3000 ans avant J.C., en Afrique du nord-est, le tyran Memnon règne
sur un Empire qu'il a conquis cruellement à la pointe de l'épée.
Mais il doit ses plus grandes victoires à l'aide de la sorcière
Cassandra, dont le don de voyance lui permet de préparer les
meilleures stratégies. Les tribus de la région décident
de s'unir contre Memnon et font appel à de redoutables assassins
akkadiens, parmi lesquels le terrible Mathayus, et les chargent d'assassiner
Cassandra...

Après le succès
surprise de LA
MOMIE, confirmé par celui du RETOUR
DE LA MOMIE, le réalisateur Stephen
Sommers s'est vu catapulté à Hollywood comme le nouveau
golden boy du cinéma de divertissement familial. Dans LE
RETOUR DE LA MOMIE, il avait confié le rôle, uniquement
physique, de l'antique Roi Scorpion au très populaire catcheur
américain Dwayne
Johnson, alias "The
Rock". Sa performance est si remarquée, notamment dans
les spectaculaires grandes scènes de bataille, qu'on décide
de lui confier le rôle principal d'un film dérivé
du RETOUR
DE LA MOMIE, racontant les origines de son personnage : LE
ROI SCORPION. Sommers
ne participe toutefois que de loin au projet, même s'il en écrit
l'histoire originale. La réalisation est confiée à
Chuck Russell,
bien connu des amateurs de cinéma fantastique pour avoir tourné
les réussis FREDDY
3 : LES GRIFFES DU CAUCHEMAR et LE
BLOB, ainsi que le très gros succès commercial
THE
MASK, qui accéléra considérablement l'ascension
de Jim Carrey vers
la célébrité. Mais si on a confié à
Russell ce projet
très "Action", c'est avant tout parce qu'il avait dirigé
Schwarzenegger
dans L'EFFACEUR.

Pas de doute, LE ROI SCORPION
est donc un film musclé. Mais c'est aussi un péplum. Sommers
avait déjà surpris son monde en rendant son lustre au
cinéma d'aventure exotique grâce à LA
MOMIE. Ici, son travail est à la source d'un péplum.
Le succès monstrueux, mais qui n'était pas acquis d'avance,
du GLADIATOR de Ridley
Scott n'y est sans doute pas pour rien : mais si le film interprété
par Russell Crowe
louchait vers la facette la plus noble du péplum, celle des grands
"epics" hollywoodiens (SPARTACUS, BEN HUR...),
LE ROI SCORPION, plus modestement, évoque avant tout les
muscle-opera italien, ces uvres mettant en scène des héros
baraqués, vivant des aventures pleines de fantaisies dans une
antiquité reconstituée sans trop de rigueur : citons LES
TRAVAUX D'HERCULE avec Steve
Reeves, LE
GÉANT DE LA VALLÉE DES ROIS avec le personnage
Maciste, LES
TITANS de Duccio
Tessari...

Par conséquent, si
vous voulez une reconstitution historique sérieuse, LE ROI
SCORPION n'est pas pour vous. L'histoire est supposée se
dérouler quelque part en Orient aux temps des premières
monarchies égyptiennes, vers 3000 avant Jesus Christ. D'ailleurs,
il existait bien un Roi Serpent (voire cette stèle
conservée au Louvre) ; alors pourquoi pas un Roi Scorpion ? Ici
s'arrête néanmoins tout souci de vraisemblance. La direction
artistique mêle des architectures et des costumes de toutes époques
et de tous lieux sans aucun complexe (Mésopotamie, Rome, Égypte
bien plus tardive, moyen âge, les spectacles de Las Vegas pour
les tenues des actrices, les gardes sont habillés comme les adorateurs
de Kali dans INDIANA
JONES ET LE TEMPLE MAUDIT...). L'artificialité règne
donc en maître dans un univers coloré et purement cinématographique,
c'est à dire un univers comme on n'en voit qu'au cinéma
!

Dès le départ,
LE ROI SCORPION nous plonge dans le bain. Dans une région
qui semble se situer en Europe du nord, Mathayus attaque seul le camps
d'une troupe de vikings (3000 ans avant JC ??!!) qui ont enlevé
son frère : il leur file une mémorable raclée,
notamment à l'aide de flèches qu'ils décochent
avec une telle force que leurs impacts envoient voler les victimes sur
plusieurs mètres ! On comprend rapidement que LE ROI SCORPION
ne va pas se prendre très au sérieux : les combats sont
spectaculaires, mai aussi très imprévisibles et amusants
(le chef de ces barbares se bat avec une hache en os... à cran
d'arrêt !). D'accord, on est plus chez "ASTÉRIX
ET LES NORMANDS" que chez LES
VIKINGS de Fleischer...
mais qu'est-ce qu'on rigole ! Cet humour est parfaitement assumé
: le rire du ROI SCORPION est le rire franc d'un film bien décidé
à nous amuser, et certainement pas le ricanement pédant,
méprisant et antipathique d'un SCREAM
(NDLR : Mouais !).

S'en suit alors toute une
succession d'étonnantes aventures menées à un rythme
absolument trépidant. Combien de films, de nos jours, peuvent
se vanter de paraître ne durer qu'à peine une heure alors
qu'ils font presque 90 minutes ? C'est là une des qualités
les plus étonnantes du ROI SCORPION qui met tout en oeuvre
pour ne pas ennuyer le spectateur... et qui y arrive ! Les scènes
d'action, très correctement emballées et très variées,
ménageant bien des surprises. Un des grands moments reste la
fuite du palais de Memnon, au cours de laquelle Mathayus se retrouve
propulsé par une catapulte à travers la ville de Gomorrhe,
et atterri dans le harem royal, dont il ne parvient à s'échapper
(à l'aide d'une ruse piquée à INDIANA
JONES ET LE TEMPLE MAUDIT) que pour atterrir, après une
chute de plusieurs dizaines de mètres, dans la baignoire de Cassandra
(la divinement belle Kelly
Hu) ; les gardes arrivent au bout de quelques secondes, qui laissent
à peine le temps à Mathayus de fuir, avec la belle sorcière
sous le bras, par le conduit d'évacuation des eaux du bassin...
Et c'est comme ça pendant tout le film !

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Charge de chameaux, méchant interceptant les flèches en
plein vol, cobras agressifs, guerrières amazones en bikini de
fourrure, fourmis anthropophages, duels avec sabres enflammés,
combats à mains nues spectaculaires (The
Rock vs. Michael
Clarke Duncan !)... Tout y passe pour le plus grand plaisir du spectateur
consentant et ravi ! En fait, on se rend compte que LE ROI SCORPION
propose les mêmes ingrédients qu'un bon spectacle de cirque
: décors en trompe-l'oeil, Hercules de foire, combat de catcheurs,
dressage d'animaux dangereux, acrobaties, jolies filles, cracheurs de
feu, démonstration de cascadeurs... Cette oeuvre s'inscrit donc
dans la très noble tradition des arts forains, et vise, avant
tout, à permettre aux adultes de se changer les idées
et à faire rêver les enfants, grâce à la combinaison
de nombreux savoir-faire. On peut trouver que cette idée du cinéma
est plus belle que celle que proposent les artistes officiels en tout
genre qui, à travers l'exploitation de sujets "sérieux",
ne visent qu'à recueillir l'assentiment de la critique et à
voir leurs carrières couronnées par quelques médailles
en chocolat, du style Césars, Oscars et autres Palmes d'Or.
Selon les critères
traditionnels de ce cinéma "de qualité", les
acteurs du ROI SCORPION ne décrocheront aucune de ces
récompenses ! Pourtant, il faut bien reconnaître que The
Rock, tout comme le reste du casting, est tout à fait crédible
dans les scènes d'action, au cours desquelles ses capacités
physiques lui permettent d'accomplir lui-même bien des cascades
impressionnantes. Qui plus est, il compose un Roi Scorpion à
l'image de son film : marrant, sans prétention, et jamais antipathique.

Pas de surprise,
en ce qui concerne l'image de ce DVD : on a de l'excellent travail,
proche de la perfection, à part, vraiment pour chipoter, un léger
fourmillement dans les fonds de quelques rares plans de nuit. Pour les
bandes-son, il n'y a rien de spécial à signaler : on trouve
la version anglaise et la version française en Dolby Digital,
ainsi qu'une piste DTS proposant (hélas) la version française.

Ce DVD propose aussi de nombreux
bonus. Le premier proposé est très discutable : appelée
"version longue du film", cette option vous propose de visionner
le film avec les scènes coupées (qui sont toutes des scènes
alternatives). Cela donne des répétitions très
énervantes de certaines séquences. Heureusement, on peut
visionner tous ces passages séparément dans la section
"Scènes alternatives" : en fait, la plupart de ses
séquences révèlent une intrigue basée sur
une prophétie de Cassandra selon laquelle, à une date
donnée, la lune va désigner celui qui sera le "Roi
Scorpion" ; apparemment cela a été jugé trop
compliqué et laissé de côté.

Ensuite, on assiste au défilé
habituel des Featurettes en tout genre, dont la longueur tourne en général
aux alentours de cinq minutes : réglages des combats, costumes,
décors, dressage des animaux, effets spéciaux... On trouve
aussi un petit bêtisier ainsi qu'un petit documentaire sympa sur
les relations musclées de The
Rock et Michael
Clarke Duncan. Le tout est encore complété par un
Making Of (qui se complait dans les discours promotionnels les plus
prévisibles), une bande-annonce, un accès à un
site internet exclusif, une pub pour le jeu vidéo LE ROI SCORPION
et le clip, à l'ambiance très Sommersienne, de la chanson
"I stand alone" de Godsmack. Tiens, il y aussi une pub pour
le nouveau DVD de E.T.
!

On peut ensuite passer aux
commentaires audio (sous-titrés en français : bravo !)
: celui de The Rock
est complètement dénué d'intérêt,
grouille de longues plages de silence et ne propose pratiquement que
des paraphrases des scènes et quelques traits d'humour... un
peu lourdingues ! Le commentaire de Chuck
Russell est plus pertinent, mais il reprend en fait beaucoup de
choses déjà dites dans les Featurettes.

Aventures, humour décontracté,
action spectaculaire, sens du rythme, musique Heavy Metal... Rien ne
manque au ROI SCORPION. Certes, ce n'est certainement pas le
chef d'oeuvre du film d'aventure récent, et il se situe tout
de même à quelques encablure en dessous du SEIGNEUR
DES ANNEAUX ou de LA
MOMIE. Certains ont d'ailleurs fait la fine bouche à
sa sortie : n'a-t-on pas entendu parler de "navet" à
son sujet ? Allons bon ! Ne laissez pas les aigris, les constipés
et autres pisse-vinaigres vous gâcher votre plaisir et savourez,
comme une bonne bière rafraîchissante, ce spectacle bien
bourrin et bien sympa, proposant, en plus, un casting féminin
à tomber à la renverse (outre Kelly
Hu, gardez les yeux bien ouverts pendant les scènes du bordel
ou du harem...). Il semble donc approprié de conclure sur ce
que Georges Lenglet écrivait dans un "Midi-Minuit Fantastique"
à propos de ULYSSE
CONTRE HERCULE
de Mario Caiano
: "Obsédés de tous poils et simples d'esprit : un
film pour nous !".
Emmanuel
Denis
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