GHOSTS OF MARS : EDITION COLLECTOR (http://www.devildead.com)

GHOSTS OF MARS
(EDITION COLLECTOR)


En 2176, la planète Mars est en cours de terraformation afin d'en faire une prochaine colonie terrienne. A l'aide d'une escouade policière, le lieutenant Mélanie Ballard (Natasha Henstridge) est chargée d'y rapatrier le criminel Desolation Williams (Ice Cube) en vue de son jugement sur Terre. Mais très vite, les choses se gâtent. Attaqués par une tribu martienne ultra guerrière et féroce (en fait des ouvriers terriens possédés par les esprits de la planète), flics comme truands devront se serrer les coudes pour survivre aux assauts de cette horde sauvage.

GHOSTS OF MARS est le dix-septième (et dernier film) de l'un des plus grands réalisateurs du genre à savoir John Carpenter. Vieux briscard au style inimitable, "Big John" s'acharne depuis maintenant presque trente ans à nous fournir l'une des filmos les plus en rupture avec les standards hollywoodiens. Carpenter fabrique ses films à sa manière, à l'instinct, un point c'est tout. Si vous êtes habitué à ce que le cinéma vous dorlote, vous caresse dans le sens du poil, ou bien encore vous mâche le récit pour vous le régurgiter dans la bouche, passez vite votre chemin. Autant être clair tout de suite, Carpenter a autre chose à foutre que d'assister son spectateur. Tout ça pour dire que si GHOSTS OF MARS fait partie d'une vague de films autour de la planète rouge (avec les médiocres MISSION TO MARS et PLANETE ROUGE), il n'en a rien à voir (si ce n'est la couleur).

L'idée d'un film sur Mars taraudait depuis un moment déjà Carpenter. Pour un metteur en scène ne rêvant que de diriger un western, le parallèle entre la colonisation martienne et la conquête de l'ouest américain était très vite fait. GHOSTS OF MARS est donc rempli jusqu'à la gueule de références au genre préféré du cinéaste tout en s'imposant comme un démarquage de ZULU de Cy Endfield et de RIO BRAVO d'Howard Hawks. Le film d'Hawks ne vous est sûrement pas inconnu puisque Carpenter l'avait déjà plus ou moins remaké dans son ASSAUT en 1976. Par voie de conséquence, GHOSTS OF MARS se retrouve être très proche d'ASSAUT, dans son traitement narratif (avec une même histoire clairement scindée en deux parties) et ses protagonistes (Carpenter avoue volontiers que Desolation Williams n'est qu'une reprise du personnage de Napoleon Wilson, le héros d'ASSAUT). Mais le petit jeu des références ne s'arrête pas là. Tant qu'à faire, Carpenter se permet de jouer à l'auto-citation en incorporant quelques éléments de ses précédents opus (le plus frappant étant les esprits martiens possédant les humains dans un décalque de THE THING).

N'allez pas croire non plus que John Carpenter se met en pilote automatique en attendant de couler une grasse retraite. Une fois n'est pas coutume, Carpenter ose de nouvelles choses au beau milieu de ce patchwork cinématographique. Outre une construction narrative constituée de flashbacks (avec des flashbacks dans le flashback) et un peu d'abus dans l'utilisation du fondu enchaîné, nous sommes pour le moins surpris de retrouver après le Jack Crow tout en burnes de VAMPIRES (interprété par James Woods) une femme dans le rôle du héros de ce film d'action barbare. Ce choix est d'autant plus surprenant que la belle héroïne devra former avec un truand sans foi ni loi un duo de personnages similaire au couple formé par John Wayne et Dean Martin dans RIO BRAVO. Pour mettre "à égalité" nos deux personnages de sexe différent, Carpenter a recours à une astuce de scénario très surprenante pour rendre crédible son improbable duo : la Terre est sous le joug d'une société matriarcale où la norme sexuelle serait devenue l'homosexualité.

Au niveau de la forme, GHOSTS OF MARS se retrouve être du Carpenter pur jus. C'est bien simple, dès les premières secondes du film, dès les premières images, et surtout dès les premières notes de musique, plus aucun doute n'est encore possible. Comme à son habitude, Carpenter nie tout un pan de cinématographie moderne en refusant d'ouvrir son film par une scène d'action homérique (soit la norme contemporaine du film de genre), afin de poser ses personnages et l'ambiance et ce pendant près d'une heure. Cette construction en deux temps risque de dérouter certains d'entre vous, et ce serait bien dommage. Car le reste du film se compose essentiellement de fusillades titanesques et complètement gratuites, le tout en scope sur fond de musique qui débourre. Une certaine idée du bonheur en somme.

Certains ne cautionneront malheureusement pas longtemps le côté foncièrement iconoclaste de GHOSTS OF MARS. En se permettant une seconde partie totalement décomplexée, ultra fun, tout en rendant hommage à une certaine conception de la série B qui a déserté nos écrans depuis déjà bien des années, Carpenter signe à la fois la force et la faiblesse de son film. Certains trouveront le film bourrin, bête et peu crédible. D'autres s'amuseront à fomenter de complexes interprétations afin de justifier le laxisme bon enfant de certaines scènes (Arioch, notre bien aimé rédac'chef en a une pas mal à propos de la scène finale dans sa critique). Les autres pourront par contre se régaler devant un excellent Carpenter, soit un film entièrement dégraissé de ses impératifs de crédibilité et de logique narrative afin de mieux nous immerger dans un tourbillon de séquences (certes à la limite parfois de l'absurde) n'ayant pour but que le plaisir de nous faire partager des moments de cinéma à la fois intenses et débridés, brutaux mais aussi diablement conviviaux. Bref, un véritable monument de jubilation destroy, soit le cinéma de divertissement selon Carpenter !


Parlons maintenant un peu de l'excellente édition zone 2 du film. Dès le démarrage du disque, nous avons la bonne surprise d'être accueillis par Carpenter en personne via une petite séquence vidéo relookée en transmission martienne. Hôte exclusif de cette édition, Carpenter fera régulièrement son apparition tout au long des différents menus. Techniquement, il n'y a rien à redire. L'image est de très bonne tenue, y compris lorsque la poussière martienne fait son apparition (ce genre d'éléments étant très difficile à coder en DVD). Seul un petit souci de colorimétrie est à déplorer (voir la critique de Arioch). La section audio nous propose de choisir entre du DTS ou du Dolby Digital aussi bien sur la version originale que sur la version française. Excellente initiative qui permet à chacun, en fonction de ses préférences et de son matériel, de profiter au maximum du chaos sonore du film. Si l'on peut se permettre une petite suggestion, on préfèrera voir le film en DTS et en version originale.

Niveau bonus, il y'en a un petit paquet à se mettre sous la dent. Sur le premier disque, outre la bande-annonce et le teaser de GHOSTS OF MARS, nous trouvons le gros morceau des suppléments à savoir le commentaire audio du réalisateur accompagné cette fois de son actrice principale, la très belle Natasha Henstridge. Ceux qui se sont aventurés sur les commentaires précédents du cinéaste des DVD de THE THING, JACK BURTON, ou encore STARMAN, savent à quel point l'exercice se trouve être passionnant chez Carpenter (son activité de conférencier universitaire prouve que le Monsieur sait manier le discours). Bizarrement, Carpenter disserte assez peu sur le film afin de mieux taquiner son actrice principale (qui remplaça la chanteuse Courtney Love à peine deux semaines avant le début du tournage). S'ensuit un flot ininterrompu de pics affectueux et de blagues diverses, on se croirait en pleine émission d'Howard Stern ! On ne s'y ennuie donc pas une seule seconde, mais on n'en apprendra pas forcément beaucoup plus sur les intentions du cinéaste.

Ca continue bien sûr sur le deuxième disque. "Red Desert Night" est un making of aux allures de mini documentaire puisqu'il a le mérite de nous montrer le réalisateur au travail ainsi que l'ambiance du plateau. Intéressant, dommage seulement que les capacités du caméraman semblent plutôt limitées (comprenez par là que l'ensemble est plutôt mal filmé). "SFX Section" est un petit montage en musique des effets spéciaux du film. Attention cependant, il ne s'agit pas des effets de maquillage (ça, on le voit dans "Red Desert Night") mais des effets d'incrustations, de maquettes, etc. A noter que le tout nous est servi sans aucun commentaire. "Scoring GHOSTS OF MARS" nous présente John Carpenter dirigeant les hard-rockers du groupe Anthrax, ainsi qu'une poignée d'autres emblèmes du genre (comme Steve Vaï) afin de mettre sur pied la musique du film. Amusant de voir enfin Carpenter dans sa peau de compositeur.

Une featurette est également de la partie. Courte et plutôt promotionnel, sans être trop lèche botte, elle a le mérite de donner la parole à la grande majorité du casting. Ce même casting est également isolé via une série d'interviews qui ne sont en fait que les rushes de la featurette. Ce qui veut dire que vous retrouverez la plupart du temps les mêmes propos. Pour achever la section, l'édition nous propose encore des dessins de pré-production ainsi que des photos de tournage (le tout déroulant sur la musique du film), des projets d'affiches françaises (neuf au total), des filmographies, et enfin deux bandes-annonces (VAMPIRES du même Carpenter et le très problématique EMPRISE de Bill Paxton).

GHOSTS OF MARS est édité chez nous via deux éditions : la "standard" avec ses deux DVD, et le super coffret, critiqué ici, qui ajoute le CD de la musique du film (à réserver aux mélomanes) ainsi que l'excellent livre "Carpenter par Carpenter" de Gilles Boulenger. Ce livre, pour l'instant encore inédit (il sortira en solo courant octobre), est bien entendu le gros intérêt de ce coffret puisque le cinéaste revient sur l'intégralité de sa carrière au travers d'une série d'entretiens passionnants. L'idéal pour tout savoir sur l'œuvre atypique d'un réalisateur qui ne l'est pas moins. Si vous avez un peu de sous et si vous êtes un fan du Monsieur, l'achat du coffret semble donc indispensable (et en plus, il en jette dans la DVDthèque). Seul petit reproche, les concepteurs du coffret n'ont visiblement pas intégré les préceptes fondamentaux de l'ouverture facile, ce qui veut dire que vous risquez de suer à grosses gouttes afin d'ouvrir la belle édition sans trop niquer les coins !

GHOSTS OF MARS est donc du concentré de Carpenter dans toute sa noblesse de série B indispensable face aux dogmes Hollywoodiens de plus en plus présents dans le cinéma de genre. Certains trouveront ça débile, d'autres génial. Certains crieront au classicisme, d'autres à la première transposition totalement réussie de l'univers des jeux vidéos au cinéma (via un mélange de Resident Evil et de Quake). Bref, avec Carpenter, tout le monde a un avis et son contraire, et personne n'arrivera jamais à se mettre d'accord. Il est d'autant plus agréable de voir débarquer une édition aussi réussie (surtout le coffret) pour un film suscitant autant la discorde. Mais c'est aussi pour ça que l'on aime Carpenter

Eric Dinkian

ON AIME
Le film
John Carpenter
Le coffret hyper complet pour un prix raisonnable

ON N'AIME PAS
Petit problème du côté de la colorimétrie
Dur d'ouvrir le coffret sans abîmer les coins !

Meilleures scènes

  • La première partie du film
    (Chapitre 1 à 11)
  • La seconde partie du film
    (Chapitre 12 à 19)
Année : 2001

Durée : 94 minutes

Acteurs :
Natasha Henstridge
Ice Cube
Jason Statham
Clea DuVall
Pam Grier
Joanna Cassidy
Richard Cetrone

Réalisateur :
John Carpenter

Scénario :
Larry Sulkis
John Carpenter

Musique :
Anthrax
Buckethead
John Carpenter

Film Office
Format disque :
2 DVD - Double Couche

Format Image :

Format sonore :
Anglais : 
Anglais : 
Français : 
Français

Sous-titrage :
Français

Les Suppléments

  • Introductions de John Carpenter
  • Commentaire audio de John Carpenter et Natasha Henstridge
  • Making-of
    • Red Desert Night (16mn50)
    • SFX Section (6mn28)
    • Scoring Ghosts Of Mars (6mn20)
    • Featurette (6mn06)
  • Galerie de photos
    • Dessin de pré-production et Photos de plateau
    • Projets d'affiche
  • Filmographies et interviews
    • John Carpenter (1mn58)
    • Natasha Henstridge (1mn12)
    • Joanna Cassidy (0mn52)
    • Jason Statham (1mn02)
    • Clea Duvall (0mn50)
    • Ice Cube (0mn42)
  • Bandes-annonces
  • CD-Audio de la bande-originale du film
  • "Carpenter par Carpenter" de Gilles Boulenger
    (Livre 290 pages)

 

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