En pleine déconfiture amoureuse, un jeune collecteur d'impôts se trouve
embringué dans une histoire où des fantômes sont chassés par des vivants.

Tsui
Hark est l'un des plus grands noms du cinéma Hong Kongais actuel.
Touche à tout, il est tour à tour producteur, réalisateur, scénariste
et parfois acteur. Il lui arrive même de cumuler presque tous ces postes
à la fois dans un même film ! Un cinéaste d'exception aux idées grandioses
qui lui valurent rapidement le surnom de "Spielberg chinois". Une
comparaison flatteuse quelque peu erronée tant les univers des deux
hommes sont éloignés. Tsui
Hark a touché à tous les genres : l'action, la comédie, le drame,
le fantastique... Forcément, il a fini par se payer son dessin animé
à lui. Une gageure, puisque l'animation chinoise ne brillait plus depuis
longtemps. Mais l'homme n'en est plus à un challenge près. Le résultat,
c'est donc HISTOIRE DE FANTOMES CHINOIS. Bien sûr basé sur la
série de films qu'il a produits et qui ont été réalisés par Ching
Siu Tung.

Le dessin animé fait table
rase des personnages originaux et nous conte une toute nouvelle histoire.
Un parti-pris déjà utilisé avec HISTOIRES
DE FANTOMES CHINOIS III. On notera tout de même que le moine
bouddhiste a de long lobes d'oreilles comme ceux du même personnage
dans le troisième film. Et bien sûr, le moine taoïste nous ramène directement
au personnage joué par Wu Ma
dans HISTOIRES
DE FANTOMES CHINOIS et HISTOIRES
DE FANTOMES CHINOIS II. Le personnage se paye même le luxe de
nous interpréter une chanson comme dans le premier film. En dehors de
cela, on retrouve un collecteur d'impôts qui tombe amoureux d'une jolie
jeune femme. Malheureusement pour lui, il s'agit d'un fantôme dont la
mission est d'amener des vivants à sa matrone, autre point commun avec
les films. Le charme n'opère pas pour autant et le dessin animé a bien
du mal à faire illusion après le passage des films. Surtout le premier.

Orienté vers un public plus
jeune, le dessin animé affuble le héros d'un compagnon canin. On oublie
aussi les connotations sexuelles des films pour se concentrer sur une
histoire qui privilégie l'action et la démesure à l'inventivité. A croire
que les restrictions visuelles n'existant pas vraiment, les auteurs
s'en sont donné à coeur joie pour dépeindre les péripéties les plus
tumultueuses : courses-poursuites, combats titanesques... Déjà présents
dans les films de cinéma, ces éléments le sont bien plus ici, écrasant
l'histoire et les liens entre les personnages. Ils ne sont pas pour
autant plats. Au contraire, mais les personnages semblent souvent noyés
dans une débauche d'action parfois dispensable. On retrouve aussi de
trop rares moments de comédie, pourtant inhérents dans la série, comme
le maquillage dans le restaurant ou le nom du disciple du moine.

Sans être le meilleur dessin
animé existant, HISTOIRE DE FANTOMES CHINOIS est plutôt étonnant.
Le spectacle graphique est maîtrisé. Il se permet aussi de mélanger
une animation traditionnelle avec de l'animation 3D générée par ordinateur.
Une technique déjà bien usitée ne serait-ce que dans les studios Disney.
Ici, la rencontre des deux est souvent réussie. Il existe tout de même
certains passages ou la différence entre ces deux types d'animations
peut paraître un peu déplacée voire ratée. Mais dans l'ensemble, HISTOIRE
DE FANTOMES CHINOIS n'a pas à rougir de la concurrence, loin de
là !
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L'image présentée
sur le DVD est vraiment bonne. Surtout si on la compare au DVD édité
à Taiwan depuis quelques années déjà. La résolution y était limitée,
tout comme la compression, et le film y était recadré. Aucun de ces
problèmes ne vient gêner la vision du dessin animé. Car malgré l'indication
de la jaquette, le film est présenté dans son format cinéma d'origine,
bien que dans un transfert non anamorphique. Les couleurs sont par contre
bien plus douces avec un rendu moins riche que sur le disque taiwanais.
Une comparaison des deux bandes sonores chinoises sur les deux disques
révèle un rendu identique même s'il s'agit d'un côté
d'une version cantonaise et de l'autre en mandarin. Ainsi, le début
du film semble très plat, à la limite du mono, pendant tout le début.
Etrange ! Par la suite, le son prend une plus grande ampleur. Le sous-titrage
français a quelques problèmes avec l'e dans l'o. Ainsi, des mots comme
"coeur" ou "oeuvre" se transforment en "cour" ou "ouvre". Un petit défaut
assez énervant. Le doublage français, quant à lui, ne souffre apparemment
d'aucun véritable problème bien qu'il soit un peu criard par moment.
La faute en incombe à un mixage des voix françaises qui les place trop
en avant.
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Version
française
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Version
taiwanaise
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On passera sur
la galerie de photos. Elle ne présente qu'une douzaine de photos extraites
du film n'apportant rien de plus que ce vous pouvez obtenir en mettant
votre lecteur en pause. En fait, le seul véritable bonus est une interview
de Tsui
Hark décomposé en onze segments. Le cinéaste y aborde son choix
de l'animation, la création du film et succintement sa carrière ainsi
que ZU
: LES GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE. A elle seule, cette
interview vaut l'achat du disque tellement ce type d'intervention de
Tsui
Hark est rare jusqu'à maintenant sur DVD. Une petite biographie
et une filmographie de celui-ci viennent compléter le tableau.

A noter que
le DVD taiwanais propose des suppléments composés exclusivement de texte
et photos. On peut y voir l'organigramme de création du dessin animé
ou les photos de chaque acteur en regard de son personnage. On peut
découvrir ainsi que c'est Tsui
Hark lui-même qui double le chien dans la version originale. Enfin,
un menu permettait l'accès direct aux différents morceaux musicaux avec
le nom des interprètes principaux. Tout cela n'apparaît pas sur le disque
français. Etant donné la qualité supérieure de l'image et la présence
de l'interview, il est tout de même préférable d'opter pour l'achat
du disque français.

D'un point de
vue scénaristique, ce dessin animé n'est pas une totale réussite. Un
problème comblé largement par une technique généreuse. Le film ménage
de bien belles surprises ainsi que de magnifiques séquences. Il en résulte
un joli spectacle délirant mais qui ne parvient pas à retrouver totalement
le charme des trois films. Encore que si on le juge face à la production
moyenne des dessins animés produits chaque année, il s'agit plutôt d'une
bonne surprise !
Christophe
"Arioch" Lemonnier

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