensemble nous donne une image très naturelle de l'actrice Carmen Maura qui ne cherche pas à jouer la démagogie en nous disant que ses meilleures expériences de tournage se sont déroulées en France. D'autres n'hésitent pourtant pas à accorder leur discours en fonction du pays où ils se trouvent !

En vingt-cinq minutes, le Making Of ne nous apprend pas grand chose. Son défaut étant le lot commun de ces petits documentaires réalisés pour faire la promotion d'un film. Tout le monde est content d'être là et complimente ses collègues. Cela nous permet tout de même de découvrir l'envers du décor de MES CHERS VOISINS, comme les prises de vues dans l'escalier de l'immeuble qui paraissent pourtant si réalistes dans le métrage final.

Les quatre minutes de scènes coupées ne sont pas forcément indispensables. Cela démarre par des petits bouts de séquences qui viennent ajouter un peu plus de vie dans le voisinage et les personnages, en prolongement de scènes déjà existantes. Finalement, il n'y a là que deux véritables séquences notables. L'une d'elles nous présente Julia qui essaye de prévenir la police avec son téléphone portable pour finalement passer pour une dingue. Alors que la seconde nous permet de retrouver le mari de Julia dont la chute de la scène est une nouvelle fois basée sur un téléphone portable. Cela permet aussi de créer une jonction avec la fin du film mais en réalité, cela s'avère peu important.


Mirindas Asesinas

Les fans de Alex de la Iglesia seront heureux de découvrir un court-métrage réalisé bien avant ACTION MUTANTE. Il met en scène un psychopathe qui débarque dans un bar pour boire un coup. Un type de prime abord inoffensif mais qui s'avère très pointilleux sur les mots. Dans le rôle principal, on retrouve Alex Angulo qui apparaîtra ensuite dans ACTION MUTANTE, MUERTOS DE RISA et surtout LE JOUR DE LA BETE où il endosse la soutane d'un prêtre forcé de faire le mal ! Un court-métrage où l'on trouve déjà une galerie de personnages typiques de l'univers de Alex de la Iglesia. Le client heureux de découvrir une télévision est assez typiquement décalé tout comme on retrouve cette façon de rigoler en équilibre sur un sujet sérieux.
Vous trouverez aussi trois bandes-annonces sur le premier disque : celle du film, de EMPRISE mais aussi la bande-annonce du SANG DES INNOCENTS qui laisse enfin présager une sortie à la vente.

Après être reparti du festival de Cognac avec deux prix sous le bras et avoir connu une diffusion honorable dans les salles françaises, le double DVD de MES CHERS VOISINS va permettre à Alex de la Iglesia d'être de plus en plus reconnu ! Et rêvons un peu, peut-être cela donnera t'il l'occasion à d'autres éditeurs de diffuser son PERDITA DURANGO, produit aux Etats-Unis, mais aussi et surtout ACTION MUTANTE ainsi que MUERTOS DE RISA labellisé à 100% de la Iglesia ! Mais à vrai dire, puisque l'attente risque d'être bien longue, il nous est dès à présent donné l'opportunité de voir et revoir cet excellent MES CHERS VOISINS !

Antoine Rigaud

ON AIME
Un nouveau film de Alex de la Iglesia sur DVD
Des suppléments qui ne se marchent pas sur les pieds
La présence du court-métrage

ON N'AIME PAS
Un défaut sur l'image qui sera plus ou moins notable en fonction de la taille de votre diffuseur.

Meilleures scènes

  • Pas nerveuse
    (Chapitre 6)
  • La Force
    (Chapitre 8 [0'41'52])
  • La petite fête
    (Chapitre 9)
  • La poursuite sur les toits
    (Chapitre 16)
Année : 2000

Durée : 105 minutes

Acteurs :
Carmen Maura
Eduardo Antuña
María Asquerino
Jesús Bonilla
Marta Fernández Muro
Paca Gabaldón
Ane Gabarain
Sancho Gracia
Emilio Gutiérrez Caba
Kiti Manver
Terele Pávez
Roberto Perdomo
Manuel Tejada
Enrique Villén

Réalisateur :
Alex de la Iglesia

Scénario :
Jorge Guerricaechevarria
Alex de la Iglesia

Musique :
Roque Banos

H2F
Format disque :
2 DVD - Double Couche

Format Image :

Format sonore :
Espagnol : 
Français : 
Français : 

La bandes-son codée sur 2 canaux est en Surround et il est possible de la décoder en

Sous-titrage :
Français

Les Suppléments

  • Commentaire audio de Alex de la Iglesia
  • Making Of (25mn12)
  • Scènes coupées (4mn)
  • Interview de Alex de la Iglesia (20mn20)
  • Interview de Carmen Maura
  • Bandes-annonces
  • Mirindas Asesinas (Court-métrage - 11mn50)
  • Ulteama DVD Studio demo
    (sélectionnez le dernier bouton sur le menu principal du premier disque)

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