Header Critique : ARTHUR ET LES MINIMOYS

Critique du film et du Blu-ray Zone B
ARTHUR ET LES MINIMOYS 2006

 

Arthur vit seul avec sa grand-mère dans une petite ferme. Il s'évade donc par le biais des carnets de voyages que lui a laissé son grand-père msytérieusement disparu. Il se met alors en tête de trouver le trésor que le vieil homme aurait caché autour de sa maison. Ce serait le seul moyen de sauvegarder la ferme familiale en passe d'être saisie de manière à purger les dettes de sa grand-mère…

Entre autres auteur de bande dessinée, Patrice Garcia a l'idée de mêler des dessins à tendance féeriques à de véritables photos. Une idée qu'il va faire tourner auprès de ses connaissances dont Luc Besson avec qui il a déjà travaillé auparavant puisqu'il était l'un des nombreux designers du CINQUIEME ELEMENT. Alors qu'il ne s'agit pas vraiment de l'idée de départ, le cinéaste français lui propose de développer un long métrage d'animation à partir de ces clichés. C'est le début d'une entreprise titanesque qui va mobiliser d'énormes équipes à même de produire les images de synthèse nécessaires au film. Mais avant d'en arriver là, il faut aller au-delà de la simple recherche graphique et définir une trame, un récit, une histoire… De là va naître le personnage de Arthur et l'univers des Minimoys. Avant d'atteindre les écrans de cinéma, le jeune héros va tout d'abord occuper les rayonnages des libraires avec des livres destinés à la jeunesse écrit par Luc Besson en collaboration avec Céline Garcia. Quatre volumes vont ainsi paraître entre 2002 et 2005 avec «Arthur et les Minimoys», «Arthur et la Cité Interdite», «La Vengeance de Maltazard» et «Arthur et la Guerre des Deux Mondes». Pendant ce temps, le film est alors déjà en production et se base sur les intrigues des deux premiers livres.

En partant d'une base littéraire, qui plus est prenant leur source dans deux ouvrages, l'intrigue de ARTHUR ET LES MINIMOYS devrait foisonner d'idées, de rebondissements surprenants ou, au moins, d'un univers assez fouillé. Malheureusement, ce n'est pas du tout le cas. Incroyablement linéaire, l'histoire avance sans créer de réelle surprise. Ou, pour être tout à fait exact, le film surprend justement par son écriture épurée au maximum allant même, par endroit, jusqu'à donner l'impression de voir une succession ininterrompue de petits sketchs. Au bout de plus de 100 minutes de visionnage, ce n'est pas l'inventivité qui prime à l'exception d'une histoire de miroirs plutôt bien trouvée. Malgré le nombre conséquent d'années de production, le scénario s'avère même contenir une incroyable bourde. Ainsi, Arthur demande Betameche si le gadget multi usage qu'il transporte contient une corde mais son compagnon lui répond que non car il n'a pas acheté le modèle qui contient cette option. Quelques minutes plus tard, un nouveau rebondissement survient et, miracle, le gadget contient une corde qu'il réutilisera une seconde fois un peu plus tard. Le bel univers visuel de Patrice Garcia et la prouesse technique des graphistes ne va donc servir qu'un scénario d'une naïveté extrême où l'imagination et l'inventivité sont totalement absents. Pour combler l'encéphalogramme plat du film, des clins d'œil et autres références sont ajoutées au petit bonheur la chance : légendes Arthurienne, PULP FICTION, M LE MAUDIT, etc… Rien de très enthousiasmant pour un adulte prêt à partager une aventure cinématographique avec son enfant. Car même dans le domaine du métrage en images de synthèse pour très jeunes spectateurs un POLLUX ET LE MANEGE ENCHANTE (version 2005) s'avère bien plus amusant, mieux rythmé et plus captivant.

Pour apprécier ARTHUR ET LES MINIMOYS, une seule solution, suivre très distraitement l'histoire pour ne se focaliser que sur les détails visuels. Si le film peut être considéré comme une réussite, c'est assurément sur le travail des graphistes qui ont donné vie aux personnages, aux objets et aux décors. Tout cet aspect du film n'a pas à rougir de la comparaison avec les films d'animation hollywoodiens même si certains détails paraissent aujourd'hui étrangement figés à l'instar de la chevelure de l'héroïne principale. Ce petit monde prend finalement vie simplement en apparaissant à l'écran. Le travail sur la princesse est à ce titre bluffant dans ses expressions ou la douceur de son visage pourtant d'origine numérique. Le rendu s'avère donc des plus convaincants du point de vue de la technique ce qui a l'arrivée provoque un contraste d'autant plus grand lorsque l'on réalise que l'on vient de voir une magnifique coquille, numérisée avec passion, mais complètement vide ! L'animation est d'ailleurs tellement bien faite que l'on sera surpris par les séquences d'action dans la boîte de nuit dont le découpage, probablement un choix de montage, préfère s'axer sur des bribes de combat résumé à un mouvement plutôt que de véritables affrontements scénarisés dans une continuité logique. Toute la scène prenant bien vite la forme de gag s'enchaînant les uns après les autres. D'ailleurs, la seule scène d'action qui arrive à faire illusion d'un point de vue cinématographique est une attaque avec des moustiques dont certains plans ne sont pas sans rappeler LE RETOUR DU JEDI.

ARTHUR ET LES MINIMOYS a la particularité de proposer un film qui se déroule entre deux univers utilisant chacun une technique différente. Notre univers étant dépeint avec de véritables acteurs alors que le monde des Minimoys est peuplé de personnages en images de synthèse. Pour incarner le personnage réel de la grand-mère de Arthur, Luc Besson fait appel à Mia Farrow alors qu'un grand nombre de personnalités viendront prêter leurs voix aux personnages animés (quel que soit la langue dans laquelle a été enregistré le film). On se retrouve donc forcément avec un dilemme. Faut il voir le film en version anglaise de manière à apprécier le jeu de Mia Farrow ? Ou bien opter pour la piste française où l'actrice est doublée mais où l'on entend la voix de Michel Duchaussoy pour le grand-père (interprété lui-même par l'acteur Ron Crawford) ? A vrai dire, le film s'adressant aux enfants, le choix du doublage français s'impose même si pour cela il faudra supporter l'horrible voix incapable de retransmettre les émotions de l'acteur Freddie Highmore, interprète de Arthur. Parmi les personnalités à s'être prêté au doublage, on trouve donc Mylene Farmer ou Madonna pour la princesse, Alain Bashung ou David Bowie pour le grand vilain, etc… Hors des marchés francophones et anglais, le film proposera le même type de partenariat avec des vedettes locales.

Ressemblant énormément au travail de Brian Froud ayant œuvré aussi pour le cinéma avec DARK CRYSTAL, le travail des graphistes du film assure le spectacle. A l'issue de ARTHUR ET LES MINIMOYS, il y a cependant de quoi être très mitigé. Métrage sans grande cohérence en dehors de son aspect visuel, il faudra vraiment être séduit par l'univers graphique pour oublier les carences du film.

Blu-ray oblige, l'image est présentée avec un transfert 16/9ème en haute définition 1080p/24. La retranscription de l'image cinéma se fait sans aucune faille. Les nombreux et infimes détails du village des Minimoys sont visibles jusque dans les arrières plans. La finesse de l'image permet d'apprécier d'autant mieux le travail visuel de ce long métrage d'animation. Notons que le choix a été fait de privilégier des teintes naturelles plutôt que d'offrir des couleurs pétantes comme on en trouve habituellement dans les films d'animation.

La version française et la version anglaise sont disponibles sur le disque avec le choix, pour chacune, entre deux formats sonores. Il sera alors possible d'envoyer à son ampli des pistes PCM non compressées en 5.1 ou bien opter pour des pistes DTS-HD Master Audio. Honnêtement, l'écoute n'a été faite qu'en DTS et il nous est donc difficile de vous parler sérieusement des pistes PCM. Sur les deux langues, le doublage se fait sentir, l'intégration des voix n'a pas un rendu très naturel et certains acteurs ou actrices sont bien moins doués que d'autres. Techniquement, les pistes DTS délivrent en tout cas des ambiances d'une grande richesse et, comme pour l'image, c'est très réussi.

Sorti quelques mois auparavant, le DVD avait déjà dévoilé plusieurs des suppléments qui se retrouvent sur le Blu-ray. On pouvait espérer une mise à niveau de manière à voir au moins les clips vidéo en haute définition. Raté, l'intégralité des suppléments est présentée en définition standard (576p). Après les deux clips musicaux, on passera rapidement sur l'interview bidonnée de Arthur (personnage en image de synthèse) par Michel Drucker lors de son émission télévisée pour s'orienter vers les autres suppléments bien plus sérieux. On déplorera aussi, au passage, l'absence de la bande-annonce (donc ni en définition standard ni en HD).

Nous parlions du doublage, un module lui est entièrement consacré. La première partie nous montre le travail en studio de plusieurs «stars». Tous français sans exception et faisant complètement l'impasse, bien évidemment, sur le doublage de Mia Farrow et Freddie Highmore. La seconde partie montre des extraits du film en plusieurs autres langues. Il aurait été intéressant de mettre quelques noms des personnalités lorsque ce fut le cas comme pour l'Allemagne ou les Etats-Unis mais il faudra se contenter de quelques mots dans chacune des langues. Cela s'avère tout de même plutôt amusant.

Un autre segment survole le travail des bruiteurs qui ont eu en charge de réaliser les sons du film avant d'embrayer sur Eric Serra et la musique du film. Le plus amusant étant qu'arrivé sur cette partie du supplément, on s'aperçoit surtout que l'on avait déjà totalement oublié le thème musical du film dont on nous fait pourtant les éloges. Ce n'est pas grave, on pourra bifurquer vers un troisième module vidéo qui fait la part belle à l'avant première du film à Paris. A cette occasion de nombreuses personnes connues ont fait le déplacement et, curieusement, les propos de Michael Schumacher n'ont pas été sous-titré. Ce détail paraît très curieux puisque d'autres intervenants ont droit à leur traduction et que l'ancien pilote de Formule 1 s'exprime assez longuement à deux reprises. La deuxième partie de ce supplément nous proposera de faire le tour du monde en compagnie de Luc Besson qui fait la tournée promotionnelle pour le film : Etats-Unis, Chine, Allemagne, etc… Plus rapide, cette seconde partie s'avère plus attrayante que voir Alain Bashung dire un peu hésitant à plusieurs reprises «Je pense que le film va plaire à ma fille» (est-ce que cette affirmation cache son émoi de spectateur ?).

Le gros morceau des suppléments est un document de 59 minutes qui retrace toute la création du film de l'idée originale jusqu'à sa concrétisation en égrenant toutes les étapes de la production. Un vrai documentaire plutôt méthodique qui évite l'aspect promotionnel ou futile des habituelles Featurettes. Pas toujours passionnants, on parle tout de même d'un travail de fourmis se déroulant sur plusieurs années, il contient de nombreuses informations étonnantes. Ainsi, Luc Besson a dirigé un tournage en studio avec de vrais acteurs qui n'apparaîtront jamais à l'écran puisqu'ils auront servi seulement de repères pour leurs mouvements ou leurs expressions. Ou bien on découvre les soucis techniques concernant les prises de vues avec les maquettes menant finalement à tout numériser sur ordinateur. Toutefois, ce documentaire a un côté un peu gênant puisque l'on essaie encore vainement, car cela s'avère impossible, de camoufler les voix des deux acteurs humains principaux. Les extraits de films où apparaissent Mia Farrow et Freddie Highmore sont ainsi doublés en français mais le résultat a un côté un peu bricolé qui rend la chose embarrassante. Après ce documentaire, on pourra encore voir des scènes coupées qui viennent confirmer une évidence. Le film a été entièrement conçu en anglais puisque les scènes d'animation, le plus souvent anecdotiques et non finalisées, en images de synthèse sont en langue anglaise. En soit, rien de honteux, ce serait même plutôt normal mais alors pourquoi faire l'impasse sur la vraie voix de Mia Farrow ou le travail des doubleurs des deux acteurs principaux dans les suppléments ? En tout cas, l'interactivité du Blu-ray est bien plus riche que l'édition DVD, un bon point pour la HD. Toutefois, le contenu en définition standard fait très mal aux yeux pour peu que l'on s'y égare juste après avoir vu le film !

Rédacteur : Antoine Rigaud
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Un bien joli univers visuel
Une image magnifique
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Toute l'imagination est dans le design, le reste est creux !
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L'édition vidéo
ARTHUR ET LES MINIMOYS Blu-ray Zone B (France)
Editeur
Europa Corp
Support
Blu-Ray (Double couche)
Origine
France (Zone B)
Date de Sortie
Durée
1h43
Image
2.35 (16/9)
Audio
English PCM 5.1
English DTS Master Audio 5.1
Francais PCM 5.1
Francais DTS Master Audio 5.1
Sous-titrage
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