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 FILM INFOS

 Titre original

 SATANIK

 Année

 1968

 Nationalité

 Italie /  Espagne

 Réalisation

 Piero Vivarelli

 Scénario

 Eduardo Manzanos Brochero

 Musique

 Roberto Pregadio
 Romano Mussolini

 Acteurs

 Magda Konopka
 Julio Pena
 Armando Calvo
 Umberto Raho

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Artus

Format Disque

Double Couche

Durée

81 minutes

Format Image

Format Sonore

Italian

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Interview de Luigi Montini (20mn04)
 • Les génies du crime du cinéma populaire européen par Eric Peretti (36mn46)
 • Diaporama affiches & photos (1mn06)
 • Film annonce (3mn14)
 • Livre de 60 pages «Super Héros - Super Vilains» par Alain Petit

 

 ON AIME

• Une édition sympathique
• Des bonus riches

 ON N'AIME PAS

• Un film mou
• Une absence d’excitation cinéphilique

 VIDEOS

 Bande-annonce

 
 SATANIK

 

Après les succès remporté par les FANTOMAS et par la suite DANGER DIABOLIK et autres, adaptation de fumetti (bande dessinée italienne), les producteurs sentirent le vent venir. Les écrans italiens vivèrent jusque 1970 une déferlante de héros masqués, allant des deux KRIMINAL (chroniqués sur le site), les plus extravagants comme SUPERARGO CONTRE DIABOLIKUS et autres HYPNOS LA FOLIE DU MASSACRE, jusqu'à la parodie ARRIVA DORELLIK, signe immanquable de la fin d'un cycle. Les héroïnes féminines manquant à l'appel, c'est donc SATANIK qui se voit porter à l'écran.

Photo : SATANIK

D'une inspiration assez commune, on voit donc le Dr Marnie (Ou Marny selon les sources) Bannister (Magda Konopka) tuer un scientifique afin de récupérer la formule d'un potion donnant une nouvelle jeunesse. Elle devient alors la jeune et magnifique Satanik… véritable héroïne du mal, bien que son nom ne soit jamais prononcé! L'inspecteur de Scotland Yard Trent (Julio Peña) se lance à ses trousses.

Pendant féminin cinématographique de KRIMINAL, SATANIK prend une thématique de la transformation physique qu'on a déjà pu voir au cinéma via des séries B comme WASP WOMAN ou encore LEECH WOMAN. L'argument ne se pare donc pas de nouveauté, Entre le mythe du Dr Jekyll & Mr Hyde voire le Portrait de Dorian Gray, mais sans compter sur le pragmatisme des auteurs de BD transalpins, qui s'autorisent sur la faculté transgressive qu'offre cet espace, on a le droit à des débordements inédits. Mais malheureusement d'une piètre qualité, car SATANIK souffre de la comparaison avec DANGER DIABOLIK, et s'avère un décalquage malheureusement sans grand intérêt. A noter qu'en France le fumetti est connu aussi sous le nom de « Demoniak », Satanik étant déjà la version française du « Killing » italien, interdit par la censure en 1967.

Photo : SATANIK

Piero Vivarelli n'est était pas à son coup d'essai. Scénariste depuis le début des années 50, il passe derrière la caméra en 1960 pour un très opportuniste SAN REMO LA GRANDE SFIDA, sur le festival de chanson de San Remo. Passant la case de collaboration au scénario de DJANGO, il accrochera aussi à son tableau de chasse les crédits de l'histoire (ahem) de EMANUELLE IN AMERICA ou encore EMANUELLE NERA : ORIENT REPORTAGE, après avoir bouclé LE DECAMERON NOIR. Il fait ici une petite apparition sous les traits de l'inspecteur Leduc. Pour les curiosités du générique, il s'agit du fils de Benito Mussolini qui produisit le film et l'assistant réalisateur n'est autre que Pupi Avati.

Hélas, passé le premier quart d'heure, le scénario se révèle rapidement inintéressant, enchainant dialogues sans intérêt et situations convenues. Oubliant régulièrement la nature même du fumetti de Magnus et Max Bunker, à savoir la personnalité vindicative de Satanik, sa soif de vengeance contre celles et ceux qui ont lui ont voulu du mal. Pas très étonnant, puisqu'il s'agit d'Eduardo Manzanos Brochero derrière cela, qui venait de boucler le pénible scénario du RETOUR DE KRIMINAL. L'écriture se révèle lâche, comme paralysée par la seule image de Satanik-même, et occultant quelque peu de raconter une véritable histoire. Pouvant avoir tout à sa portée, la seule chose qu'elle trouve à faire de mieux est faire un strip-tease et de ramasser des hommes pour les tuer - de manière assez chaste à l'écran. Périssant d'ennui. Aux antipodes qualitatifs et créatifs d'un FANTOMAS, auquel le film se rattache inévitablement dans le genre génie du crime. Il existe un certain déséquilibre pendant les 81 minutes, comme si les auteurs avaient voulu soudainement précipiter l'action et le simili-érotisme en fin de film. Entre les décisions d'une police apathique et l'absence de réels enjeux, Vivarelli échoue à donner une épaisseur quelconque au film. Dans les bonus, Luigi Montini parle de l'ironie de Vivarelli : on avoue encore la chercher. Hormis des énormités volontaires ou non, comme le Dr Bannister se transformant en Satanik après avoir bu la potion : elle change non seulement d'apparence, mais la potion modifie aussi les habits et la couvre de maquillage et faux-cils. Ce qui ne se vérifie pas à l'inverse lorsque -‘elle redevient le Dr Bannister! Pour le reste, le film reste morne, un vrai sabotage d'un sujet en or. La sensualité, le mystère, le danger et la symbiose qui se dégageaient par exemple des aventures du couple Diabolik/Kant sont quasi absents ici. Ca ne sera pas un rapide et gratuit plan sur les seins de Magda Konopka qui chargera l'atmosphère d'érotisme titillatoire. Même l'absence de morale, qui fait aussi un grande partie du charme des fumetti, se consolide en leçon de vertu pour le public. Les tenues affriolantes de Satanik et les vagues zooms arrières ne donnent guère le change et le film finit par donner à voir une parabole sur le gâchis.

Photo : SATANIK

Pour incarner Satanik, Vivarelli fait appel à la belle Magda Konopka, qui, hasard ou pas, possède une certaine ressemblance avec Marisa Mell, incarnant Eva Kant dans DANGER DIABOLIK. Comme les innombrables étoiles filantes du cinéma populaire, elle eut son heure de gloire dans une décade 1965/1975 particulièrement riche. SATANIK étant probablement son oeuvre la plus marquante, on la voit au générique de QUAND LES DINOSAURES DOMINAIENT LE MONDE, LUCKY LUCIANO, le BLINDMAN de Ferdinando Baldi… avant de glisser lentement vers le bas de gamme, naviguant entre les thriller à la fesse légère comme le sinistre DIABOLICAMENTE… LETIZIA ou le Giallo cheap IL VIZIO HA LE CALZE NERE, le nunsploitation et le comico-érotique. Elle s'acquitte dans le cas présent de la tâche avec classe et fermeté, donnant à Bannister/Satanik des personnalités différentes - avec un vrai sens de la séduction meurtrière. Umberto Raho (ici encore sous son diminutif « Umi »Raho) reste connu des aficionados du cinéma transalpin car ayant travaillé avec Mario Bava, Dario Argento pour L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL ou Antonio Margheriti pour DANSE MACABRE. Il apporte une classe certaine à l'ensemble, mais quittant inopinément le métrage au bout de 30 minutes. Et co-production italo-espagnole oblige, c'est Julio Peña qui prend le rôle de l'inspecteur de service. Un acteur qui oeuvra aussi dans le film de genre via notamment TERREUR DANS LE SHANGAI EXPRESS.

Au lieu de transcender le matériau très pop, le film épouse une linéarité et une pauvreté d'imagination dans la mise en images qui va en décevoir plus d'un. Hormis une scène de strip-tease amusante et la rareté du produit pour les amateurs de cinéma Vintage italien 60's, SATANIK risque de ne pas passionner grand monde. Il y a bien une musique retro-pop-lounge, disponible chez Beat Records, qui ravira les amateurs, quelques images décalées et des ruptures de ton (in)volontaires. Mais les espoirs de trouver en SATANIK une curiosité de derrière les fagots sont rapidement ruinés. SATANIK revêt surtout un intérêt historique du fait de sa première sortie française, mais d'un point de vue cinématographique, on peut difficilement apprécier pleinement le film. Ce ne sont pas la visite d'une salle de sport dernier modèle, l'inévitable scène de flamenco (co-prod espagnole oblige), un interminable morceau de jazz/jerk et les élucubrations sur les truites du lac de Genève qui proviennent des torrents qui relèveront le niveau. Ces scènes tenant plus de remplissage pour arriver aux 81 minutes exploitables. Le film fut un échec public et critique, on comprend un peu mieux pourquoi avec le recul.

Photo : SATANIK

Pour la première fois en France, Artus films sort SATANIK en DVD. Disponible déjà en Italie via une superbe VHS estampillée Lamberto Forni et une édition DVD chez Cecchi Gori Home video (avec une interview de Piero Vivarelli et une documentaire sur les Fumetti au cinéma), puis aux USA chez Retromedia, en version plein cadre. Si le film laisse à désirer, le moins qu'on puisse dire est qu'Artus a mis le paquet pour cette sortie française. D'une durée complète de 81mn17, on trouve le film en format d'origine 1.85:1 et 16/9e, le film offre à la fois le doublage italien et français, le tout avec des sous-titres francophones optionnels. On pointera justement que la traduction des sous-titres a subit une nette amélioration depuis nos dernières remarques sur L'EPEE ENCHANTEE, par exemple. Si l'on omet une ou deux scories, la traduction de l'italien au français est idéale.

La copie présentée n'est hélas pas en excellente forme. Certes, on constate sa propreté: aucune griffure ou poussière le long du métrage, mais les plans se déroulant dans la pénombre ou la nuit (le tout début du film est très symptomatique) relèvent quelques artefacts de compression. Les couleurs ont une présente douce à l'écran, surtout pour les diverses tenues vestimentaires outrées de Satanik. Quelques flous ici et là, comme à 17mn44, ou des contrastes mal maitrisés (ex: 30mn12) mais rien de rédhibitoire, avec une teinte naturelle de peau et des contours agréables. les gros plans sur Umberto Raho terrifié sont saisissants.

Photo : SATANIK

La piste sonore italienne offre une régularité agréable : des dialogues qui se détachent de manière limpide et la bande sonore de Roberto Pregadio et Romano Mussolini qui sait rester un ton en-dessous de l'action, sans jamais prendre le dessus mais tout en soulignant l'action. Une jolie performance pour une piste mono dolby 2.0, et avec néanmoins un souffle sonore notable. Particulièrement audible dans le dialogue entre le Dr Bannister et le professeur à 4mn19. Ce souffle reste absent de la version française. On note aussi une sorte d'écho (scène d'orage à 2mn42).Quelques interrogations cependant sur le mixage opéré, probablement dû au master d'origine : certaines scènes, comme le dialogue en extérieur entre les deux policiers à la 55e minute, n'ont aucun bruitage hormis les échanges verbaux. Curieux.

Différente à l'oreille, la VF opte pour un son plus compact, avec une claire mise en avant des dialogues par rapport au doublage italien et une nette propension à l'aigu lors de séquences avec uniquement la partition sonore, comme à la 12e mn. Le contrepartie : un univers sonore moins riche, avec des effets atmosphériques (bruts d'orage, musique) beaucoup plus en retrait que a piste transalpine. Voir/entendre en ce sens la scène d'orage à 4mn25, presqu'inaudible en VF alors que proéminente en VI.

Photo : SATANIK

Côté bonus, les amateurs s'apprêtent à se régaler, avec deux bonus exclusifs spécialement filmés pour l'occasion. Non seulement une interview passionnante avec Luigi Montini (« Dodo La Roche », intervenant dans la seconde partie du film), excellemment montée et produite : un puits d'anecdotes précises sur le film et le tournage; Vivace, drôle et plein d'entrain, il dynamise complètement les 19 minutes passées en sa compagnie. Egalement un point sympathique et informatif sur les génies du crime du cinéma populaire européen. Dommage que les 36 minutes soient narrées de manière trop monocorde. Egalement, le (trop long) récit d'un des sketchs du film THRILLING est raconté du début à la fin et surtout, dévoile le retournement final! Un avertissement sur d'éventuels spoilers aurait été plus que bienvenu. Et que le commentaire final sur Andy et Lana Wachowski s'avère un peu douteux et malvenu dans ce bonus.

L'éditeur complète le tout avec le film annonce original français plus un diaporama d'affiches internationales et photos d'exploitation italiennes, c'est surtout le livret de 60 pages qui attire notre attention. En effet, Alain Petit, un habitué des bonus d'Artus films notamment pour les Jess Franco, a concocté un cocktail savoureux de « Super Héros-Super Vilains ». Véritable voyage au pays des KRIMINAL, 3 FANTASTIQUES SUPERMEN et autres adaptations turques en passant par Brigitte Skay incarnant ISABELLE DUCHESSE DU DIABLE. Une collection d'affiches rutilantes et d'un texte simple, direct et précieux. Un seul petit regret : qu'il n'y ait pas d'index alphabétique des titres de films en fin de livre.

Un très bel effort de l'éditeur : fourreau classieux, diversité des supports dans un foisonnement de bonus qui, malgré un film médiocre, rendent cette édition de SATANIK recommandée.

Francis Barbier

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